TRAVAIL ET ÉLASTICITÉ DU COEUR
l'action du muscle. De là, au commencemenl d'une asphyxie, les grosses pulsations rares du cœur, les systoles quelque peu prolongées, et le tout avec une haute pression. Si le nerf vague alors est excité, ilsurvientparfois descauses débihtantes, qu on attribue aux libres suspensives du tronc de ce nerf vague.
L'accélération des battements amoindrit chaque contraction par suite d'une réplétion moindre. Si on excite les nerfs accélérateurs les effets décrits peuvent être contrariés par des fibres fortifiant le cœur(Gaskell.), qui parfois se trouvent dans le nerf vague, et qui peuvent sans altérer le rythme, fortifier les contractions du cœur, et agrandir le pouls.
Le volume de la pulsation ou débit du sang peut augmenter par le décubitus horizontal, par l'excitation des vasomoteurs. Tout ceci mène aune force contractile prononcée, c'est-à-dire que l'onde systolique devient plus verticale et plus élevée.
Il nous reste à étudier sur quelle propriété du tissu .cardiaque repose sa force.
Art. II. — Travail et élasticité.
Maintenant quels sont les rapports de la pression avec les ^^vforces contractiles du cœur.
Il y a 18 mois j'ai dans une communication académique sur l'élasticité du cœur tenté de résoudre cette question. — (voir aussi Kanders Z. f. Kl. méd. 1892.)
Dansde certaines limites le cœur conserve le pouvoir important de se contracter complètement, c'est-à-dire le pouvoir à chaque systole, de se vider totalement du sang qu'il a reçu pendant la diastole de l'oreillette gauche. Mais la pression artérielle ne donne pas la mesure de cette force et de l'impulsion du ventricule gauche. La pression artérielle nous indique seulement quelle est la réplétion et la tension des gros vaisseaux. Ceux-ci peuvent être plus remplis, parce que la quantité de sang que le cœur y introduit a augmenté ; il se peut aussi que la tension et la réplétion des grosses artères augmentent parce que le sang n'en sort pas assez rapidement, ce qui arrive quand les petites artères sont contractées.
La forte pression artérielle, ne nous dit donc pas, si la ten-
sion augmentée des vaisseaux provient d'un afflux plus marqué du sang ou d un écoulement moindre; de même aussi la basse pression ne nous permet pas de savoir si les artères contiennent moins de sang et par cela même sont moins tendues parce qu elles reçoivent moins de sang du cœur, ou bien encore si la tension faible doit être ramenée au fait de l'écoulement trop prompt du sang arrivé en abondance dans les artères.
La tension dans les artères n'est donc pas l'expression complète de la force du travail du cœur, car ce travail nous apprend seulement sous quelle tension le cœur se vide Pour appréciercomplétementlepouvoir d'évacuation il faut enmême temps savoir combien de sang est appelé sous l'inQuence de la pression artérielle existante, car ce travail ne peut s'exagérer que s'il y a augmentation du contenu évacué et de la tension qui y préside.
Travail Le travail utile peut être médiocre malgré la supertension ; le cœur avec une faible tension peut verser son contenu avec beaucoup d'énergie. La mesure de la pression artérielle et de la pression intra-ventriculaire nous servira de point de repère pour la question de savoir si dans un cas donné la quantité moyenne de sang qui entre dans l'aorte correspond au contenu tout entier que le cœur a reçu pendant sa replétion diastoiique, ou seulement une partie.
tidâ'. expériences ont été instituées dans ce but; en compri-
mantl'aorte onforcela tension du ventricule ; celle-ci peut aussi être le résultat de l'excitation des nerfs splanchniques laquelle aboutit à une fermeture relative des vaisseaux abdominaux. Or, par suite de cette excitation des nerfs splanchniques, on devait s'attendre à ce que la pression augmentât ainsi dans Toreillette gauche. Comme au contraire la pression baisse en ce point on est amené à admettre qu'avec l'irritation qui part de la moelle pour aller aux vaisseaux, il en part aussi pour aller au cœur, particulièrement à ces appareils qui président à l'élasticité du muscle cardiaque laquelle s'accroît plus que la tension de la paroi ventriculaire. La pression baisse dans l'oreillette gauche ; ce fait seul pourra prouver que l'élasticité des parois a augmenté, et ce qui le démontre, c'est l'agrandissement de l'effet utile.
JXFLUENCK 1)K l.'liLASTICITK SUR f.A PRESSION 1^
Une excitation des nerfs ischiatiques non seulement augmente l'élasticité de la paroi du cœur, mais aussi avec elle le
travail utile. .
Conclusions. - (1) On peut conclure de ces observations que la pression dans l'oreillette gauche dépend principalement du travail (élasticité) du ventricule gauche. On doit, d après cela, poser en règle générale que la pression de 1 oreillette gauche ne provient pas tant de l'apport du sang, que du débit, ce qui est son déversement dans les artères.
(2) Avec la surtension de la paroi du cœur, l'élasticité se dessine parfois au point que le travail utile gagne manifestement.
(3) Cette action d'élasticité de la paroi cardiaque se rapporte à des appareils nerveux qui sont mis en activité lors de la iension du muscle cardiaque, mais si la tension de la paroi s'affaisse subitement, l'élasticité subit le contre-coup.
(4) Un cœur capable d'accommodation (compensation) a ce pouvoir intimement lié àl'élasticité; son travail utile augmente chaque fois que la surtension s'accompagne d'une élasticité proportionnellement plus accentuée.