CŒUR ACCÉLÉRÉ
L'accélération du cœur est comme le ralentissement dans le domaine presque exclusif de la physiologie expérimentale; mais disons d'abord quelle est dans l'état physiologique la fréquence du pouls aux divers âges, et dans diverses conditions normales.
Élat physiologique. — Dans les premières semaines de la vie, le nombre des pulsations est au maximum, pour tomber ensuite de 134 à 104; dans les cinq premières années, puis à 98 et à 83 dans les dix années suivantes, pour rester pendant trente ans au taux presque invariable de 72, et remonter de quelques pulsations entre soixante et quatrevingts ans.
Chaleur et digestion. — Le pouls s'accélère, comme on le sait, parla chaleur, après les repas, surtout par l'usage des aliments chauds et des boissons alcooliques.
Variations, diurnes. — Mais en dehors de l'innuence de la digestion, il subit de singulières oscillations diurnes et nocturnes ou plutôt horaires, qui sont suivies d'oscillations analogues de la température. Ainsi entre trois à six
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heures du malin se trouve une première période ascensionnelle qui atteint son maximum vers onze heures du matin ; puis il y a ralentissement graduel jusqu'à deux heures de l'après midi ; ensuite le pouls remonte jusqu'à six ou huit heures du soir, mais sans atteindre le maximum de onze heures du malin. Enfin, à partir de huit heures du soir, le cœur se ralentit jusqu'à minuit, et après un léger temps d'arrêt, continue à se calmer jusqu'à trois heures du matin. Il y a donc quatre périodes régulières, horaires, indépendantes de toute influence physique, chimique et même nerveuse.
Impressions psychiques. — Les émotions etles impressions nerveuses modifient presque toujours le nombre des battements, le plus souvent l'augmentent; dans ces conditions la pâleur ou la coloration subite du visage indique l'intervention du centre d'innervation des petites artères de la face ; mais cette action porte tantôt sur les nerfs constricteurs, tantôt sur les nerfs dilatateurs des vaisseaux ; il en résulte une décoloration dans le premier cas, un afflux de sang, une animation de la peau dans le deuxième cas.
§ 1. — Physiologie oxpérimenialc
Pression. — La physiologie nous apprend, depuis les travaux de Marey, que le pouls augmente de fréquence qaand la pression du [sang dans les vaisseaux vient à diminuer par une cause quelconque, comme par exemple à la suite des saignées. Le pouls s'accélère aussi quand, artificiellement, on diminue l'afflux du sang dans le cerveau par la compression des carotides, c'est-à-dire si on produit daus la cavité crânienne une diminulion de pression.
On peut, par ces données expérimentales, expliquer bien des faits qui étaient restés obscurs. Ainsi les mouvements
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actifs du corps augmenlenlnolablementle nombre des batlemcnls qui peut s'élever ju.squ'à 140 par minute; or, dans ces cas, la loi dcMarey trouve parfailement son application. Il y a, en effet, à la suite des exercices actifs, un affaiblissement très marqué dans la tension des artères ou dans la pression du sang contre les parois vasculaires. Ainsi une course chez le cheval fait tomber la pression de 108 à 102 millimètres dans le manomètre appliqué aux carotides (Marey). Ce fait a été contesté, et on a parlé d'excès de tension par la musculation (voir chap. xxi).
Un autre exemple est tiré de l'influence des atlilucles de l'individu sur le pouls ; lorsqu'il passe de la position horizontale à la position verticale, son pouls s'accélère; cela est vrai surtout chez les malades et les convalescents, tandis que, fait remarquable, l'attitude a moins d'influence sur les cardiaques (Graves).
On a expliqué ces variations en disant que, dans la station debout, la pesanteur facilite l'afflux du sang dans les vaisseaux des membres inférieurs, qu'elle diminue ainsi les résistances que le cœur éprouve pour distribuer le sang, et qu'enfln il en résulte une diminution de pression favorable à l'action contractile du cœur.
Voilà donc une première série de faits d'expérimentation qui semblent applicables à la physiologie de l'homme. Voici une autre série qui donne la raison des accélérations pathologiques. Rappelons-nous les effets des sections des nerfs vagues; le battement s'accélère excepté dans quelques conditions de respiration. La fréquence est aussi augmentée par l'excitation des nerfs accélérateurs, mais sans jamais atteindre le chiffre énorme résultant de la paralysation des nerfs vagues; ici les systoles restent anormales ou petites et sans modification de la tension artérielle.