CŒUR ÉNERVÉ
tribut à cet énervement cardiaque; il suffit d'une mauvaise nouvelle ou de chagrins prolongés pour les plonger dans cet état d'asthénie cardiaque, qui dans son évolution retentit à son tour sur l'esprit des malades, de façon à faire croire à une mélancolie qui précède ou annonce une véritable aliénation mentale.
§ 1. — Clinique. — Somciologic.
La maladie se dessine naturellement par une période d'excitation, puis par un stade de dépression qui présentent cependant des phénomènes communs.
Première période. i° Pliénomènes respiratoires et car-
diaques. — Daus la première période le malade se plaint d'une anxiété précordiale, de disette d'air, puis d'une sensation précordiale singulière qui lui fait croire à une sorte de flottement du cœur.
Les artères du cou et l'aorte abdominale battent avec force; les malades sentent, et le médecin perçoit ces pulsations.
Battemenls du cœur. — En même temps ils accusent de forts battements du cœur bien que l'examen le* plus minutieux démontre qu'il n'existe pas de trace de suractivité cardiaque; le battement du cœur n'existe qu'à titre de sensation du malade, et celle-ci doit être considérée comme une hyperesthésie des nerfs centripètes partant du cœur. En effet la région précordiale peut présenter une grande sensibilité qui se propage même aux parties voisines des espaces intercostaux comme dans les névralgies intercostales, et augmente par la simple palpation.
2" Les malades qui sont toujours surexcités présentent une alternative de pâlcur et de rougeur du visage, avec des
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refroidissements subits des mains et des pieds, qui bientôt après deviennent brûlants. En môme temps ils se plaignent de fourmillements, d'engourdissements, d'un excès de sensibilité de la peau, de la poitrine, des bras, surtout des doigts qui sont comme morts. Le sommeil est agité; les malades ne peuvent pas s'endormir à cause du sentiment persistant d'angoisse et des autres sensations pénibles, ou bien ils sont réveillés dès le début du sommeil par des battements du cœur avec une grande anxiété.
Deuxième période. 1° Etat du cœur et de la circulaiiou. —
Quand les symptômes précédents ont duré un certain temps, la. période d'irritation fait place à la dépression, quise caractérise tout d'abord par la dénutrition, qui se traduit sur le visage dont la pâleur reste permanente.
Les sensations précordiales, et surtout celles des battements cardiaques ne cessent plus, bien que la force de l'action du cœur tombe bien au-dessous delà normale, bien que le choc du cœur devienne inappréciable, que les tons du cœur faiblissent et paraissent moins nettement accentués, . que le pouls perde de sa hauteur et de sa tension, tous phénomènes qui prouvent qu'un excès de sensibilité domine les nerfs sensibles du cœur, etles principaux nerfs centripètes qui vont de la poitrine vers les centres. En général le pouls est accéléré surtout après les moindres mouvements ou les moindres impressions qui suffisent pour précipiter les contractions du cœur. Il est bien rare que le pouls subisse un ralentissement; quand il en est ainsi, il est assez souvent associé à une grande pâleur du visage et à un refroidissement notable des extrémités, mais sans trace de cyanose. En général le pouls varie tellement de fréquence que la plus légère impression, un bruit, une visite, le redressement du corps suffit pour accélérer les pulsations, et quand par hasard elles se ralentissent le malade qui en est préoccupé ne maii-
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que pas de signaler le fait au médecin, qui ne retrouve plus jque rarement le ralentissement, à cause de l'agitation provoquée par sa présence. Tous les signes de débilité cardiaque s'observent principalement le matin à jeun et comme indice d'inanition; ils peuvent disparaître après le repas et surtout après l'ingestion d'un peu de vin ou de café chaud, pour revenir ensuite sous la forme d'un pouls petit très fréquent.
2° Excitabilité générale. — A ce momcut dc la maladie il survient une insomnie persistante, une grande excitabilité avec l'incapacité ou le refus de se livrer au moindre exercice; l'excitabilité réflexe surtout s'exagère au point qu'à la moindre émotion elle se manifeste par un tremblement ou par des contractions brusques des muscles, ou par de véritables soubresauts du corps. Des douleurs de tête, des vertiges, des scintillements devant les yeux, des battements dans les tempes, des lipothymies, des bâillements, des nausées, la perte d'appétit, la constipation et le ténesme vésical, voilà la série de troubles nerveux qui marquent cette deuxième période. Ilfaut y ajouter un phénomène capital, c'est une extrême tendance à la fatigue ou à la faiblesse générale ou locale qu'on ne doit pas considérer comme une propriété fonctionnelle amoindrie, mais qui est l'expression du sentiment de fatigue toujours prêt à se manifester. C'est en un mot une irritable faiblesse.
§ 2. — Diagnostic.
Voici les données qu'il faut prendre en considération pour éviter une erreur de diagnostic :
1" L'âge des malades, qui n'est pas l'âge plus tardif où apparaissent des lésions coronaires graves, et la disposition
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névropathiqiie héréditaire ou acquise et se manifestant par des symptômes d'ordre nerveux.
2° L'absence de toute lésion organique du cœur et des artères, surtout l'absence d'hyper tropliie ou de dilatation du cœur, la complète irrégularité du pouls, même au milieu des accès de dyspnée anxieuse simulant l'asthme, enfin la sensation des battements violents du cœur que le médecin ne perçoit pas.
3° Les troubles de sensibilité si singuliers prenant les deux extrémités supérieures (tandis que dans les maladies organiques du cœur il n'y a de douleurs qu'à gauche), les irradiations des sensations anormales jusqu'aux orteils et aux doigts, et l'excitabihté réflexe générale fortement augmentée.
4". Plus tard, quand la maladie se prolonge, le critérium diagnostic porte sur les conditions suivantes : l'absence des stases pulmonaires, de troubles dans la sécrétion urinaire, et d'œdèrae.
5° Insistons surtout sur la continuité des symptômes; tandis que dans les cardiopathies organiques, ainsi dans le cœur forcé, dans l'insuffisance du myocarde, que celle si soit le résultat delà sclérose des coronaires, ou d'une dégénération graisseuse ou fibro-cellulaire du muscle cardiaque, ce qui est frappant c'est l'apparition paroxystique et la discontinuité des phénomènes graves, qui se manifestent souvent à des intervalles éloignés et subitement sous la forme d'attaques d'angine de poitrine, de débilitation du cœur, et même d'œdème pulmonaire.
6" Dyspnées cardiaques ou du travail nulles. — Un despoints les plus importants pour le diagnostic est celui-ci : Dès le début de toute lésion organique, il se manifeste une dyspnée de travail sous forme d'accès, qui disparaissent presque entièrement par et pendant le repos, tandis que dans le