CŒUR ACCÉLÉRÉ
§ 2. — Clinique.
On trouve la tachycardie dans quatre états pathologiques bien différents, abstraction faite des intoxications par Vatropine ou la digitale à haute dose.
lo Parahjsation des nerfs vagues. — Chaque fois que les nerfs vagues sont paralysés sur leur trajet en dehors du crâne ou dans la cavité crânienne elle-même, le cœur privé de ses nerfs modérateurs est livré à un véritable dérèglement parce que rien ne le retient plus, ne le modère plus. C'est ce que nous trouvons dans beaucoup àe palpitations et constamment dans la maladie qui porte le nom de Basedow et dont le signe fondamental caractéristique est une fréquence extrême du pouls qui pendant des années, jour et nuit, bat 440 à 160 fois par minute.
2» Anémie cérébrale ou diminution de pression. — Dans ces cas on peut se demander si l'accélération n'est pas due, comme le dit Schiff, à une anémie de l'encéphale, ou bien à une diminution de pression intra-cranienne plutôt qu'à une paralysation directe des nerfs vagues. Mais il faut toujours en arriver à chercher l'origine de cette anémie ou de cet abaissement de pression.
^"Fièvre. — L'accélération du pouls constitue le symptôme le plus fréquent de la fièvre soit parl'hyperthermie du cœur, soit par la dépression artérielle. Bien qu'il n'y ait pas de concordance entre le nombre des pulsations et le degré thermométrique, comme Liebermeister a voulu l'établir, on ne saurait toutefois nier l'influence de la température qui est très marquée sur l'en-docarde (Landois); mais d'autres causes viennent s'y joindre, la faiblesse générale, le jeûne, le genre de fièvre qui ont autant d'influence que la chaleur.
-4» Lésions du cœur et des vaisseaux. — Dans toutes les insuffisances de la valvule mitrale, dans tous les rétrécissements de ce même orifice, le sang reflue du ventricule gauche dans l'oreillette gauche, et, de là, dans le ventricule droit qui s'hypertrophiepour surmonter cet encombrement; dès que la force de ce ventricule droit est épuisée, il en résulte une tachycardie et souvent de l'arythmie. A ce moment le ventricule gauche ne reçoit pins assez de sang pour les artères; la tension baisse dans ces vaisseaux et dès lors il ne trouve plus d'obstacles dans les artères pour y lancer la petite quantité de sang qu'il contient; il bat alors avec une rapidité exagérée pour alimenter, pour irriguer, sinon le plus, du moins le plus souvent possible les tuyaux "artériels.
A cette période d'épuisement de la force contractile des deux ventricules, le sang reste stagnant et prend partout les caractères du sang veineux, c'est-à-dire chargé d'acide carbonique; or on sait que l'acide carbonique exagère l'excitabilité des centres vaso-moteurs situés dansla moelle allongée et destinés à animer les vaisseaux en général; cette excitation peut augmenter par contre-coup le nombre des pulsations du cœur.
Le même fait se produit dans toutes les affections cardiaques où le muscle a fléchi ; c'est donc le signe d'un certain degré d'affaiblissement du cœur, et de l'infériorité de ses fonctions contractiles.