RATIONNEMENT DES BOISSONS, DES OBÈSES ET VALVULAIRES
un excès de pression vasculaire. Comment se fait-il que ces obèses sont sollicités en même temps à faire des montées qui contribuent bien autrement à augmenter la pression sanguine. La double prescription en sens opposé n'est pas soutenable.
S agit-il de luxueux sans véritable obésité ! une nouvelle difficulté surgit quant à la réduction des liquides. Il est bien probable, que le sang chez eux est riche en albumine ; pourquoi le rendre plus concentré en lui enlevant de l'eau? La vérité est que le sang n'a pas besoin de concentration parce qu'on n a pas démontré qu'il contient plus d'eau. Lichtheim a (voir plus loin article obèses) même prouvé que chez les cardiaques en général il y a plutôt une pléthore sanguine, qu'une pléthore séreuse. lU'estdonc pas nécessaire d'intervenir pour réduire le degré aqueux du sang.
Il s'agit de ne pas oublier les dangers de l'abolition des boissons. Une grande faiblesse, et souvent la fièvre en sont le résultat le plus immédiat, c'est ce qu'on voit souvent chez les valvulaires. Ce qui est plus grave c'est la distension du cœur dont nous parlerons plus tard et qui est un effet inévitable de cette diète aqueuse.
Pour la catégorie des cardiaques valvulaires la question est encore plus ardue ; on en voit qui n'ont pas encore d'épanchements séreux, et qui ont le sang riche en matériaux solides, sans excès d'eau dans le corps. Or la réduction des boissons dans ces cas non seulement ne donne pas lieu aune diurèse, mais au contraire àune albuminurie. Dans ces cas, comme le remarquent Bamberger et Lichtheim, le rationnement des boissons ne peut réduire la quantité de liquides de l'organisme, attendu qu'il ne contient pas un excès d'eau. De pareils malades supportent bien mal le rationnement liquide ; ils se sentent faibles et misérables, et ne trouvent pas l'allégement comme d'autres cardiaques. Aussi loin de réduire il faudra parfois surélever la quantité de boissons mais en ayant le soin de l'administrer par petites portions. Chez les valvulaires arrivés à l'incompensation avec hydropisie, la méthode diététique n'a plus de valeur par elle seule.
Chez ces valvulaires comme chez les obèses cardiaques il faut pour éviter l'airaiblissement du travail du cœur et une sur-
Obèses
et
luxueux.
Valvulaires.
Réduction des
CHAP. in TER. — NUra^^ CARDIAQUES ET DES OBÈSES
H; quZo?h!^^i:^;''î"'\P^^"^- considération et la qudmc et la quantité des aliments et des boissons Par
nées np; ,^^^^^"^«"^«de cœur, et môme de graves dyspnées Des petits repas répétés, avec séparation des solides et des liquides, réduction des boissons ou plutôt répartition en plusieurs portions, surtout après les repas ; voilà les indications les plus rationnelles.
Art. III. Régime des pléthoriques vrais et des pléthoriques séreux.
Sfv'l . système moderne de renforcement du cœur comme
.orvcé ^^"f./^ T'exile médecine, le sang a été invoqué; laauantité ella thémie". qualité du sang des cardiaques ont servi de thème à toutes les théories. On a admis lapléthore vraie commepoint de départ la pléthore séreuse ou hydrémie, comme point d'arrivée et comme conséqence de Tune et de l'autre une augmentation'de pression dans les vaisseaux; de là sont nées une méthode initiale et radicale de traitement curatif, qui avait commencé sous le patronage de Valsalva par les anévrismes, puis une méthode spéciale qui se continue, sous le nomd'Oertel par les maladies troublées quelles qu'elles soient, enfin une indication partielle qui se répartit sur les symptômes de l'incompensation (Huchard) .
Ya-t-ilune pléthore vraie? (voir t. 1, chap. 21). L'aspect congestif de certains malades porte à le croire ; ils sont gras, leurs muscles sont bien développés, la respiration est cependant quelque peu gênée, l'essoufflement facile par les mouvements intenses du corps, le pouls étant accéléré et fort, la pression du sang étant de 120 à 140 mm. de mercure.
Malgré ces apparences le sang, même dans les lésions valvulaires non compensées présente une augmentation des globules rouges ainsi que des principes solides. Plusieurs auteurs ont constaté ces faits, le sang s'épaissit et son état est l'opposé de l'état hydrémique d'Oerlel. — Tennissen (élève de Penzold, Berl. Kl. 1881.) a vu dans le rétrécissement congénital de l'aorte le sang présenter 6,4 à 7 millions de globules; dans des cas de lésions valvulaires acquises, il vit le sang pré-