‹ Traité des maladies du cœurChapitre 204 sur 418 · DÉGÉNÉRESCENCE CALCAIRE · texte numérisé non relu

DÉGÉNÉRESCENCE CALCAIRE

s'éteint lenlement. Si l'appareil valvulaire est resté indemne on peu t considérer cette incrustalio n calcaire comme une sorte de guérison, puisqu'elle ne donne lieu à aucune manifestation d'ordre symptomatique, et que ceux chez lesquels elle survient succombent généralement à un âge avancé et à la suite d'autres affections, de sorte que cette myocardie calcifiée devient une trouvaille d'autopsie.

Si l'on ne peut décrire cliniquement cette myocardie interstitielle latente, au moins est-il possible de dire quelques mots des deux modes de terminaison qui précèdent, à savoir : la dégénérescence calcaire et la rupture.

L'histoire «le la dégénérescence calcaire d« coeur SC réduit

à des faits anatomiques qui n'ont jamais été coordonnés et ne sont considérés que comme des curiosités d'autopsie. Sa symptomaiologie est nulle; c'est une affection latente, silencieuse par elle-même, qui ne se révèle que lorsque la lésion vient toucher directement un appareil valvulaire ou intéresse cette région cardiaque dont l'atteinte peut retentir sur les valvules. Son diagnostic peut à peine être soupçonné et n'a pas encore été fait. Son pronostic n'est pas grave, quand elle siège dans une région indifférente du cœur.

En somme, si les états scléreux de la myocardie interstitielle, au lieu de subir une dégénérescence graisseuse, pigmentaire ou autres, se laissent lentement envahir par les sels calcaires, ce mode de dégénérescence constituera une sorte de guérison relative à l'îlot, et le sujet pourra fournir encore une longue carrière, à la condition que le foyer calcaire siège sur une région indifférente du cœur. Dans ces conditions, tout le processus, depuis la périartérie originelle jusqu'à l'infiltration calcaire terminale, accomplira ses diverses étapes d'une manière absolument latente.

Le processus anaiomo-pathologique peut se résumer ainsi qu'il suit : l'affection débute par une endopériartérie plus ou

'^^'•i RUPTURE DU COEUR.

moins géncralisée qui commande des foyers de myocardie scléreuse; puisées foyers sont envahis par les sels calcaires; l'cndopériartérie devient oblitérante au voisinage de l'endocarde; la paroi des artérioles se calcifié, puis les diverses couches de l'endocarde subissent secondairement une infiltration calcaire.

La rupture du cœur cst le sccond modc dc terminaison de la myocardie latente. Les malades sont pour ainsi dire frappés subitement, alors qu'aucun symptôme n'avait préalablement attiré leur attention du côté du cœur. Au moins en est-il ainsi dans 65 p. 100 des cas : encore dans les cas où des symptômes antérieurs ont été observés, s'agit-il le plus souvent de dyspnée habituelle, de palpitations ou d'élancements cardiaques, plus souvent de vertiges et d'étourdissements.

Jusqu'à présent, la rupture du cœur n'a pas eu de symjjtomatologie : elle réalise, pour les auteurs classiques, le tableau delà mort la plus subite. Mais en étudiant les choses de plus près, on voit que cette mort, si rapide est précédée assez souvent d'un ensemble de symptômes assez nets, à la réunion desquels Albert Robin a donné le nom de symptômes à la période clinique prémonitoire de la rupture du cœur.

Cette période manque dans 40 p. 400 des cas environ, ce qui équivaut à dire que dans ces cas la rupture a dû être immédiatement totale, tandis que dans 60 p. 100 des cas, cette rupture s'opère progressivement jusqu'à l'éclat terminal. Sa durée est variable et s'étend de 1 heure à 5 et 6 jours. Dans la majorité des cas, elle n'atteint pas 24 heures.

Son début est marqué par une sorte d'accès douloureux, subit, qui offre certaines analogies avec l'angine de poitrine. La douleur siège dans la région précordiale et sous-claviculaire : elle varie depuis la simple pesanteur jusqu'à la sensation la plus déchirante et s'irradie dans l'épaule et le bras

Page 1