‹ Traité des maladies du cœurChapitre 193 sur 418 · CHAPITRE XXXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIX

ANÉVRISMES DE l'AORTE

§ I. — Causes et mécanisme.

4° L'athcromc est la CQuse iiécessaire de l'anévrisme dit spontané, c'est-à-dire de la dilatation des parois artérielles avec ou sans rupture. On a admis en deuxième ligne l'anévrisme traumalique, mais quand même les causes traumatiques, les efforts répétés, toutes les circonstances enfin qui augmentent la tension dans le vaisseau déterminent la production de la dilatation ou de l'anévrisme, c'est à la condition que les tuniques vasculaires soient altérées dans leur structure (Kôster), et, par conséquent, que leur résistance, surtout celle de la membrane élastique, soit compromise.

Dans un récent traité des anévrismes (1888, Berlin) Eppingcr insiste surtout sur la dispari tion de la membrane élastique, laquelle manque complètement dans les anévrismes congé-

ÉTIOLOGIE DES ANÉYRISMES. 605

nilaiix. S'agit-il d'anévrismes spoiilanés? on les trouve surtout dans les conditions de la formation de la sclérose ou de Fatliérome, et par conséquent dans la (/oiti/e, Valcoolùme, et, comme nous le verrons, dans la syp/uHs. Si l'on admet ^généralement que le siège de prédilection de la lésion est la crosse de l'aorte, que c'est surtout dans l'Age mûr que la maladie s'observe, et que les professions qui nécessitent de grands efforts de bras sont souvent atteintes, tout s'expliquera par l'altération athéromateuse préalable.

2» Anévrismes parasitaires ot virnlents. Aflévrisme StJpM-

inique. — Une deuxième série d'anévrismes bien étudiée par Eppinger, c'est celle des parasitaires, emboliques, auxquels il faut joindre les virulents, ou syphilitiques. Récemment, Karl Malmsten a colligé dans un grand travail les résultats de 126 autopsies, pratiquées pendant 10 ans à l'hôpital de Stockholm. Il a insisté surtout sur le rapport de Tanévrisme avec la syphiUs. 11 a décrit 30 cas avec aortie scléro-gommeuse> L'âge moyen des malades, au moment de la mort, était de 4-2 ans, oscillant entre 26 et 50 ans. Le temps entre l'infection et la terminaison fatale est en moyenne de 15 ans ; le temps entre l'infection et le début des signes de l'anévrisme est de 10 à 12 ans.

La paroi de l'aorte paraît épaissie ; la face interne inégale, et couverte de plaques éparpillées ou rapprochées, rondes ou irrégulières, plus ou moins limitées, formant une saillie sphéroïde. A la surface d'une coupe elles apparaissent comme constituées par une masse jaunâtre, solide, ont çà et là des enfoncements et des saillies apparentes, cicatricielles, de sorte que la surface a un aspect tantôt raboteux, à petites lubérosités, mamelonné, tantôt plus sillonné, plus plissé. Outre ce processus scléro-gommeux, l'aorte présente quelquefois des lésions qui portent le cachet des syphilomes complètement formés, ou atteints par l'atrophie ; les grands dépôts

^06 TYPE ANÉVniSMAL.

calcaires manquent constamment. La tendance aux ectasies multiples est très notable. D'après l'auteur, comme on le voit, la syphilis viscérale se localise très fréquemment sur l'aorte.

Jaccouda depuis longtemps insisté sur la syphilis anévrismale, dont il a rassemblé 30 cas épars dans les annales de la science. Il se demande avec raison si l'anévrisme chez un syphililique est toujours d'origine spécifique, et il met cette étiologie en doute dans un grand nombre de cas. J'ajoute à ses remarques que la guérison par l'iodure de potassium ne prouve rien en faveur de l'origine syphilitique. Nous avons démontré la curabilité de l'anévrisme par l'iodure dans tous les cas où il n'y a pas de complication tuberculeuse, comme nous avons prouvé la guérison de l'asthm.e par l'iodure, chez tous les asthmatiques indistinctement; le vieil adage : naluram morborum ostendit curalio est suspecté dans ce cas.

Aaévrisuios parasitaires. — L'anévrisme peut cncorc se produire à la suite de para-aortie et de périaortie des organes voisins; dans ce cas il s'agit de staphylococcus. 11 peut se faire aussi qu'à la suite de l'endocardie il se détache d'une thrombose microbifère des embolies qui déterminent une péri-artérite, laquelle passe sur les tuniques interne et moyenne. Sous l'influence de la pression sanguine l'adventice elle-même phlogosée forme l'anévrisme à la suite de la destruction de la membrane moyenne. Malmsten a bien décrit ces anévrismes d'origine embolique.

Aiiévrismcs bacillaires des cavernes pulmonaires. — Ep-

pinger range sous le nom de parasitaires les anévrismes des cavernes pulmonaires. Ici ce sont les bacilles qui pénètrent du dehors dans la paroi artérielle qui devient le siège d'une formation tuberculeuse, hyaline et caséeusc.

Anévrismes bacillaires. — L'inVCrSC a SOUVCllt licu ; l'a-

Page 1