Respiration do Cheyne-Stokes
En 1816 Gheyne (de Dublin) et en 1850 Stokes observèrent un singulier rythme respiratoire qui porte leur nom, et fut étudié plus tard expérimentalement par Schilî, qui l'observa chez les animaux lorsqu'il pratiqua sur la moelle allongée des hémorragies ou des compressions; plus tard Traube et Fràntzel l'examinèrent au point de vue clinique, et Filehne au point de vue étiologique; Gufîer, Murri, etc., ont disserté savamment sur le développement périodique de ces actions rythmiques de la respiration.
Définition. — La respiration Gheyne-Stokes se caractérise par l'alternance régulièrement périodique de deux phénomènes, une pause respiratoire ou apnée, puis une série de respirations d'abord superficielles graduellement croissantes en profondeur et en nombre jusqu'à un maximum suivi d'une décroissance en sens inverse jusqu'au silence complet. — Les
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deux stades d'apnée et de pohjpnée comprennent une durée de cinq à quarante-cinq secondes pour le premier, de quinze à soixante-quinze pour le deuxième (total de trente à cent cinq secondes) ; si le premier se prolonge, c'est grave ; quelquefois l'apnée est si passagère que tout le trouble passe inaperçu.
Conditions. — Dans certains cas le phénomène de Cheyne- Slokes se trouve chez des individus jouissant de leur connaissance complètement ou à peu près, dans d'autres circonstances onl'observe chez des malades comateux. — Il n'est pas rare non plus de voir alterner la perte et la réintégration de l'intelligence, si bien qu'on a pu dire, d'une part, que le phénomène peut exister physiologiquement pendant le sommeil (Mosso) et que d'autre part on l'a considéré comme un phénomène ultime comateux. — Les conditions importantes qui président à sa formation sont : 1° l'état de l'encéphale ; dans le cours de la méningite tuberculeuse, de l'œdème cérébral, d'une compression du cerveau par les tumeurs qui rétrécissent la cavité crânienne et compriment la moelle ou la privent de sang, la respiration périodique peut se manifester; dans tous ces cas il y a en même temps du coma, mais on peut se demander avec Salvoz (Revue de la Suisse romande, 1881), s'il ne s'agit pas là philôt d'un symptôme analogue à celui des méningitiques qui se caractérise parle ralentissement des respirations ou des arrêts réguliers de la respiration, plutôt que par des pauses régulières alternant avec une série cadencée des contractions respiratoires ; 2° les hémorragies graves, c'est-à-dire avec état exsangue de la moelle allongée, qui peut d'ailleurs être favorisé dans son développement par l'impuissance de l'énergie du cœurpour laisser passer le sang en quantité suffisante dans la moelle allongée ; 3° la cause la plus fréquente de beaucoup se trouve dans les maladies du cœur, surtout dans la dégénération graisseuse du muscle cardiaque à laquelle Stokes a attribué à tort le monopole de