‹ Traité des maladies du cœurChapitre 15 sur 418 · DYSPNÉES. - PATHOLOGIE. - DYSPNÉE DE TRAVAIL OU CARDIAQUE · texte numérisé non relu

DYSPNÉES. - PATHOLOGIE. - DYSPNÉE DE TRAVAIL OU CARDIAQUE

sibles, et la rigidité se produit par la plénitude des capillaires sous une forte pression; c'est ce que Basch a démontré par une sorte de poumon artificiel. — Voilà l'histoire du poumon dilaté et rigide, qui est la caractéristique de la dyspnée cardiaque et de la dyspnée de travail.

Si au lieu d'une réplétion sanguine du poumon il existe une sorte à'anémie pulmonaire comme celle qui a lieu dans le rétrécissement de l'artère pulmonaire ou dans les embolies de cette artère, la dyspnée ne se produit plus sous l'influence d'une haute pression; loin de là, ici il y a manque de sang dans les capillaires du poumon, mais il ne manque pas d'air dans les alvéoles (Cohnheim). Tout ceci peut être prouvé expérimentalement, mais parlons d'abord des tensions artificielles.

I 3^ — Tensions c-spérîmentales et artificielles des artèvess.

Les causes des élévations de tension sont nombreuses et les indications doivent être prises en sérieuse considération, quand on veut établir la valeur réelle des excès de pression. On peut la reproduire d'une manière artificielle; ainsi en irritant la moelle cervicale on voit le ventricule gauche se gorger de sang (Waller). Oppenschowsky et Lichtheim ont observé cettehaute pression à la suite de l'irritation nerveuse que produit le sang dyspnéique. Schweinberg détermina par la strychnine la tension de l'aorte en même temps qu'une ascension très marquée de la pression veineuse.

Lésions mitrales artificielles. — Bettelheim et Kaunders (Centralblatt, 88, n" 28) produisent des modifications dépression en établissant des sténoses et des insuffisances mitrales artificielles; pour obtenir la première ils introduisent dans le cœur une canule munie d'un obturateur (méthode deStriker), dès que le rétrécissement milral est ainsi constitué, ils voient

TYPE VALVULAIRE.

les pressions aortique et valvulaire s'abaisser immédiatement; ils retirent ensuite l'obturateur; il se forme une insuffisance; la pression diminue dans la carotide, mais augmente dans l'artère pulmonaire. Si ensuite on replace l'obturateur, c'est-à-dire si on fait cesser l'insuffisance, c'est l'inverse qui a lieu: la tension carotidienne remonte. Pendant la durée de cette insuffisance les poumons deviennent plus volumineux et la dyspnée continue.

Influence musculaire respiratoire. — Une cause accessoire invoquée par Bash, c'est la faiblesse des muscles respiratoires chez les individus gras; les moindres efforts provoquent la dyspnée (voir nqtre travail sur l'obésité 1886). Aussi lorsqu'un individu maigre est essoufflé par une ascension, on peut dire que son appareil vasculaire est bien plus affecté que chez les obèses soumis aux mêmes exercices. Outre les mouvemenis d'ascension il y a aussi \sl position couchée qui augmente la pression et détermine la dyspnée.

Lésions valvulaires. — Enfin s'il existe une lésion valvulaire, elle équivaut souvent à une impuissance du ventricule quant à son effet sur la répartition du sang, car dans certaines de ces lésions valvulaires le ventricule gauche ne lance par la systole qu'une partie de son sang dans les artères.

Résumé. — Dansl'excès de pression artérielle la disposition à la dyspnée est toujours très considérable, parce que cette pression s'accompagne aussi d'une haute pression dans l'artère pulmonaire, c'est ce qu'on voit surtout chez les artériosclérotiques et chez les néphrétiques.

§ 4. — Causes générales des dyspnées cardiaques.

Après les formes légères de dyspnée des cardiaques qui se traduisent par un resserrement thoracique (oppression) à la suite d'exercices musculaires, plus souvent comme symp-

CAUSliS r.ÉNliRALtlS DM LA DYSl'NÉE CAHDIAQUK. 81

tome prémonitoire, il faut avec Friinkel étudier les deux catégories principales de la détresse respiratoire, la dyspnée continue (anhélation) et l'asthme cardiaque.

Vanhélation ou dyspnée continue se voit surtout dans la sténose mitrale compliquée, par l'effet de la réplétion du système vasculaire pulmonaire, laquelle mène à une réduction de la capacité des alvéoles d'après Frânkel, et d'après Dash à l'élargissement des alvéoles.

Outre la réplétion il faut prendre en considération le ralentissement du courant sanguin et la dilatation des capillaires pulmonaires avec leur conséquence : diminution de l'absorption d'oxygène.

Si dans le rétrécissement mitral la digitale aggrave souvent le mal, cela tient au travail exagéré du cœur droit, que de son côté la réplétion des vaisseaux pulmonaires augmente encore.

On trouve aussi la dyspnée continue dans la série des affections dites idiopathiques du cœur qui sont souvent des cœurs forcés, et des cœurs déprimés par les influences psychiques qui sont encore plus discutables, quoi qu'en dise Frânkel.

Anhélation légère. — Dans les cas les plus légers la dyspnée ne se manifeste que quand la haute pression dans l'artère aorte et l'artère pulmonaire a besoin de grands efforts pour se manifester. C'est ce qu'on voit :

1" Chez les obèses ; ce n'est cependant chez eux une cause de dyspnée que parce que chaque transport du corps détermine un effet relativement très marqué.

2° Chez les anémiques et les irritables disposés aux palpitations;

3° Dans les artérioscléroses commençantes.

Anhélation grave. — Ici les moindres augmentations de pression artérielle et pulmonaire déterminent un degré de rigidité pulmonaire qui provoque la dyspnée. Ici il suffit

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dupliis léger accroissement de travail corporel pour produire ce phénomène ; c'est ce qui a lieu chaque fois que la pression de l'artère pulmonaire est élevée en même temps que celle de l'aorte, ou bien qu'elle est accompagnée d'un abaissement de la tension artérielle, par suite d'une débilité durable du cœur. La tension artérielle étant élevée, il s'établit une hypertrophie gauche, ou bien elle est basse, c'est alors le cœur droit qui se développe (en produisant un deuxième ton pulmonal bien accentué).

Les causes des grandes anhélations sont :

1° Les artérioscléroses sans lésion valvulaire avec forte tension artérielle;

2° Les néphrites avec excès de tension.

3" Les artérioscléroses accompagnées d'une impuissance simultanée du cœur, qui abaisse la tension;

ht" Les adiposes simultanées du corps et du cœur.

§ 5. — Diagnostic de la «Iysi>iiéc cardiaque.

Lorsqu'il y a une lésion évidente du cœur, reconnaissable par les méthodes physiques, le doute sur l'origine de la dyspnée n'est pas permis, et c'est ce qui a lieu dans les lésions valvulaires; quand celles-ci manquent, il faut d'abord porter son attention sur le volume du cœur qui peut être dilaté, et sur la pression SiTténeWe; à. ce dernier point de vue il importe de savoir si elle est moindre pendant le repos physique et moral, si elle est modifiée en plus ou en moins par le passage de la station verticale au décubitus horizontal.

Volume variable du cœur. — Le volume du cœur mis à nu et examiné chez les animaux diffère singulièrement lorsqu'on comprime l'aorte abdominale ou bien la veine cave, lorsqu'on irrite la moelle, lorsqu'il bat lentement ou vite, et surtout quand le cœur travaille sous l'influence d'une irritation du

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