V. Volume de l'ondée sanguine. Systole et diastole
Dans toutes les conditions, il s'agit de déterminer la quantité de sang qui passe à chaque pulsation. Lorsque le cœur a besoin d'un travail forcé, il peut satisfaire à ce besoin par la multiplication des battements ou plutôt par l'augmentation du volume de la pulsation. D'après les calculs théoriques, il ressort que le cœur ne peut guère s'étendre au delà de sa capacité normale nécessaire, même quand la pression aortique est augmentée ; mais il est possible, que le cœur ne se distende pas complètement lors de sa diastole habituelle et que par cela même, lors d'une dilatation complète, il se remplisse de bien plus de sang. Il est possible aussi d'autre part que le cœur, dans sa systole ordinaire, ne se contracte pas complètement.
Cela a été dit par bien des physiologistes modernes, entr'autres, par Horweeg, Krehl ; Zuntz croit au contraire que le ventricule se vide complètement ; s'il reste contracté plus longtemps qu'il n'est nécessaire pour l'évacuation complète de son contenu, et si l'affaissement ne commence qu'après; ceci
U CIIAP. III. — NUTRITION DU fiOEUB, HAPPORT AVEC SON TRAVAIL
prouve en Lous les cas que la cavité se désemplit finalement dune manière absolue. L'évacuation imparfaite n'a lieu que quand le ventricule est sous l'influence d'une forte réplétion et d'une haute pression, comme on l'observe lors de la transfusion du sang (lohannsen et Tigerstedt).
Si la con traction est entière, c'est-à-dire s'il se vide, ou bien s il reçoit plus de sang par suite d'une cause indéterminée le travail cardiaque doit-être plus intense et plus efficace Dans ces éventualités, l'accélération du cœur, ne couvre pas le travail nécessaire ; il faut de toute nécessité, une augmentation de l'ondée sanguine pulsatile elle-même ; chaque pulsation semble même exiger encore plus, parce que dans les conditions normales le cœur dans sa diastole ne prend pas autant de sang qu il pourrait en puiser dans l'oreillette sans excès de près • sion, ou sous une pression physiologique.
Ceci résulte nettement des expériences de Stolnikow qui a vu que, sans qu'il y ait changement dans la pressioi sous laquelle le sang veineux afflue, le volume de l'ondée peut aller jusqu'au triple, comme on l'observe lors de la contraction des vaisseaux de l'abdomen, et cela uniquement parce que le cœur mis en forte réquisition introduit plus de sang.
En général on peut estimer, avec Zuntz et Tigerstedt le volume du pouls ou le débit du sang chez l'homme à 60 ou 70 centim. cubes de sang.
Résumé, (a) La. méthode de Fick et Zuntz consiste à mesurer les gaz du sang simultanément dans le sang artériel et dans le sang veineux, (b) en même temps à déterminer les échanges gazeux respiratoires (c) à fixer par la pression intra-aortique l'amphtude de la pulsation cardiaque et le pouvoir dynamique (ou travail) du cœur.
Par cette méthode on a pu démontrer que :
1° Le volume de la pulsation ou débit du cœur a été surestimé de 3 fois le chiflre donné par l'expérience moderne.
20 La pression aortique est d'un tiers trop élevé.
3° D'après cela le travail du cœur est tout au plus 1/4 aussi considérable que celui admis généralement.
Il ne monte nullement à 70,000 Idlogrammètres comme on l'avait dit ; il est environ de 20,000 kilogrammètres.
DlîBIT DU SANG PAR LE COEUR
40 Temporairement, et par un exercice intense le travail utile du cœur peut s'élever de 4 à 6 fois son pouvoir dynamique au repos.
50 La capacité de travail ainsi augmentée est utilisée sûrement comme moyen de compensation dans les maladies du cœur ; l'hvpertrophie ou la dilatation cardiaque qui se développent alors, sont elles-mêmes capables de soutenir les efforts corporels.
60 Le développement des troubles de compensation lors des lésions graves s'explique par ce fait, que le travail obligé du cœur est continu, tandis que l'exercice musculaire n'est jamais que passager.