‹ Traité des maladies du cœurChapitre 177 sur 418 · II. Cardiacalg'ies dites pseudo-angines des ucvropatkiqaes · texte numérisé non relu

II. Cardiacalg'ies dites pseudo-angines des ucvropatkiqaes

et des bystériques. — Sous le uom dc pseudo-augincs nerveuses on a tout confondu, tout ce qui ne paraît pas pouvoir se rattacher à l'angine sclérocoronaire; celle-ci est une maladie bien définie ; celles-là sont un assemblage confus

d'observations qui se rapporlent les unes aux névralgies diaphragmatiques parfaitement décrites par Peter, les autres à des insuffisances aortiques méconnues ou avérées, ou même à des anévrismes de l'aorte avec douleurs rétroslernales s'irradiant dans le cou et le bras gauche; enfin à des névroses vasomotrices partant des extrémités où elles produisent l'engourdissement, le refroidissement et la cyanose, et gagnent comme de véritables auras lecœur lui-même. Abstraction faite de ces névroses phréniques, de ces sternalgies d'origine organique et de ces angio-névroses, il ne reste rien que les cardialgies sûrement distinctes par leur nature et le plus souvent par leur phénoménalité.

On a imaginé en effet pour édifier les pseudo-angines toutes sortes de raisons des plus aléatoires. 1" On a dit que les accès vrais se produisent sous l'influence de la marche ou d'un coup de vent, ou bien d'une émotion, tandis que les accès de pseudo-angine névropathique se manifestent pendant le repos, en l'absence de tout effort musculaire ou même au lit, enfin aussi par les impressions psychiques. Or nous savons (voir chap. xxiii) que l'artériosclérose se manifeste parfois la nuit, surtout au début, et que les impressions morales n'ont d'influence délétère ni dans l'un, ni dans l'autre cas. T Les accès névropathiques n'ont ni l'inlensité ni le caractère angoissant des accès véritables; dès lors ce ne sont plus des pseudo-angines ; ce sont des simples cardiacalgies avec ou sans expansions douloureuses. 3° Les accès nerveux se répètent souvent à l'infini, ou du moins pendant des mois et des années, et chaque accès peut avoir une plus longue durée, de façon à persister pendant une et même deux heures à chaque fois, deux circonstances qui ne peuventévidemmentpas se présenter chez les artérioscléreux, car ils ne pourraient supporter sans danger de mort un accès de cette longueur et des accès de ce nombre. — Il n'y a donc

pas la moindre analogie entre ces deux genres d'afTections, les accès nerveux ne sont pas des angines ni vraies ni fausses! — 4»Lesnévropathiques, dit-on enfin, accusent des dyspnées et les artérioscléreux n'ont pas d'anhélation; cela est vrai; les angineux ne peuvent même pas respirer, la douleur les arrête et les immobilise. 5» Ne trouvant pas de ressources ni dans les causes ni dans la séméiologie pour établir la ligne de démarcation entre les deux espèces d'angines, on a été obligé de recourir auxconditionsindividuellesd'âge, de sexe et de nervosité pour fonder un diagnostic, et d'établir ces données singulières que les accès nerveux frappent les jeunes, les femmes et les névropathiques ou Jes hystériques, tandis que les artérioscléroses n'atteignent que les vieux, les hommes dépourvus de nervosisme ou d'irritabilité. De pareilles données ne se discutent pas; elles sont émises pour les besoins de la cause qui cherche à introniser dans le cadre nosologique une espèce de plus, ou plutôtune pseudo-espèce.

Lisez du reste les observations d'angines névropathiques bien décrites par Huchard, Marie, et vous serez frappé de l'absence complète des phénomènes si caractéristiques de l'angine, l'angoisse mortelle, la fixité de la respiration sous peine de douleurs plus vives, le calme habituel du cœur.

Je conclus :ily a chez les névropathiques des cardiacalgies avec troubles du rythme du cœur, et troubles plus profonds de la respiration laquelle devient polypnéique.

Siège et nature de ces cardiacalgies. Scusibilité du cœnr. —

Où se trouve cette cardiacalgie? quelle en est la nature? Depuis Haller on avait parlé de l'insensibilité du cœur, et les expériences de sondage des orifices ou même la destruction des valvules du cœur que nous avons répétée après d'autres physiologistes se sont passées pour ainsi dire sans douleur. A défaut de sensibilité normale du cœur, on a imaginé une sensibilité morbide, qui ne se développerait que dans les

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