‹ Traité des maladies du cœurChapitre 178 sur 418 · SIÈGE ET NATURE DES CARDIACALGIES DES HYSTÉRIQUES · texte numérisé non relu

SIÈGE ET NATURE DES CARDIACALGIES DES HYSTÉRIQUES

altérations du cœur, quels que soient les tissus cardiaques envahis; mais celle-ci encore fait défaut, elle n'est pas spontanée, et il faut la chercher pour en provoquer la manifestation. C'est pourquoi Peter conseille d'exercer une pression sur le premier ou sur le deuxième espace intercostal, ou bien sur les origines du phrénique au cou, ou sur les origines du nerf vague le long des vertèbres cervicales supérieures, pour révéler les maladies de ces nerfs. Mais avant de se prononcer en dernier ressort sur la douleur provoquée par ces affections du système nerveux cardiaque, il vaut mieux s'assurer d'abord de la sensibilité générale des quatre parties constituant l'ensemble du cœur, et recevant les filets terminaux de ces nerfs. De ces diverses parties, l'une lepéricardee st parfaitement indolore, même quand il est enflammé. Bouillaud a insisté sur la manière silencieuse dont se développent les péricardites rhumatismales, sèches ou avec épanchement liquide ; cela est d'une vérité absolue. Le myocarde ne présente pas, ainsi que nous l'avons démontré, de véritable phlegmasie, ni de véritable douleur. L'endocarde, ainsi qu'il ressort des belles expériences de F. Frank, n'est pas douloureux par lui-même, mais il présente dans beaucoup de points une action réflexe inconsciente qui atteint le système nervomusculaire et surtout le système pulmonaire; il n'a de sensibilité que celle d'ordre réflexe; il en est de même de l'aorte qui complète les divers éléments constituants du cœur.

Cela posé, il s'agit de savoir quels sont les nerfs sensibles qui animent ces organes et provoquent la sensibilité réflexe. Le nerf vague est le seul nerf de sensibilité générale ; il existe dans l'endocarde; les ganglions intra-cardiaques sont à peine visibles, à peine connus même chez l'homme, ainsi que leurs fonctions; le nerf sympathique qui entoure l'aorte ne passe pas pour un nerf de sensibilité; et quant au nerf dépresseur

de Cyon, c'est un vasodilalatcur par action réflexe, ce n'est pas un nerf de sensibilité commune.

Il résulte de là que lacardiacalgie ne saurait être attribuée qu'aux nerfs vagues endocardiques ; or même celte localisalion est aléatoire, elle n'est pas prouvée. Nous avons seulement lieu de croire que c'est du nerf vague que part le pouvoir de propagation au plexus cervico-bracbial, de même aussi qu'il est l'aboutissant des phénomènes douloureux provoqués par les nerfs sensibles de la périphérie.

Polain admet des angines réflexes provenant des névralgies du bras gauche ; il ne s'agit ici que de cardiacalgies ou d'hypertrophie?

Peter, Letulle, Martinet parlent aussi de rhumatisme vague, atteignant le cœur qui deviendrait ainsi le siège d'une angine. Or rien ne prouve qu'il y ait autre chose qu'une douleur propagée aux nerfs vagues on ne sait comment, une cardiacalgie.

Voyons l'histoire des pseudo-angines d'origine vasomotrice.

m. Cardiacalgies d'origine vasomotrice. — Il CSt à remarquer que plusieurs des cas d'angines hystériques rapportés par Marie et d'autres cas, entre autres ceux intitulés syphilitiques par Hallopeau, ont été précédés ou marqués par des phénomèmes excentriques, par des auras vasomotrices. C'est à ces cardiacalgies, mais qu'on peut appeler interverties, que se rapporte aussi la description de Landois et Eulenberg. Après avoir parlé des angines où le cœur se ralentit, et d'autres où le cœur s'accélère, ces auteurs indiquent une espèce vasomotrice marquée par un refroidissement des extrémités, la lividité de la peau et la petitesse du pouls; c'est le centre vasornoteur lui-même qui est irrité cette fois, et qui produit cette névrose vasomotrice d'origine centrale, le cœur conservant son rythme normal. S'il existait une pseudo-angine, ce serait évidemment cette angine

CARDIACALGIES D'ORIGINE VASOMOTRICE ET GASTRIQUE. 559

vasomolrice ; en effet la contraction spasmodique des muscles vasomotcurs de la périphérie, précédant immédiatement la douleur sous forme d'accès, doit être suivie d'une ischémie du cœur, et par conséquent de l'hyperesthésie des nerfs vagues. De même aussi, la vaso-constriction d'origine centrale devrait amener le même résultat, à savoir l'anémie du cœur. Mais dans l'un et l'autre cas on ne sait pas si les artères coronaires participent au spasme du système artériel; si elles ne sont pas contracturées comme les autres artères, il n'y aura pas d'ischémie du cœur; par conséquent l'endolorissement violent et brusque du nerf vague ne peut plus dépendre que de la propagation d'une douleur vasculaire, jusqu'au nerf sensible lui-même; ce serait donc une simple cardiacalgie ; il n'y aurait plus de pseudo-angines d'origine vasomotrice.

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