IV. Cardîacalgles d'origine gastrique. — LeS maladies de
l'estomac peuvent, d'après Potain, Barié, Tessier, déterminer par voie réflexe une contraction exagérée des vaisseaux pulmonaires, d'où une élévation de tension dans ces vaisseaux et une dilatation consécutive des cavités droites du cœur, et des accès de pseudo-angines. Ce serait donc une pseudo-angine par suite d'une ectasie du cœur droit. Ce n'est plus là une angine réflexe, c'est une angine mécanique qui se reconnaît aux signes suivants : accès moins violents, plus longs (1/2 heure) que dans l'angine vraie, survenant après les repas, caractérisés par une douleur au-devant du cœur et non sous le sternum, a^ec une sensation de plénitude dans la poitrine, une sorte de dyspnée ou d'anhélation compliquée de troubles du cœur (palpitations, intermittences, lipotymies), le tout avec les signes d'une dilatation droite. — Or cette description ne rappelle en quoi que ce soit l'angine, qui ne donne lieu ni à une dilatation ni à une anhélation (c'est le contraire), ni aux troubles du cœur, lequel est
parfaitement calme. Ce n'est donc pas une pseudo-angine, c'est avant tout une dyf^pnée, c'est de plus une cardiacalgie, qui sont duesàunedecesdilalationsdu cœur droit, à limites mobiles, et se guérissant par quelques tasses de lait ou quelques modifications de régime. .
Aux maladies gastriques on attribue aussi le pouvoir d'agir sur le cœur par l'intermédiaire de la branche vago-stomacale qui transmettrait son "excitation au nerf vague cardiaque Comment? ce tronc vague commun aurait trois pieds, l'un dans l'estomac, l'autre dans le cœur, le troisième aux poumons. Ces trois pieds ont des synergies morbides parce qu'ils sont issus d'une même souche ; mais comment agissent-ils l'un sur l'autre? Ce n'est évidemment pas par voie réflexe, car un acte réflexe commence par une impression et finit par un acte moteur; l'impression stomacale devrait mettre en jeu le nerf vagospinal qui est un nerf d'arrêt, tandis que dans le cas présent il n'est question que du. vague sensible; l'impression se transmet de bas en haut jusqu'à la commune partie, puis elle redescend jusqu'au nerf vague intra-cardiaque; les deux terminaisons gastriques et cardiaques travaillent donc ensemble pathologiquement, synergiquement pour aboutir à la production dans le cœur d'une douleur qui n'a rien ici de commun avec l'angine ! !!
Souvenons-nous seulement des phénomènes dyspnéiques associés à la. cardiacalgie chez les dyspeptiques.