‹ Traité des maladies du cœurChapitre 276 sur 418 · IODE COMME CARDIAQUE ET VASCULAIRE · texte numérisé non relu

IODE COMME CARDIAQUE ET VASCULAIRE

lui-môme qui souffre de celte pénurie de sang ; il dégénère et ne reprend sa texture et ses fonctions que grâce à une circulation intime plus active, c'est-à-dire à la vasodilatation iodique. La preuve qu'il en est ainsi, c'est que souvent l'angor fait place à l'asthme cardiaque qui dépend d'une même maladie du cœur. Une autre preuve de l'alliance delà sclérose artérielle avec les maladies banales du cœur, c'est qu'on voit fréquemment les accès d'angor chez les malades atteints d'insuffisance aortique. Dans ces cas l'iodure s'impose et réussit mieux que quand l'angor relève des artères coronaires. Ilfautquel'iodurationsoitforteet prolongée danslesdeux cas.

Anévrysmes aortiques. — Le corollaire de cette action vaso-motrice est dans le traitement des anévrysmes internes.

Après d'autres observateurs nous l'avons prouvée en 1888. (Âcad. 15 août); la question ne se discute plus, excepté en Amérique où on préfère la chirurgie de l'aorte ; encore à l'heure qu'il est on y fait de nouvelles tentatives d'opérations, toujours avec le plus éclatant insuccès.

L'emploi de l'iodure avait été inspiré autrefois par cette idée que l'iode fluidifie le sang. Cette idée est fausse. En est-il de mêm.e de la doctrine des guérisons des parois artérielles sclérosées, athéromateuses, calcaires? le pouvoir réducteur de l'iodure peut-il aller jusque-là? Il est certain que l'hypothèse ancienne, que l'expérience récente ont abouti empiriquement à un des plus beaux résultats de l'iodothérapie ; que ces anévrysmes soient ou non d'origine syphilitique, peu importe ; la guérison a eu lieu d'après mon expérience dans 14 cas sur 21 ; six sont devenus tuberculeux. On connaît en effet l'affinité de certaines lésions du cœur, du rétrécissement de l'orifice pulmonaire, et des anévrysmes avec la bacillose. Que l'attention dans ces cas soit sans cesse portée sur les poumons qui sont menacés et qui compromettent par un autre danger que la cardiopathie ou l'anévrysme, la vie du malade. Une ioduration à dose moyenne, mais permanente est nécessaire pour la guérison des anévrysmatiqucs. Comment arrive-t-elle ? c'est sans doute en modifiant, en lavorisaut sans cesse le cours du sang par la vaso-dilatation jusqu'à ce qu'il soit devenu régulier, malgré la persistance des lésions des parois artérielles. C'est autour que l'iodure agit, bien plus que sur l'artère anévrysmatique.

OHAP. V. — lODURES

cations puissance de l'iode va aller maintenant en diminuant

cl,™ Dans l'adipose vraie on peut encore espérer la réduction de TvZ yi f ^',^f6,du cœur comme du système graisseux en général, mus- J>iais S il s'agit d'une dégénérescence fibro-graisseuse il n'y a '^^"•e d'espoir de guérison que si elle est partielle, fragmentairecœur, dans ce cas les fibres du myocarde restées intactes se trouvent activées dans leur irrigation et dans leur fonctionnement; c'est là l'indication précieuse du remède dans les dégénérescences.

S'agit-il du cœur forcé, les résultats pourront encore être favorables, en ce sens que l'iodure relève les tissus affaiblis ou distendus du cœur.

Les arythmies avec intermittences vraies ou fausses du cœur sont tributaires de l'iodure quand elles dépendent, comme chez les vieillards, de dégénérescences partielles du cœur; l'iode fait alors marcher la réserve.

^ Les hypertrophies répugnent à l'iodothérapie; quelle que soit l'origine de l'hypertrophie, que ce soit une lésion de l'aorte, d'une artériosclérose générale, d'une atrophie des reins, l'iodure est la plupart du temps inutile, mais il ne saurait être nuisible, comme on la craint ; il ne réduit pas les fibres musculaires.

Médiocrement utile dans les cardialgies (angines fausses) où le cœur est plus souvent troublé que dans l'angine cardiaque vraie, il produit peu, si la respiration est à peine polypnéïque, si l'accès est précédé d'auras vasomo trices, c'est-à-dire de troubles vasomoteurs périphériques. Dans la maladie de Basedow, qui est elle-même une vraie vaso-dilatation mobile il est nuisible. Il ne produit rien car sur la bradycardie avec ou sans convulsions; il ne s'agit pas ici ni de relever les forces du cœur, ni de dilater les artères ; il s'agit d'une lésion grave du cœur, ou non moins grave du bulbe avec excitation des nerfs vagues: sur cette partie du système nerveux l'iode ne peut rien, pas plus que sur les graves altérations du cœur luimême.

IL Iode comme respirateur. Une autre action des iodures se rapporte à la respiration. Sous ce rapport on peut lui reconnaître deux genres d'influences qui se retrouvent à l'état rudimentaire dans l'organisme normal ; jo signale :

P L'action sécrétoire antidyspneïque de l'iode à forte dose

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