NUTRITION ET TRAVAIL DU CORUH
volume cardiaque; elle a été imaginée par Zuntz (D. Woch. 21 j^j^ftode février 1892), et pratiquée depuis plusieurs années déjà par gazomé- Grehant et Quinquand qui opéraient sur le chien, tandis que d^pré- Zuntz expérimentait sur le cheval. Cette méthode consiste dans la connaissance des changements que subissent les gaz du sang en passant par les poumons. En même temps on prend du sang, veineux dans l'oreillette droite, et du sang artériel dans une artère déterminée. Le premier est prélevé à l'aide d'une sonde introduite dans la jugulaire. Dans les deux échantillons de sang, les gaz sont pompés et analysés quantitativement.
On trouva naturellement dans le sang artériel plus d'O et moins de Co^ qùe dans le sang veineux. Cette différence provient de ce que le sang en passant par les poumons absorbe, 0 et abandonne Co^.
L'examen simultané de l'air expiré par l'animal nous apprend combien il a recueilli d'O au total en une minute, et combien il a perdu de Co^. Voici un exemple pour calculer la quantité de sang expulsé par le cœur et estimé par le chiffre comparatif des gaz des deux sangs. Par l'analyse du sang artériel et du sang veineux, on trouva dans le premier 10,33 0 de plus que dans le sang veineux; en d'autres termes 100 c. cm. de sang qui a passé par le poumon ont pris 10,33 0. Au total il y eut absorption de 2733 ccb. ce qui se traduit ainsi donnent 26, 457 ccb. de sang, ou 26 litres etdemi
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de sang ayant passé en une minute par le poumon ; ces 26 1/2 litres de sang ont donc été projetés du ventricule droit dans l'artère pulmonaire, et comme il y a un poids égal dans tout le courant sanguin, les 26 1/2 litres ont été lancés du ventricule gauche dans l'aorte.
11 s'agit ensuite de déterminer la pression dans l'aorte. Pression les artères secondaires, et en même temps le travail de l'o- consomreillette et du ventricule droit pendant le repos, puis un d'o. travail consistant dans l'ascension d'une forte pente. Dans le premier cas la consommation d'O fut de 1479, de 2733(chiflre moyen) et de 4172; lors du travail, le cheval use 4325, 4513 et 7488 c. cm. d'oxygène. Or la quantité correspondante de sang oscilla entre 26,5 et 64 litres par minute. Pendant ce
CtlAP. III. — NUTIUTION DU m:m\, lUPPORT AVEC SON TBAVAIL
temps la moyenne de la pression de l'aorte était de 130 mmètres de mercure; l'artère faciale à peine diiierente, baisse au plus de quelques millim. de pression; pour les artères du pied 1 abaissement est de 15 millimètres.
Travail ^0»^^ faire les applications de ces données, du cheval à g'i- ^ "^1"^' 2untz établit d'abord nettement les rapports connus rnjri- entre 1 étendue des échanges gazeux et le travail du cœur. Plus du cœur ^es Organes consomment d'oxygène, plus le cœur doit expull'homme ser activement le sang. Le sang artériel a, en moyenne 16 0/0
0 ; le sang veineux contient encore 6 à 10 0/0 d'O. Il se peut donc que lors d'une consommation plus forte d'O., il s'en use d'autant plus que le sang est lui-même utilisé plus complètement.
Mais, par un travail intense, la consommation d'O monte à 15 ou 18 fois la valeur de consommation ayant lieu pendant le repos; il faut alors que l'O nécessité par le fonctionnement des organes y soit amené par le cœur qui apporte une quantité de sang a peu près proportionnée à ce besoin exagéré d'O 11 y a donc entre la grandeur du travail cardiaque et la quantité d 0 consommé par tout le corps, un rapport intime. Zuntz estime d après cela le taux du travail cardiaque, calculé par
1 O consommé.
G^œur , KUogrammètres de travail. Il se trouve ainsi, que pour chaque muscles l^OO ccm. d'O consommé, le cœur fourmt au minimum 26, 1 pendant ct au maximum 89, 6 kilogrammètres. Il y a maintenant àcalt il culer la consommation d'O nécessaire pour arriver à la production de ce travail kilogrammétrique. La quantité d'O à ™^tH- utiliser que les muscles en général réclament pour fournir un kilogrammètre de travail mécanique donne la mesure exacte pour le cœur.
Lorsque les muscles doivent fournir un kilogrammètre de travail mécanique, ils mettent en usage entre 1, 3, et 1, o, c. c. d'O. Si on admet ce chiffre pour le cœur' on arrive à un chiffre de 3 à 10 p 0/0 de la totalité d'O ab- '''nnnn.'^''^'^^'''' calcukit sur Un travail cardiaque de 60 a 70000 kilogrammètres par jour. Or l'homme par un travail soutenu général ne peut pas fournir au delà de 300 000 kilogrammètres ; le cœur fournirait là-dessus 1/4 de toute la musculature. Une pareille donnée est invraisemblable, car en s'en rapportant à la clinique, on voit que le cœur le plus révolté
métrique
TRAVAIL KILOIÏRAMMIÎTRIQUE FOURNI PAR LE CUKUR ^
contre les lésions valvulaires peut à peine fournir le double de ce qu'il fournit à Tétat normal; et on lui demande à lui seul tout le travail qu'on considère comme le maximum possible de tout le système musculaire. D'après les calculs de Zuntz, basés sur le travail de l'homme, tenant le milieu entre celui du chien et celui du cheval, qui est plus faible, le cœur de l'homme peut faire un travail général journalier de 70,000 kilogrammètres ; sur ce total on peut estimer la part du cœur à 20, 000 kilogrammètres, c'est-à-dire à 1/15 du travail total.
Au point de vue de l'O, (en estimant la pression aortique à 150 mm. de mercure) on aurait 0,17 c. c. m. par kilogram. et par minute,ce serait 4, 9 p 0/0 de la totalité de l'O consommé par le corps au repos.
Le travail du cœur de l'homme qui est intermédiaire comme g.^. nous l'avons dit entre celui très fort du chien, et celui très ^étves faible du cheval exige une consommation d'oxygène nettement ^^p^^ déterminée ; — en moyenne le sang artériel a 7,150/0 d'oxygène %am de plus que le sang veineux — ainsi 100 ccm. de sang puisent i^^^- 7,15 ccm. d'oxygène dans le corps. La propulsion impose au ventricule gauche un travail de ~ -^iJS'*^' ^dlogr. mètre,
au ventricule droit et aux oreillettes environ ^ c'est-à-dire 0,07 kilogr. mèt. Pour l'absorption de chaque 7,15 ccm. d'O. le cœur sain fournit donc un travail de 0,27 kilogr. mètres, qui nécessitent 0,27 X ^A^ = 0,351 ccm. 0. — De 100 ccm. de 0. absorbés, il faut donc, pour fournir le travail cardiaque loo^jî'35i = 4,9ccm.O. ou 5 0/0 d'O. Si pour l'homme on calcule 5 0|0 0 inspiré, c'est-à-dire pour l'absorption journalière un total de 525 litres = 25,26 litres pour le cœur, cet organe fournit = 20,000 kilogr. mètres de travail.
S'agit-il d'un travail musculaire intense, le travail du cœur correspond à environ 4 à 6 fois plus d'O. qu'au repos. Il n'est pas étonnantqu'il soit prêt à fournir un travail de compensation chaque fois qu'un défaut des valvules exige un travail plus fort. Mais dans ces cas il ne peut faire les frais de la compensation qu'au repos relatif. Lorsque dans une lésion valvulaire qui demande le double du travail normal du cœur, l'excès de fonction petit dans le cours des années nuire à l'organe, bien que le cœur soit en tout temps en élat d'exécuter quoique
CHAP. Iir. — NUTlUirON DU Cni.:UH, «APPORT AVEC SON TRAVAIL
passagèrement un travail infiniment plus marqué, ce fait s'expliquera; c'est auLre chose de demander à un organe journellement pour une couple d'heures un excédant considérable de travail, ou bien d'exiger le môme travail continuellement comme c'est le cas dans les lésions des valvules.
Ici, comme l'observe justement Benno Lévy, le cœur travaille sans cesse sans se fatiguer; la musculature du corps, elle, est fatiguée au bout de quelques heures ; ceci tient surtout à l'autonomie, à Vauiomatie du muscle cardiaque, tandis que les muscles du corps puisentleur force dans les centres nerveux, et laissent s'accumuler les éléments chimiques de la fatigue qui ne peuvent pas s'éliminer aussi facilement que ceux du muscle Cœur, cardiaque. En tous les cas il est des muscles demi-volontaires, musdes dont le fonctionnement est tout aussi inéluctable, aussi permaratoires. nent que celui du cœur; je veux parler des muscles respirateurs ; bien que leur intermittence d'action soit plus marquée que celle du cœur, ils n'en ont pas moins une influence des plus considérables sur les fonctions cardiaques, et d'une autre part une connexité qui doit se traduire par une sorte de partage de coefficient de nutrition avec le cœur.
II. Nourriture du cœur pour son travail. D'après ce qui précède, on peut estimer par l'oxygène la nourriture totale et prévoir facilement quelle est la quantité de nourriture générale que le cœur prend pour sa part. Ce cœur prend sur la totalité de rO 3 à 10 du gaz non consommé. Le travail musculaire du cœur peut se faire indifi"éremment aux dépens des hydrates de carbone, de la graisse, de l'albumme ; il n'est pas nécessaire que ce soit l'un ou Fautre principe alimentaire. Je sais bien que le clinicien demande en première ligne s'il faut nourrir par un régime fortement azoté ou riche en hydrate de carbone. Mais pour résoudre cette question il y a d'autres points de vue.
Hémoglobine.— hovsqw! on exige beaucoup ducœur,il est nécessaire que le sang circule facilement, et ceci n'a lieu que quand il renferme de l'hémoglobine en quantité suffisante. Si le sang renferme deux fois plus d'hémoglobine (hypothèse) il peut fournir autant d'O avec une circulation plus ralentie que par une circulation double. On peut atteindre cette richesse en hémoglobine de plusieurs façons, ainsi en forçant la richesse des aliments en albumine. En voici la preuve : chez les herbi-