CHAP. V. — IODURES
guttural.
ment l'administration des iodures par lavements (Kobner Monatshelft. 1889. p. 480. Rabow. idem. On a employé l'iodure de cette manière chez les syphilitiques, et on a prétendu obtenir les mômes effets curatifs que par le traitement stomacal. Lazarus Ta vanté ainsi chez .les asthmatiques à bout d'ioduration. Mais nous ne connaissons pas un seul avantage à ce procédé, qu'il est impossible de continuer, comme cela est nécessaire pour les cardiaques, les asthmatiques. Fonc- Nous pouvons maintenant envisager les iodures au quadrudes pie point de vue de leurs fonctions: iodures. ^0 Vaso-dilatatrices.
2° Cardiaques.
3o Respiratoires et congestives.
4° Enfm de leurs propriétés leucocytaires et réductrices. Mais avant d'insister sur ces diverses fonctions, nous avons à étudier l'intoxication iodique ou iodisme. lodisme L'iodisme peut se traduire sur tous les organes, naso lodisme nasoguttural. C'est le plus commun.
Une action bien singulière se manifeste souvent au début de Fioduration sur la muqueuse nasale et buccogutturale. Quelques fois même par les plus petites doses les muqueuses superficielles deviennent le siège d'un véritable inflammation qui, paraît due à l'iode libre dans ces membranes ; cet iode bien qu'en quantités minimes résulte du dédoublement des composés alcalins qui circulent dans les tissus.
C'est tout d'abord la membrane muqueuse des narines qui devient, et cela dès le premier ou deuxième jour, le siège de cette irritation catarrhale, de même aussi la muqueuse des voies aériennes supérieures ; il se manifeste alors une sécrétion augmentée d'un mucus ténu, coryza iodique accompagné ordinairement de douleur frontale, rougeur des conjonctives, œdème des paupières, sécrétion abondante de larmes; puis la toux iodique se montre avec une expectoration séro-muqueuse. Parfois ce catarrhe iodique augmente au point, qu'il en résulte de l'oppression, une sécrétion abondante.
Le catarrhe gagne souvent l'antre d'Highmore, les sinus frontaux, et c'est là que siège ordinairement la douleur qui persiste souvent indéfiniment, et constitue un des grands obstacles à la continuation du traitement.
lODISME
La muqueuse gutturale se prend fréquemment ; les malades se plaignent de conslrictlon de la gorge, dedysphagie ; la muqueuse devient rouge, injectée et souvent il y a là une légère mfiltration œdémateuse de la luette, c'est Tangine lodique.
Mécanisme de ces irritations. — Dans beaucoup d'organes et surtout de muqueuses il se fait une décomposition continuelle de l'iodure alcalin de la manière suivante : A la faveur d'affinités puissantes, et pour ainsi dire en masse, des iodures pour les albuminates vivants, le CO^ et l'acide nitrique, les iodures se dédoublent partiellement, d'une part pour être repris par GO'^ et par le phosphate de soude ; d'autre part il se forme de l'acide iodhydrique, très facilement décomposable qui donne aussitôt lieu au développement de combinaisons iodiques avec les substances organiques, avec l'albumine en particulier. On voit même le proto-plasma, contenant de la chlorophylle, dégager de l'iode libre, et bleuir ainsi un mélange d'amidon et d'iodure alcalin.
Cette susceptibilité particulière de certains individus pour ces irritations catarrhales s'explique ainsi ; chez tous il y a une quantité très variable de nitrites; les nitrates provenant du sang arrivent en solution dans la cavité buccale, et subissent là une réduction en nitrites. En présence de GO^ dans ces solutions de ni tri te, par exemple dans le mucus, on voit, lorsqu'il n'y a pas un excès d'alcali ou de carbonate alcalin, se former l'acide nitreux qui dédouble l'iodure présent, et rend l'acide iodhydrique libre lequel attaque aussitôt et irrite les tissus. |k Ges intoxications légères se dissipent bientôt, dès que le ^^emède est supprimé ; l'addition de bicarbonate de soude est ^Fcensé diminuer ou même empêcher la toxicité ?
La muqueuse laryngo-bronchique se prend plus rarement et ^^^b)^ plus tardivement que la muqueuse naso-gutturale ; toutefois à laiyngé la suite de doses exagérées on observe la raucité de la voix, de la toux et de l'anxiété.
On a vu alors le larynx devenir le siège d'un œdème des replis épiglottiques constituant un danger imminent. ( llallopeau, Fournieront cité des cas mortels. Gaz. hop. 89.) Jiresgen ForsteretGroenow. (M. H. 90, p. i05).
On a noté ce fait singulier que l'accès de dyspnée par œdème a été constaté du premier au deuxième jour dans sept cas.
GHAP. V. — lODURES
trois fois après une dose moindre del gram. et 3 fois après 2 à3, 6. Dans plusieurs cas la trachéotomie était devenue indispensable. On a pu soulager les malades, par la morphine dans un cas, et éviter dans d'autres cas Fiodisme grave parle bicarbonate de soude àhaute dose?
J'ai vu se produire une parotide semblable aux oreillons. Régnier, Balzer ont observé des faits de ce genre (thèse de Bradlaug 1888.) Mon malade prit pendant 10 jours 2 gram. d'iodure sans aucun incident pour une angine de poitrine qui céda complètement ; il paraissait guéri lorsqu'après 6 jours il se manifesta une adénite énorme de la parotide droite qui suppura et malgré l'incision détermina la mort par suffocation et délire.
lodisme P®^^ ®^ ^® ^^^^^ cellulaire sous-cutané sont très souvent
cutané, dès les premiers jours de l'ioduration, le siège d'éruptions et entre autres d'acné simple sur la peau du visage et du tronc ; dans ces acnés on trouve souvent de l'iode libre.
D'autres fois on a noté des taches érythémateuses, qui ne s'effacent pas. Jusque là il n'y a pas lieu d'interrompre le traitement; les phénomènes cèdent peu à peu soit avec la diminution des doses, soit même pendant leur maintien.
La peau se prend souvent sous la forme grave, d'éruptions papuleuses et pustuleuses, d'indurations sous-cutanées (Pelliz zari. in thèse citée.) Hallopeau. (Union med. 1883).
Talamon observa un cas analogue dans mon service (Fr. med. 1884). Kempfer (Clbl. med. QQono 6.) Des eczémas intenses et généralisés, des éruptions bulbeuses, ont été signalées ; enfin le purpura, c'est-à-dire une véritable hémorrhagie sous-cutanée constitue une formelle opposition à l'emploi de l'iode, (d) Les hémorrhagies peuvent se manifester partout et princihenfor^ paiement sur les muqueuses et la peau.... Fournier (Rev. de ^que*' iiï^d. 1877) à étudié 1.5 cas de purpura iodique se répétant chez presque tous les malades à chaque reprise du médicament ou à chaque augmentation de la dose « mais si une dose donnée « a produit l'exanthème, il s'établit une sorte de tolérance et « rien de plus ne se produit, si on vient à augmenter la dose.»
Parmi les autres hémorrhagies il faut noter l'épistaxis qui est fréquente, le retour des hémorrhoïdes, et constamment des ménorrhagies ou chez les aménorrhéiquesle retour des règles :
lODlSME HÉMORRAGIQUE
le premier cas peut être nuisible chez les femmes, le deuxième utile.
Bien fréquemment il se produit une hémoptysie ou au moins des expectorations sanguinolentes ; cela a lieu surtout lorsqu'on administre Tiode libre ; mais les iodures alcalins prescrits pendant un temps plus au moins long peuventprovoquer le même phénomène, de telle sorte qu'il devient impossible de continuer l'iodure sans provoquer de récidives. Prenez garde surtout dans les cas de tuberculose commençante et surtout de phtisie au deuxième degré ; l'hémoptysie est provoquée fréquemment au point qu'on peut considérer l'iode comme un signe révélateur dans les cas douteux; dans les phtisies confirmées, malgré les avantages considérables que l'iodure présente contre la toux sèche, tenace et irrésistible des phtisiques, l'usage de ce moyen excellent devient impraticable. Il y a huit ans dans mon livre sur la phtisie bacillaire j'ai indiqué ses inestimables avantages, mais aussi ses dangers, car l'iode est un hémorrhagipare, nous le verrons agir comme tel dans bien d'autres organes. Dans ces derniers temps Schultze a signalé à nouveau l'action révélatrice, qu'il a comparée à celle de la lymphe de Koch ; mais il s'est souvenu à temps de mes indications et pas assez des contr'indications.
Outre les iodismes des muqueuses et de la peau, il faut re- (h) douter au bout d'un certain temps l'envahissement des pa- p^en^^ renchymes (foie) ; où il se produit des dégénérescences graisseuses si fréquentes dans les intoxications chroniques.
11 s'agit surtout des reins qui s'enflamment, dit-on, sous (p l'influence de l'iode, et au préalable sécrètent l'albumine, ^^n^^ Cette albuminurie, qui a été notée par J . Simon sur les en- j^^l^ fants auxquels on fait des badigeonnages de teinture d'iode est elle due à une lésion rénale, et celle-ci est-elle assez durable, assez marquée pour servir de contr'indication absolue à l'emploi de l'iodure? de pareilles craintes sont exagérées; chez l'adulte les badigeonnages sont inofl'ensifs à moins qu'on ne transforme toute la surface de la peau en un vaste plastron ioduré ; comme l'a pratiqué Jaciibasch qui avait peint une surface de 700 centim. carrés (Ann. de la charité dn Berlin 1881). 11 faut d'ailleurs distinguer dans les précipités
CHAP. V. — lODURES
des urines des iodurés, la réaction de la wiucme, qu'on confond facilement avec celle de l'albumine.
Ce phénomène même dûment constaté n'indique pas toujours une néphrite, à moins qu'il n'y ait dans les urines des liL ^y^^"^'^'*^^ caractéristiques ? J'ai même souventprescritFiodure utile à des cardiaques rénaux, et même à des Brightiques sans au-
^reinï^ cun préjudice, sans provoquer ni oligurie, ni albuminurie.
^^m,!.»"" Senator considère l'iodure comme un des rares médicaments utiles dans la maladie de Bright. Une observation de K..., est cependant contraire ; il s'agit d'un brightique qui fut intoxiqué. On peut dire en général que chez les néphritiques l'élimination de l'iode est retardée comme celle de tous les médicaments; ainsi de l'acide salicylique, (Sée, Bouchard, Ghauvet); mais elle alieu, et Harnak dit que dans ces cas Fiode esten combinaison organique.
lodisme ^'^^^ l'action de l'iode sur le système nerveux central, qui névrai- explique les accidents nerveux dont on a d'ailleurs exagéré gique. l'importance et la gravité. J'ai vu souvent des céphalées opiniâtres, dues au coryza, mais jamais l'ivresse iodique, dont on a tant parlé, ni les lipothymies, ni les convulsions qui ne se retrouvent en réalité que dans les intoxications aiguës, le cerveau est un des organes les moins imprégnés d'iode (Harnack, Sée); c'est le poumon qui l'est au maximum, (i) Si nous cherchons le mécanisme de tous ces iodismes, nous verrons qu'il ne saurait être le même pour les cas sécrétoires, iwiis- hémorrhagiques et névrotiques. On sait seulement qu'ils promes. viennent dans le premier cas de la mise en liberté de l'iodure de potassium. Mais par quel processus chimique ce dédoublement de l'iodure alcalin se produit-il ? Les uns admettent comme nous l'avons dit, que sur les muqueuses il se forme à l'aide des nitrates introduits dans le corps, des nitrites qui décomposent l'iodure. Cette opinion, comme le ditOppenheiner (cong. Heid. 89) ne nous explique pas où et comment la réduction des nitrates a lieu, ni d'où provient dans le mucus normal qui est alcalin, l'acide qui est nécessaire pour le dédoublement de l'iodure par les nitrites. L'explication est tout à fait insuflisante pour faire comprendre le catarrhe, des nourrissons ou des malades qui se nourrissent de lait lecjuel comme on sait ne contient pas de nitrate. On ne saisit pas
Méca nisme
IODE VASODILATATEUR
non plus pourquoi la majorilé des individus sains prennent l iodurc sans inconvénienl. Une autre manière de voir rattache ^ tout à Vozone qui se forme lors de l'évaporation de ] eau ou lors de la formation du nilrite dammoniaque en présence de l'azote et de la vapeur d'eau. Comment l'ozone opère-Ulpour décomposer l'iodurc ? .
C'est l'observation clinique qui va le mieux nous éclairer . On sait que dans les infiltrations tuberculeuses ou pneumoniques l'iodure augmente la sécrétion bronchique, et provoque de nouvelles inflammations avec fonte rapide des tissus et souvent des hémorrhagies pulmonaires, ce qm constitue un danger ; on sait aussi que dans les ulcérations laryngées 1 lodure produit souvent l'œdème du larynx ; on sait que dans l'asthme, qui s'accompagne d'une bronchiolite fibrineuse, il se produit un catarrhe sec avec coagulations librineuses contenant des cristaux de Charcot-Leyden ; dans tous ces cas l'iodure exerce une action prodigieuse par le fait d'une hypersécrétion et d'une liyperexpectoration ; ce qui fait croire que l'iodure est en rapport direct avec la contexture des sécréta stagnants qui se trouvent dans toute cette série d'affections. Dans toutes les sécrétions stagnantes il y a des fermentations putrides avec des réductions et oxydations forcées. Par là les nitrates se transforment en nitrites ; là il se développe sous l'influence de la formation d'hydrogène, de l'ozone qui décompose l'iodure. Peu à peu on voit cesser les. fermentations et les conditions du dédoublement de l'iodure, de: sorte que le médicament finit par être supporté dans les premières voies respiratoires. Quant à l'iodisme cérébro-spinal nous en parlerons à l'occasion de l'action vaso-motrice de l'iodure.
I. Iode vaso-dilatateur et cardiaque. Fonctions de l'iodé. Au mois d'octobre 1889, en collaboration avec Lapicque, mon aide de laboratoire, j'ai communiqué a l'Académie une étude physiologique de l'action desiodures alcalins sur la circulation ; voici le résultat de cette étude. En comparant qualitativement l'iodure de potassium et l'iodure de sodium, on peut établir que CCS deux sels on tune action commune sur la circulation, action consistant on un abaissement de la tension artérielle avec accélération du cœur ; l'iodure de potassium a en plus une action opposée ; il détermine d'abord une élévation dépression avecralen-
9^ CHAP. V. — lUDUnKS
Ussement du cœur, imputable au radical potassium, comme le montre la comparaison avec le chlorure de potassium ; ensuite vient la chute de la pression, avec accélération, phénomène qui lui est commun avec Fiodure de sodium, et qui est imputable par conséquent au radical iode; ce phénomène qui a été vu par Huchard dans son expérience peut se continuer 1 à 2 heures pour disparaître lentement. La série iodique se traduit par une vaso-dilatation, par une diminution de pression. Voilà ce que nous avons vu et revu dans nos expériences Si Prévôt et Binet ont nié toute l'influence de Tiodure de potassium sur la pression, c'est que les animaux sur lesquels ils opéraient n'ont pas été observés pendant des heures entières, ce qui était rigoureusement nécessaire, et d'autre part on se demande avec quels appareils ils ont mesuré la pression chez l'homme; le sphygmographe n'y suffit certes pas.
L'iode libre et les iodatesquisur l'homme sont inapplicables à cause de leur toxicité, font le même effet sur la circulation par injections intra-veineuses chez le chien que les iodures ; ils le produisent plus rapidement et à plus petite dose, l'ordre d'activité des diverses formes sous lesquelles l'iode est introduit dans l'organisme étant inverse dans l'ordre de stabilité des combinaisons qu'il forme dans le sang (Lapicque, Soc. de biol. séance du 11 juin 4894.) A cet égard nous ferons la comparaison entre les divers iodures alcalins et alcalino-terreux, après avoir parlé de l'action sur le cœur. En attendant on peut établir ceci :
iSe P^^^^ iodique avec sa vaso-dilatation générale et portant
difa- ^^"^ ^^^^^ ^^^^^ artères coronaires, ce qui est bien
tateur difficile à vérifier, fournit un moyen remarquable de faciliter '^'^^ la circulation intrinsèque du cœur, en ce sens que le cœur pour chasser le sang dans ses propres artères et dans son propre tissu, n'est plus obligé de fournir la même somme de travail que dans l'état préalable. Le cœur se trouve dégagé de ses obstacles naturels, qui sont surtout la rétraction tonique des artérioles.
Dans cette condition nouvelle, le cœur reprend un regain de force, d'énergie, car sur l'homme comme sur l'animal en expérience, l'impulsion cardiaque reste entière et le sphygmographe nous indique un pouls large et fort. Donc les iodures
des vaisseaux coronaires .
IODE AGENT SYSTOLIQUE
ne t'ont pas l'office de véi-itables dépresseurs de la circulation; ce sont des régulateurs du cœur, c'est-à-dire un moyen infaillible, d'abord de renforcer primitivement la systole et puis de faciliter la circulation périphérique en dilatant les vaisseaux.
Il s'agit de prouver le renforcement primitif, qu'on a discuté J.^)^^ et mis en suspicion. 11 y a 16 ans, j'ai signalé cet effet systo- cardialique après avoir trouvé l'effet anti-dyspneïque. Mais le fait ^gent a été oublié, on croyait l'expérience imparfaite. La preuve expéi'imentale et décisive n'a été établie que depuis nos expériences de 1889. Il s'agit aujourd'hui, tout en maintenant cette donnée, de prouver par voie rétrospective que nous n'avions pas tort d'accuser une action directe sur le cœur. Voici ce que Lapicque trouva récemment (Soc. de biologie 18 juin 1892). Dans les anciennes expériences par le fait des doses élevées il se produisait lors de la chute de la pression, un affaiblissement considérable de l'impulsion systolique. Si à ce moment de faible pression et de faible systole on n'observe pas de congestion pulmonaire, comme celle que j'ai signalée il y a de longues années, c'est qu'elle n'a lieu que dans une phase avancée de l'intoxication.
Mais si on opère avec des doses suffisantes sans être toxiques, on constate pendant les phases de début des variations périodiques dans la force du cœur; sur le tracé sphygmoscopique, on voit de temps à autre, une dizaine de systoles plus fortes que dans le reste du tracé, et à chacun de ces groupes correspond une élévation de la pression. Ici l'action cardiaque n'est pas douteuse.
En effet, l'affaiblissement du cœur, peut par des doses moindres, être remplacé par une action inverse, par l'action régulatrice et hypersystolique que nous avons toujours reconnue dans les maladies du cœur. Lapicque a mis ces effets en évidence. En détruisant sur un chien le bulbe, par conséquent en supprimant tous les phénomènes de régulation vaso-motrice qui pouvaient troubler les variations dans la force du cœur, on voit peu de temps après l'ingestion d'iodure de sodium, lequel comme on sait, n'agit que par l'iode, on voit le tracé sphygmoscopique augmenter considérablement d'amplitude et la pression, très basse naturellement, se relever de près de 2
96 CHAP. V. — lODURES
centimètres; c'est là un fait considérable et probant, comme on peut s'en assurer en Usant ces deux tracés.
Au résumé, l'iode exerce surle cœur une action d'abord systolique, puis dépi-iniante, si la dose est augmentée. Cette action est absolument indépendante des centres médullaires, comme le prouve l'expérience ci-dessus ; en ellet l'action bypersystolique a été obtenue le plus nettement sur un chien à bulbe sectionné, qui n'avait donc plus de réaction vaso-motrice possible comme Lapicque s'en est assuré en constatant que l'asphyxie modifiait à. peine sa pression jusqu'à la mort du cœur.
Expériences montrant que l'iode est un poison cardiaque systolique.
Cœur de grenouille.
Tracé par la pince cardiographique de Marey. Bulbe et moelle détruits.
Normale.
' On instille surlecœuroiialie gouLLes d'une solution d'iodale de soude à 5 0/0.
Action systolique et tensive par l'iodure de potassium.
Lorsqu'au lieu de l'iodure de. sodium qui n'est que de l'iode on
emploie l'iodure de potassium, le radical potassium joue un
EXPÉRIENCES l'RÉLIMINAIRES SUR LES lODURES
rôle ; il donne d'emblée le renforcement primitif du cœur et de la pression ; mais cet état de choses ne peut durer.
lodures de calcium, de strontium comparés aux iodures de potassium et de sodium.
Les iodures alcalino-terreux, c'est-à-dire de calcium et de strontium présentent, surtout le premier, des avantages incon-
Après
minutes.
(a) Richesse, en iode des divers iodures.
testables sur les iodures de 'potassium ou de sodium. Au mois de mars I89i2, j'ai communiqué à l'Académie de médecine mes recherches sur les ditférences qui séparent les divers iodures. Un premier fait qui me frappa vivement, c'est la proportion considérable d'iode contenu dans le sel calcique,
Aprfis
minutes.
proportion dépassant celle de tous les autres sels iodiques et bien définie par Wurtz, Voici la comparaison :
1 gr. iodure calcium contient 0,86,3 d'iode et 0,13,7 de calcium
— sodium
— potassium
— strontium
Gomme conséquence A 1 gr. d'iode correspond :
0,83 — 0,17 de sodium 0,76,4 — 0,23,0 de potassium 0,74,3 — 0,25,7 de strontium
1,15,7 d'iodure de calcium
— sodium
— potassium
— strontium
CHAP. V. — lODURES
Pourtant cette proportion si considérable d'iode n'est pas la mesure de l'activité du composé, car nous voyons les sels
Chien 10 kilog. 300. — Bulbe coupé. — Respiration artificielle. Manomètre de F.F. dans la carotide spliygmoscope îi doigt de gant sur le tube de transmission. — Injection dans la sapliène d'une solution d'iodure de sodium à 10,70 — 5 ce. par injection.
4 heures 50.
Secondes.
Sphygmoscope
Pression
Expérience montrant l'action tonique ou plutôt systolique des iodures
sur le myocarde.
(Accroissement considérable dans la force et le volume de la systole)
de sodium contenir le plus de métalloïde, après les sels de calcium. Or, l'iodui-e de sodium présente relativement
ACTION CARDIAQUE DIRECTE DES lODURES SUR LE CHIEN 99
à son iode une activité médiocre, nous verrons pourquoi.
Tous les iodures semblent devoir leur activité àTiode, bien (b) plus qu'au radical basique. 11 y a cependant à tenir compte ^mpad'une gradation dans leur activité. Si on injecte des doses qui ""^^^^^
4 injections de 5cc.
soit2gr. iodure de sodium
mmmmHMHwmmumwmm
5 heures.
font tomber la pression (de d6 à 12 centimèt. de mercure) aux 2/3 de sa valeur primitive, on voit que Fiodure de sodium et de strontium sont sensiblement moins actifs, et qu'il faut bien plus de ces sels que de ceux de potassium et de calcium pour arriver à produire des effets dépressifs. C'est aussi ce
divers iodures .
CHAP. V. — lODURRS
que l'expérience pratique m'a nettement démontré. On a tablé' particulièrement aussi sur l'instabilité des sels de calcium i pour leur dénier les pouvoirs physiologiques ; or c'est précisément l'inverse qui a iioii ; la grande lixité des iodures alca--
2 injections de 5 ce.
soit 1 gr. iodure
de sodium (en tout 3 gr.).
5 heures 15.
lins et surtout de^l'iodure de sodium leur est nuisible, tandis? que les sels de calcium en arrivant dans le sang se trouvent! pour ainsi dire dégagés de façon à laisser l'iode agir eni liberté.
lODOTHÉRAPIE
IODE. THÉRAPEUTIQUE
I. Indications pratiques des iodures dans les maladies du cœur et les artères. Dyspnée cardiaque de travail. —
Silulilitéde l'iodure est si générale dans la plupart des lésions du cœur, du myocarde et des vaisseaux, c'est que partout et
1" Indication Iode antidyspnéïque.
2 injections de 5 ce.
soit 1 gr.
entoutiigr.
5 heures 22.
toujours il rétablit la respiration si souvent en défaut, même au début des cardiopathies. Même quand la compensation paraît encore parfaite, défiez-vous de la dyspnée de travail, c'està-dire qui se manifeste par les mouvements les plus réguliers et usuels. A plus forte raison l'iode s'imposera quand la dysp-