PARALYSIE DES NERFS VAGUES
Définition et histoire. — La définition de la maladie de Basedow n'est pas encore complète, mais dores et déjà, comme il n'y a qu'un seul symptôme constant, primitif, fondamental, à savoir le cœur accéléré ou tachycardie, on peut dire qu'il s'agit avant tout d'une paralysie soit centrale soit périphérique des nerfs vagues. C'est ce que j'ai démontré il y a dix ans après une forte opposition (voir Traité des maladies du cœur, 1879); c'est ce qui est admis aujourd'hui par les meilleurs observateurs. — Depuis les récents travaux de Ballet, c'est sur la tachycardie que viennent se grefferles manifestations suivantes, associées ou isolées, l'exophthalmos, le goitre, le tremblement. Basedow, en IS^S, constitua le premierla triade qui porte son nom et comprend le cœur accéléré, les yeux saillants et la thyroïde gonflée; c'est la caractéristique complète de la maladie que Parry en '1825 et Graves en 1835 avaient déjà signalée. Plus lard Charcot (1862) construisit l'édifice sur la même base, sur le cœur, mais avec un autre élément des plus importants.
490 TYPE NERVKUX.
c'est le tremblemcntgénéral indiqué explicitement parCliarcot et son école, bien observé par Feréol et récemment par Kahler; il suffit de la tachycardie ou d'un tremblement spécial pour constituer la maladie de Basedow;cela est parfaitement exact et ne touche en rien à la théorie fondamentale de la tachycardie provenant de la paralysie du nerf vagospinal du cœur.
Voyons d'abord le trouble primordial, l'état du cœur et des artères. Le tremblement, l'exophthalmos constitueront un deuxième groupe des plus importants, groupe nervo-motcur. Le troisième com.prend le goUre et les lésions irophiques. Le quatrième est une sorte de compelle intrare où se trouve une foule de phénomènes attribués à tort ou à raison à la maladie de Basedow. Nous commençons par le cœur qui est tantôt simplement troublé, tantôt au contraire profondément et même mortellement lésé.
PREMIER GROUPE. — TROUBLES ET LÉSIONS DU CŒUR § 1 . — Cœur accéléré et dilaté.
Tachycardie. — L'accélération des battements du cœur ne manque jamais; elle persiste même quand déjà il y a un commencement de guérison des autres symptômes, et ne cesse que quand la guérison de ces symptômes est à peu près achevée (2 observations de ce genre sur Ci ont été citées par Benibarde). Déjà dans les degrés les plus légers de la maladie on trouve 90 à 100 battements par minute, et dans les cas plus avancés, même quand l'individu est au repos physique et moral, le nombre s'élève à 120 parfois même à 150 et jusqu'à 200.
Au début les battements passent quelquefois inaperçus;