MKDICAMENTS CONTRE LA DISTENSION
est permanente, constatable dans toutes circonstances, ce sera la véritable maladie du cœur.
L'étude des médicaments examinés à ce point de vue, c'est- Moyens à-dire de leurs effets sur le volume et la forme du cœur, ou remédier plutôt sur la distension du cœur nous fournit des données curieu- distenseset contîrmatives de la pathologie du muscle. La percussion nous montre ici encore. des révolutions momentanées, qui ont plusdesignificationquantàladynamiqueetquant à lapuissance du cœur, que les résultats de l'auscultation. Enmesurantlecœur et en déterminant sa forme sous l'influence des remèdes principaux de la régulation, systoliques ou bien dépresseurs, nous sommes arrivés aux remarques suivantes :
l» La sparteïne est celui qui diminue le plus promptement les dimensions du cœur, qui renforce le mieux le muscle cardiaque. 2° La digitaline diminue également le cœur, mais elle agit surtout sur les cavités droites, particulièrement quand elles sont préalablement dilatées. 3° L'iodure de potassium réduit également le volume du cœur, mais moins que ne le fait la sparteïne. La série opposée comprend l'antipyrine qui augmente le volume total, sans influencer la pression artérielle ; puis le bromure, qui ressemble sous ce rapport à l'antipyrine, et par conséquent, met le cœur dans un état opposé à celui de l'iodure de potassium ; il dilate le cœur droit dans sa totalité, peut-être plus le ventricule droit.
Ce n'est pas là une classification, ni une dichotomie, semblable à celle qu'on a appliquée aux artérioles sous le nom d'hyper ou d'hypotenseurs. Les documents quoiqu'encore incomplets, sur la dynamique du cœur, sont bien autrement importants, et ont été totalement négligés jusqu'ici.
Art. IV. ~ Des moyens et médicaments d'action systolique et diastolique.
Voici un autre mode d'intervention des médicaments sur le cœur, et plus encore sur la pression. Jusqu'ici dans toutes ces appréciations de la pression, le cœur a été pour ainsi dire négligé ; il joue pourtant un rôle considérable et direct dans la formation de la pression ; nous la retrouvons augmentée chaque fois qu'il y a une vraie systole, une contraction de force ;
CIlAl'. IV IJIS.
— DES MÉDICAMENTS
Appareils pour
mesure de la
pression
Volume
du cœur; dilatation
ou hypertrophie .
il en est de môme chaque fois que celle syslole esl pleine, c'est-à-dire quand le ventricule a reçu beaucoup de sanj,- dans la diastole aui^mentée, comme cela a lieu par la digitale. Les médicaments hypersystoliques directs, oupar voiediastolique seront les seuls qu'il faille considérer ; la part que le cœur prend par ces moyens à renforcer la pression est prédominante.
Mais comment connaître cette forte ou large systole.
Est-ce par la mesure de la pression ? Nos instruments, comme je l'ai dit, pour l'apprécier chez l'homme ne sont pas parfaits ; le sphygmographe n'en dit rien, et le sphygmomanomètre de Bash, modilié ou non par Potain, ne donne pas une certitude absolue ; nous en verrons, l'emploi et les résultats d'application dans un instant.
Est-ce par la palpation du cœur ? Il semble que rien ne soit plus facile que de reconnaître par le choc, la force ou la faiblesse du cœur. Or, c'est tout au plus si on peut soupçonner la débilité musculaire du cœur par la faiblesse du choc ou du pouls.
Les observations de Miller et de Martius (Vienne 4889) prouvent que le choc peut être faible dans les hypertrophies, et fort dans d'autres circonstances. Si on attend plus longtemps on aura la certitude de cette déchéance cardiaque par la décompensation, c'est-à-dire par les stases veineuses pulmonaires, rénales, périphériques, mais alors il est trop tard pour faire rétrograder ces troubles profonds. On ne saurait dans l'incertitude, comme on l'a dit à l'Académie en 1889, faire servir un médicament dit tonique, comme pierre de touche.
Laissons de côté le choc et le pouls, et adressons-nous au volume du cœur pour en juger la force. Quand la percussion nous donne des dimensions exagérées, nous ne savons pas s'il s'agit d'une hypertrophie, d'une dilatation persistante, ou d'une distension passagère, ou d'une élasticité perdue.
L'hypertrophie n'engage en rien l'état du cœur ni son avenir. Le cœur peut rapidement ou tardivement être frappé d'une dégénérescence fibroscléreuse des plus graves, étendues ou partielles et fragmentaires. Letulle, Renaut, Browitcz ont démontré ces myocardites segmentées et dégénérées, que nous ne savons pas distinguer di-s dégénérations complètes
MÉDICAMENTS AORTIQUES, CORONAIRES, MITRAUX
et qui font croire à une hypertrophie compensatrice salutaire, dite providentielle. Nous ne savons même pas discerner cette hypertrophie, de l'adipose ou cœur gras, dont Penzold (1887) dit que les cœurs qui ont le plus résisté <i la digitale ont été les cœurs gras, constatés à Fautopsie.
Reste la question de l'élasticité que nous avons indiquée et largement utilisée au point de vue physiologique et clinique (voir chap. III).
Art. V. — Des médicaments aortiques, mitraux et
coronaires.
On discute depuis longtemps sur l'utilité des médicaments dans les affections valvulaires; on a cru trancher la question en les divisant en aortiques, mitraux, coronaires.
Médicaments aortiques. — Ainsi à propos des lésions aortiques nous voyons les dissensions les plus complètes. Tandis queCorrigan, Sydney-Ringer, Niemeyer regardent la digitale (qui est, dit-on, un médicament tonicardiaque presseur) comme absolument contr'indiqué, voici Folljergill, Germaim suivis par Gubler et Lelion qui lui reconnaissent dans ces cas une efficacité spéciale. Comme, dans les lésions valvuloaortiques, la compensation se fait presque toujours par l'hypertrophie du ventricule gauche chez les jeunes gens, il n'y a pas à songer à intervenir (Teissier de Lyon); ce sont les premiers observateurs qui ont raison, ce qui ne veut pas dire qu'il ne faille rien faire dans le cours de ces maladies, particulièrement chez les vieillards, quand il s'agit d'une insuffisance aortique avec rétrécissement de cet orifice, attendu que dans la grande majorité de ces cas, c'est une sclérose cardiaque suite de la sclérose artérielle. Ainsi les aortiques ne réclament pas ordinairement une médication aortique.
Médicaments mitraux. — Lorsqu'on a à faire à une lésion mitrale, il faut distinguer le rétrécissement; la digitale y est vivement condamnée par Potain, et non moins vivement recommandée par Niemeyer. Il est clair que tout dépend de l'état de compensation; s'il y a une hypertrophie droite efficace, il n'y a rien à faire ; si elle manque, il faut interroger l'état d'énergie du muscle cardiaque gauche et droit ; si elle se traduit
CIIAP. IV DIS.
— DES MÉDICAMENTS
par une grande faiblesse du cœur, la digitale est indiquée au moins temporairement, mais la difficulté est toujours dans la mesure de cette force; le pouls ne sert h rien, car il est généralement petit et faible ; il n'y a que la dyspnée qui compte ; dès qu'elle est prononcée, c'est qu'il y a un commencement de décompensation.
Pour ce qui est de l'insuffisance mitrale, il est rare que la digitale et les régulateurs n'y soient pas indiqués. En effet l'insuffisance mitrale n'est jamais à l'état absolu de bénignité, et elle ne fait pas partie de cette catégorie privilégiée de cardiopathies que le malade tolère pendant une partie de sa vie sans s'en préoccuper.
Le moins de troubles qu'elle provoque consiste dans la gêne de la respiration, dans la dyspnée de travail. Il est rare ensuite qu'elle laisse au cœur sa régularité, et qu'elle ne touche pas à son rythme, à l'enchaînement de ses pulsations. Il est plus rare encore, surtout à une certaine phase de son évolution qu'elle ne gêne pas la circulation veineuse périphérique, le cours du sang dans le foie, et la sécrétion rénale, de manière à provoquer la formation des hydropisies des hypérémies hépatiques, l'oligurie o* l'albuminurie, en un mot qu'elle n'entre pas dans la période troublée ou asystolique. Pendant tout ce temps la pression sanguine est abaissée, et s'il est difficile de le certifier, et surtout de la mesurer, on peut en toute sécurité en calculer les efiets, à en juger non pas seulement par la diminution de force du pouls tracé au sphygmographe, mais encore par les stases veineuses qui se produisent à un certain moment dans le système veineux de la petite comme de la grande circulation.
Médicaments artério-coronaires. — Ici à plus forte raison il ne saurait ê tre question d'une médication curative absolue ; nous ne connaissons l'artério-sclérose quepar ses effets, et s'il s'agit de la sclérose coronaire on ne peut la juger que par les accès d'angine de poitrine. Plus tard il arrive une période d'insuffisance du cœur, une dégénération fibreuse qui rentre dans la catégorie de toutes les dégénérations, et par conséquent de tous les défauts de la compensation.