IODE COMME RESPIRATOIRE
que j'ai mise en évidence pour la première fois au mois de juillet 1877, devant l'Académie, à Foccasion du traitement ae l'asthme par l'iode, jusque-Là prescrit à des do^es mmimes et absolument inefficaces par Trousseau et Sydney-Rmger; cette action respiratoire, que j'ai pour ainsi dire révélée, et que tous les médecins indistinctement m'ont contestée pour tinir par une approbation générale quoique muette pour l'auteur, repose sur l'hypersécrétion bronchique, qui dégage les bronches encombrées par des sécrétions catarrhales, adhérentes et compactes, au point d'empêcher la pénétration de l'air dans les bronches et d'entraver les échanges gazeux entre l'air pulmonaire et l'air ambiant.
2° Action hypérémiante. L'action antidyspnéique de l'iode tient encore aune autre cause qui est d'ordre physiologique, je veux parler du pouvoir hypérémiant des organes respiratoires. La vaso-dilatation des vaisseaux du poumon existe comme pour tous les vaisseaux ; il en résulte une hypérémie pulmonaire qui lève ainsi les stases veineuses si fréquentes dans les vaisseaux pulmonaires du cardiaque. C'est donc un médicament respiratoire pour le cardiaque, un agent vaso-dilatateur pulmonaire ^ direct, aussi efficace pour le cardiaque que pour l'asthmatique. ^ C'est à la suite de ces hypérémies créées à dessein, qu'on ^voit souvent survenir de véritables hémorrhagies pulmonaires si redoutables chez les phtisiques, qu'il est pour ainsi dire impossible de continuer ce remède. Ce sont ces hypérémies qui peuvent au contraire devenir bienfaisantes chez le cardiaque ; dès que l'iode commence à agir, les accès de suffocations, la dyspnée permanente, l'asthme cardial tendent rapidement à disparaître.
II bis. Iode, spécifique de l'asthme et des dyspnées. L'iodure de potassium est le type le mieux établi des médicaments antidyspnéïques ou respiratoires ; il agit d'une manière sûre et curative dans le traitement des divers asthmes simples. 1° d'une manière aussi certaine, mais moins radicale dans les dyspnées cardiaques et dans l'asthme cardiaque. 2° Dans les dyspnées mécaniques comme celles qui résultent delà sténose trachéobronchiquc, l'effet est passager ; il est douteux dans l'asthme urémique ou rénal.
A propos de l'asthme nasal ou nasopharyngé, les opérations
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pratiquées sur la muqueuse nasale semblent devoir prendre de Innportance. A cette occasion il restera à éclaircir l'histoire de Tasthme des foins et son traitement, et à discuter divers points relatifs à l'asthme infantile, dartreux, goutteux.
Avant tout nous parlons de Tasthme que nous avons appelé pneumobulbaire c'est-à-dire nerveux et pulmonaire ; l'asthme cardiaque figurera dans l'article suivant à l'occasion des maladies du cœur, les dernières espèces d'asthmes méritent une étude spéciale, mais sommaire.
Asthme nervo-bulbaire. — 11 y a 16 ans (10 juillet 1877), je soumis au jugement de l'Académie le résultat de mes observations sur l'iodurationdesashmatiques. L'expérience réalisée sur plus de 1000 malades dont la plupart ont été suivis avec le plus grand soin, me permet aujourd'hui de confirmer de point en point tout ce que j'ai dit et écrit, et cela malgré les réclamations des partisans de remèdes secrets en Amérique et en France, malgré les récriminations d'un académicien qui me reprochait de frapper dans le tas, sans tenir compte de ces espèces diathésiques, arthritiques, scrofuleuses, herpétiques et d'autres encore. Certes et précisément pour détruire ces doctrines fantaisistes, je continuerai à frapper en aveugle et à guérir en praticien aussi fidèle que convaincu et rigoureux. N'ayant rien à rétracter, et peu à ajouter, il me suffit de rappeler sommairement le mode de traitement, et de justifier physiologiquement l'ioduration dans son mécanisme.
For- Je formule ainsi les règles et les prescriptions (a). Faire prendre à un adulte 2 gr. au moins, et 3 gr. au plusd'iodure de potassium, (b) les petites doses de 0,25 gr. ont fait échouer notre grand Trousseau. Administrer le remède dans de l'eau fraîche en 3 fois pendant les repas ; si le lait est supporté on fera prendre le lait iodé avant le repas (1 gr. par tasse), de même le sirop iodé (1 gr. par cuillerée de sirop) avec 1 /A de verre d'eau (e). L'addition de sirop diacode à quelque dose que ce soit est fort peu avantageuse, car par l'opium on contrecarre les efl'ets de l'iode ; il vaut mieux du sirop simple ou d'écorces d'oranges avec ou sans sirop de gentiane ; le sirop de fruits n'a pas d'avantages sur les autres (d). Pour éviter l'iodisme des muqueuses superficielles on a proposé d'adjoindre à la solution iodurée 5 cà 10 gr. de bicarbonate de