‹ Traité des maladies du cœurChapitre 153 sur 418 · LÉSIONS CARDIAQUES DE BASEDOW · texte numérisé non relu

LÉSIONS CARDIAQUES DE BASEDOW

l'indice des lésions valvulaires manifestement organiques, c'est le cas des souffles présysLoliques qui indiquent une sténose mitrale ou des souffles systoliques de l'insuffisance, dont je viens encore d'observer trois cas des plus graves et explicites.

Souffles systoliques de la base. — Les bruits de souffles systoliques de la base échappent plutôt à une origine organique. Ils siègent en général au niveau du deuxième espace intercostal gauche vers le point d'émergence de l'artère pulmonaire, et paraissent appartenir à la classe des souffles anémiques. Il se peut en effet que l'anémie se manifeste à une période avancée de la nialadie de Basedow; et c'est pourquoi on avait placé cette anémie en tête des causes, au lieu de la placer à la fin de l'évolution morbide.

Souffles diastoliqncs de la base. — Le doutC u'cst pluS

permis quand on trouve le souffle diastoîique à la base du cœur; il s'agit bien là d'insuffisance aortique nettement définie; les souffles diastoliques de la base (chap, xxiii) sont rarement accidentels et encore moins anémiques.

Résumé. — Les lésions anatomiques du cœur ne peuvent plus être mises en doute; la valvule mitrale a été trouvée épaisse et indurée (Greenmayer) et les valvules aorliques insuffisantes (dix observations personnelles). Personne ne dira que dépareilles altérations soient le fait de la tachycardie; ce serait incompréhensible; personne ne peut même soutenir que l'accélération des battements soit la cause de l'hypertrophie, ce serait en opposition formeUe avec la loi de Marey qui admet en pareil cas une répartition différente, mais non une augmentation de travail, — capable de produire l'hypertrophie — celle-ci n'est même pas démontrée; c'est la dilatation qui est réelle.

En présence de mes faits indiscutables de lésions primitives ou précoces s'étonnera-t-on qu'il y ait des cas de maladies de

AU TYPE NERVKUX.

Basedow avec des hypertrophies suivies d'œdème cardiaque et d'asystolie, ou môme des cas mortels avec la gangrène des membres. — Ces faits sont gênants pour les doctrines nervistes pures qui les ont dénaturés ou niés. Ils n'en sont pas moins réels; je n'en veux pour preuve que la célèbre observation de tachycardie avec goitre, empruntée à Parry; le premier qui a indiqué la maladie est aussi le premier qui en découvrant la triade fit connaître le cœur lésé et mortellement frappé.

§ 3. — Troubles cîrculatoîrcss. — Battements et souffles vasculairest

Un des phénomènes les plus étranges et les plus constanls, c'est le baltement des artères carotides et des artères voisines; Graves avait déjà signalé ce fait; ces battements violents au cou, le pouls restant faible, et plutôt mou que tendu et serré, contrastent singulièrement avec les pulsations radiales. Comme dans l'insuffisance aortique et plus encore, les vaisseaux présentent des pulsations énormes; ils deviennent ilexueux et distendus, peut-être même hypertrophiés, et à leur niveau on perçoit dans la plupart des cas un soufile systolique bien net qui n'est certes pas le résultat du souffle cardiaque propagé aux artères.

La dilatation vasculaire ne permet pas davantage d'admettre que la force de résistance au cœur soit augmentée; elle paraît être autonome et localisée à certaines artères, de manière à faire penser à une excitation des vaso-dilatateurs de ces artères, à la périphérie ou au centre (Poincarré). Ce sont les artères du cou qui sont le plus évidemment affectées; fait remarquable, les artères de la rétine elles-mêmes sont, agitées par des battements exagérés, ce qui tend à prouver une excitation des centres vaso-moteurs eux-mêmes. L'aorte

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