DIAGNOSTIC DE LA DYSPNÉE CARDIAQUE
nerf vague ou des accélérateurs, ou bien enfin sous l'acLion nocive et toxique d'un sang dyspnéique (Schott). L'effet est frappant sur le cœur muscariné qu'on vient d'alropiniser.
La percussion du cœur chez l'homme est facile quand il y a des dimensions exagérées quoique passagères des oreillettes (Stokes, Traube, Heitler); il est plus facile encore (voir chapitre viii) de l'appliquer au cœur gauche hypertrophié ou dilaté. Dans les cas moins marqués de dyspnée, ainsi les dyspnées d'un travail faible, il faut, d'après Bash, insister sur le volume du poumon, et ses relations avec la pression dans les capillaires pulmonaires. Lorsque l'aorte supporte une augmentation de pression il se produit deux sortes de changements de volume. Ueœcès de pression dans l'aorte peut coïncider avec une dilatation totale du cœur; dans ce cas le cœur et le poumon sont plus grands, et comme le poumon recouvre le cœur, on méconnaît souvent le volume cardiaque. Il peut se faire aussi que le cœur, sous l'influence d'un excès de pression aortique, se rapetisse, et c'est ce qui a lieu lorsque le cœur a travaillé d'une manière anormale et présente une sorte de fatigue. Lorsqu'un cœur insuffisant commence à fonctionner normalement pendant que la pression augmente dans les artères, il devient plus petit, et dès lors la pression pulmonaire diminue également; la réaction a lieu et le cœur paraît plus gros.
Si la pression sanguine diminue, on voit diminuer le cœur et le poumon, il est donc indispensable de préciser cette pression.
Cœur normal. — lAIais la dyspnée peut exister avec le cœur normal; les bruits sont naturels, et cependant il y a une dyspnée cardiaque; ceci a lieu lorsqu'il y a excès de pression dans l'artère pulmonaire, ce qui ést impossible à deviner si ce n'est par exclusion.
Même dans les cas de dyspnées primordialement pulmo-
TYl'Ii VALVULAIliE.
tiaires le cœur joue son rôle ; c'est ce qui a lieu quand une partie du champ respiratoire e st détruite, ou quand il y a une tuméfaction caian7ia^e de la muqueuse des bronches remplies de sécrétion susceptible d'entraver l'entrée de l'air, ou quand la perte de l'élasticité du poumon empêche l'anaissemenl du poumon pendant l'expiration et par conséquent quand par suite l'échange respiratoire des gaz est amoindri.
Dans tous ces cas la dyspnée est directe; elle provient de la diminution de réchange des gaz dans les poumons et du sang dyspnôique, qui détermine une augmentation de Ja pression artérielle, et par cela même une rigidité du poumon ; or cette rigidité en rétrécissant la surface respiratoire a d'autant plus d'effet nuisible qu'elle frappe un poumon dont le fonctionnement est déjà amoindri et que d'une autre part le cœur fléchit, étant souvent atteint dans sa nutrition par suite d'artériosclérose.