CHAPITRE II (1er
COMPENSATIONS DÉFAILLANTES
■^^t- I — Premiers indices de la décompensation
Lespremiersindicesde décompensation s'observentdu côté de la respiration ; c'est là qu'il faudra voilier ; l'analyse dos phéno-
mènesrespiratoiresesttellementimportante surtout au pointde vuedelaphysiologieetde lapathogénie, qu'elle mérite une étude minutieuse à ce double point de vue. Il s'agit ensuite de savoir quelle est la solidité fonctionnelle des organes et de faire l'énumération de ceux qui sont touchés dès le premier moment.
I. Bronchites. Congestions. Il faut nous défier d'abord de ces bronchites à répétitions qui reviennent sans cause connue ou apparente chez les cardiaques les mieux équilibrés. Il faut craindre encore plus ce qu'on appelle les congestions pulmonaires d'une manière si banale, et les hémoptysies qu'on rattache naïvement à un traumatisme vulgaire. Cette histoire broncho-pulmonaire se traduit même parfois par deux incidents singuliers, des respirations de Cheyne Stokes sans motif connu, et par l'apparition de crachats particuliers aux cardiaques. Cellules pigmentées des crachats de cardiaque. Des cellules pigmentées, grosses cellules ovalaires colorées en jaune brun se montrent dans les crachats sans qu'il y ait la moindre trace d'hémorrhagie pulmonaire; ils constituent souvent un signe précoce des affections cardiaques, au moment où elles commencent à se troubler.
[[ Reins cyanosés. Urines. Albumine. Un deuxième groupe morbide des plus importants et souvent primordial se montre du côté des reins et des urines.
Outre la concentration des urines contenant des cylindres homoUnes on a à noter dans la moitié des cas de cardio- S et queU^ qu'elles soient, une albuminur e minmie, qui d pas e en effet rarement 0,40 à 0,50 p m. ^ alb^-;-' persist'e indéfiniment et résiste à tous les trai ements C est e résultat d'une stase veineuse avec trouble nutritif des epitheliums glomérulaires (Heidenham). C'est là le rein cyanose qui reste tel sans passer à l'état de néphrite.
III Œdème initial. Là il s'agit encore d'une stase vemeuse, cette fois absolument indépendante d'un excès de pression artérielle. Prenez garde à l'œdème prétibial qui commence a l'œdème malléolaire qui se manifeste le soir, et que les malades ne prennent pas en considération, par cela même qu il disparaît par le décubitus horizontal.
Cyanose. — Faites attention aussi à la légère coloration bleuâtre des lèvres, du nez, des oreilles, c'est la cyanose, phénomène déjcà avancé de la perturbation cardiaque.
Coloration plombée ou jaunâtre des tissus. — Comme atténuation de la coloration cyanique, il faut noter la coloration plombée ou jaunâtre du visage, indépendante de la
bile. . ,
IV. Foie. Ictère. Il existe souvent, outre les altérations physiques initiales du foie lors de la compensation défaillante, un ictère incomplet, précoce ; les urines contiennent souvent alors de l'urobiline.
V. Circulation. Pâleur. Nous arrivons aux troubles du mouvement du cœur. Il est à remarquer qu'ils n'ont pas le moindre intérêt au point de vue de la compensation ; le pouls peut faiblir et devenir irrégulier, intermittent pendant une longue série d'années, sans qu'il y ait la moindre déséquilibration.
Il peut en être de même d'un autre phénomène qu'on a rattaché à un état de cachexie ou d'anémie dite cardiaque. Rien n'est moins prouvé que la diminution de la masse du sang, ou du nombre des globules ni la quantité d'hémoglobine.
Los cardiaques ne sont pas des anémiques (Laake, Sahli, Gruber, Oppenhein). Ils sont surtout des aortiqucs, peu de sang au visage et ce caractère très remarquable est persis-
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tant et caractéristique. D'après Oertel ce sont des hydrémiques ce qui est douteux.
Ce qui ne l'est pas, ce sont les troubles vasomoteurs qui se manifestent souvent dès le début.