POULS PARADOXAL
grands exsudais péricardiques), ou de ceux qui s'opposent à l'arrivée du sang dans le cœur (grands épanchements pleurétiques, tumeurs du médiastin, pneumonies, affections des tissus veineux). On pourrait peut-être faire la séparation des cas au lit du malade en faisant attention si le développement du pouls paradoxal se fait au commencement de l'aspiration ou à la fin, et si le phénomène se présente avec sa pleine intensité aussitôt ou après. Avec une réplétion difficile du cœur le phénomène surviendra relativement plus tard qu'avec une contraction empêchée du ventricule gauche; car, dans le premier cas, le sang coulant des poumons rend possible encore pour un certain temps la réplétion des artères, tandis que, dans le dernier, la nutrition du ventricule qui préside à celle-ci est empêchée. Quand cependant le mouvement inspiratoire aura besoin d'un certain temps pour agir, un effet marqué de cause mécanique (tension d'adhérences) ne pourra se produire que dans l'inspiration profonde; le critérium donné plus haut perd alors sa valeur.
U expiration (Baiimler, Rosenbach) peut aussi donner lieu au pouls paradoxal lorsque la pression, devenue positive dans le thorax pendant la durée de l'expiration, empêche assez l'aspiration pour qu'au moment de l'inspiration il ne puisse être poussé que peu de sang par le ventricule gauche dans le système artériel; pourtant ce phénomène ne pourra être observé qu'avec une stase veineuse très forte, parce que l'expiration laissera couler une plus grande quantité de sang des vaisseaux pulmonaires dans les poumons à cause de la plus grande pression qu'elle amène, de sorte que le ventricule gauche reste relativement assez longtemps rempli, même quand la stase veineuse ne persiste pas trop.
Caractères distinctifs. — Lcs moycus de distinguer le pouls paradoxal des autres formes de pouls intermittent inspiratoire seraient les suivants :
1» Petitesse considérable ou cessation complète du pouls de toutes les artères et non uniquement de la radiale pendant l'inspiration et surtout dans la deuxième moitié ou à la fm de celle-ci; 2° Impossibilité de transformer le pouls paradoxal en pouls plein par inspiration prolongée; 3" Le pulsus parodoxus n'a pas besoin pour sa production d'inspiration forcée; 4° L'intermission du pouls s'accompagne d'action régulière du cœur; 5° Le pulsus parodoxus est parfois combiné avec la réplétion inspiratoire des veines du cou. En général, Schreiber croit que l'anomalie du pouls signalée doit survenir quand le thorax présente une diminution du lit de l'artère pulmonaire, produite par une cause quelconque, et liée aune altération de la capacité de travail du cœur (compression de celui-ci, myocardie, dégénérescence graisseuse).