IODE COMME RESPIRATOIRE
soude ; je n'en ai tiré aucun avantage ; en tous les cas, il faut éviter les eaux gazeuses (GO^) et les nitrates qui contribuent sans aucun doute à provoquer l'iodisme (e). L'ioduration doit être continue; on l'interrompra tout au plus un jour par semaine (f) elle sera prolongée pour ainsi dire indéfiniment, c'est à peine si on pourra de loin en loin essayer une suspension de quelques jours quand il n'y a plus depuis un certain temps de traces de dyspnée, ni de râles, ni d'emphysème, sauf à réinstituer la cure complète et primordiale à l'apparition d'un de ces trois signes, (g) Interrompre le traitement au moment des règles si elles sont abondantes, (h) Le supprimer s'il survient un iodisme pulmonaire hémorrhagique. (i) Surveiller les fonctions de l'estomac et de l'intestin, l'anorexie surtout devient parfois redoutable par sa prolongation et son intensité ; une cure lactée froide ou bien chaude, ou bien encore le bouillon tiède avec la viande crue finement divisée deviennent parfois nécessaires pendant quelques jours ou quelques semaines, pour éviter l'inanition et l'amaigrissement qui en sont la conséquence; ces incidents finissent par céder, souvent même sans qu'on soit obligé d'interrompre le traitement médical, (k) L'iodurede calcium ménage bien mieux l'estomac que tous les autres iodures.
Gomment l'iodure quel qu'il soit, administré avec les (i)
]VIéc3.~
précautions et les soins indiqués peut-il et doit-il agir? On nisme peut dire qu'il exerce des fonctions respiratoires multiples, (a) ^comme^ 11 favorise d'abord manifestement l'hypersécrétion bronchique ^.^^qP^ encongestionnantles bronchespar la vasodilatation de ses artérioles. Ainsi il agit avant tout en fluidifiant l'exsudat concret qui encombre les bronchioles, au point de gêner la pénétration de l'air dans les bronches et d'entraver les échanges gazeux entre l'air intrapulmonaire et l'air ambiant. L'exsudat qui se traduit par les râles sibilants secs, généralisés, par la suppression du murmure respiratoire et une dyspnée formidable, ne tarde pas à se ramollir par suite de l'hypersécrétion muqueuse dans toute l'étendue des tuyaux bronchiques, ainsi qu'en témoignent les râles devenus humides, la réapparition du murmure respiratoire et la diminution de l'oppression. On s'explique ainsi la supériorité des iodures sur les narcotiques qu'on prescrit souvent dans le but de faire cesser le spasme des bron-
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ches et qui en réalité ne font qu'enrayer les sécrétions.
(b) Outre cette action secrétoire, l'iode présente une propriété non moins importante, c'est d'agir comme antidyspnéïque dans les suffocations asthmatiques avant qu'on ne perçoive distinctement la cessation des râles visqueux.
Les malades accusent souvent dès ce moment une sensation de bien-être, une satisfaction plus complète du besoin de respirer, la cessation de la soif d'air; ils respirent plus librement ipso facto.
L'iodure semble en effet agir doublement sur le système nerveux de la muqueuse pulmonaire, d'abord directement sur le revêtement interne pour en atténuer l'impressionnabilité ; l'immunité sous ce rapport s'observe surtout sur les malades au fur et à mesure que l'ioduration est plus complète. D'autre part, son action s'exerce sur le centre respiratoire, dès qu'il est dans un état d'excitabilité morbide, acquise ou héréditaire, directe ou réflexe, s'il arrive à être irrigué par un sang asphyctique comme il le devient dès les premières atteintes de la dyspnée asthmatique, l'iode imprime à la circulation locale du bulbe une activité considérable par suite de la vaso-dilatation des artérioles bulbaires. Dès lors le sang devient moins veineux, plus vivifiant, de telle sorte que le centre respiratoire recommence à fonctionner régulièrement par suite de l'afflux d'un sang plus abondant et plus normal qu'il ne l'était au début de l'asphyxie.
Pour toutes ces raisons qui se résument dans la vaso-dilatation nervo-centrale et nervo-pulmonaire , on voit la dyspnée cesser dès que l'iode a commencé à agir. Comme c'est universellement admis maintenant après 13 ans de lutte, nous avons là le spécifique de l'asthme. Outre l'action vaso-motrice, l'iode exerce sans doute aussi un effet direct sur l'encéphale, mais cette question n'est pas résolue. Asthme Depuis plusicurs années l'asthme nasal ou naso-guttural a cherché à détrôner l'asthme nerveux ou plutôt à le dominer par l'action réflexe, asthmatogène que les lésions diverses, les polypes, les sténoses des cornets, les adénoïdes de la gorge exercent sur le système nerveux respiratoire. C'est une découverte importante, mais singulièrement exagérée. Sur 579
naso guttural.
lOUE ANTIASTHMATJgUK
Asthme
cas d'altérations nasales Lumble (M. 90 ) n'a trouvé que
71 cas de phénomènes asthmatiques. Inversement si on recherche le nombre des nasogutturaux. chez les asthmatiques, on est étonné de leur rareté, et plus encore de l'inutilité curative des cui-ettages ou d'autres opérations pratiquées sur la muqueuse pituitaire. Il m'est arrivé bien des fois de voir des asthmatiques pourvus de polypes nasaux parfaitement opérés et exonérés du côté du nez, et restant aussi asthmatiques qu'auparavant. A ceux-là il suffit du traitement régulier par l'iodure, mais il faudra au préalable chez tous procéder à l'examen des fosses nasales et aux pratiques chirurgicales qui sont indiquées souvent de la manière la plus confuse.
L'asthme nasal a été invoqué aussi pour l'explication de lasthme des foins; et cela d'autant plus énergiquement qu'en *^des effet les accès débutent presque toujours par l'irritation des narines; l'attaque de coryza est même souvent la manifestation unique de cet asthme qu'on rattache généralement à un microbe encore à naître, à des pollens discutables qui ont été découverts par l'homéopathe Blakley. Partant de ces idées microbiologiques et végétales on a imaginé dans ces derniers temps la cocaïne , dont on dit merveille ; l'injection nasale d'une solution à 5 0/0 à une dose qu'on n'a jamais pu préciser, et dont on n'a jamais pu calculer la diffusion ou l'absorption a donc été considérée comme un article de foi. Or, je n'hésite pas à déclarer et l'inutilité et surtout le danger de cette pratique ; les exemples d'intoxication cocaïque par les narines abondent dans la science. En regard de cette médication et d'autres antiparasitaires l'iodothérapie devra prendre ou reprendre le premier rang. J'ai dans ma pratique 6 cas de hayasthma parfaitement caractérisés, ni diathésiques, ni arthritiques, ni nerveux comme on l'a proclamé, que j'ai traités pendant tout le printemps ou l'été dès les premiers accès, et guéris définitivement au bout de deux années sans récidive.
Un autre genre a pris naissance dans ces derniers temps ; 2" c'est l'asthme ganglionnaire où l'engorgement des glandes du médiastin, et à la compression qu'elles exerçent sur le nerf sanfUon pneumogastrique ; les observations qu'on a produites à l'appui ne m'ont pas convaincu de l'existence d'accès, de suffocations, tandis qu'il n'est pas rare de voir dans ces lymphadé-
nairo .
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nomes, une dyspnée conl inue avec toux; et d'autres redoutables accidents, de compression veineuse entr'autres qui n'ont aucun rapport avec l'astlime véritable.
Asthme L'asthme infantile ne didere en rien de celui de l'adulte ; il infantile y a 10 ans quand j'ai établi la grande fréquence de l'asthme chez les enfants, l'étonnement fut «fand ; or c'est là une maladie jeune contrairement à l'asthme vieux qui avait cours dans l'opinion publique, et qui en réalité n'est qu'une maladie cardio-vasculaire. L'asthme puéril réclame l'ioduration qui réussit parfaitement, à la condition qu'on mesure bien la dose et la prescription ; avec 1 gramme par jour on arrive à de
Asthmes
bons résultats. Il est à noter que les enfants asthmatiques Set souvent dartreux ou eczémateux ; ne vous préoccupez pas
daitreux de ces éruptions dont on craint vulgairement la répercussion; passez outre, et donnez l'iodure qui fera disparaître les deux affections et frappez dans le tas malgré la grande colère de l'académicien de 1878 qui ne trouvait plus à catégoriser des asthmes et à en faire la sélection pour les eaux minérales, sa patrie d'adoption.
3-' A côté de l'asthme dartreux qui est relégué aujourd'hui dans Asthme les afïections hypothétiques, figure le véritable asthme goutteux teux, celui-ci a du moins pour lui les autorités cliniques les arthri- plus considérables (Musgrave, Garrod, Trousseau), si bien qu'asthme tendait à être synonyme de podagre, comme aujourd'hui d'arthritisme. Mais quand on y regarde de près on s'aperçoit avec stupéfaction de la rareté et de l'instabilité de cet asthme, qui repose sur l'uricémie, c'est-à-dire sur un excès d'acide urique dans le sang, ce qui est absolument mis en doute par les recherches chimiques récentes. On peut se convaincre en outre que s'il se produit, non seulement il ne se distingue par aucun signe de l'asthme bulbaire, mais on se demande si c'est chez un goutteux ou parce qu'il est goutteux. Il n'y a que l'alternance entre la goutte externe et la goutte pulmonaire qui permette de donner à l'asthme son extrait de naissance. Quand la goutte reste latente, alors on remonte aux ancêtres, et aux antécédents de jeunesse, aux luxures de toute espèce pour attribuer à l'asthme son caractère arthritique. Je résume la question ; l'asthme nervobulbaire n'est pas plus fréquent chez les goutteux que chez les individus
IODE ANTIASTHMATIQUE
sans tare ni dégénérescence ; mais ce qu'il est important de savoir à ce sujet au point de nous inspirer la plus vive défiance, c'est qu'il est perfidement le signe d'une affection cardiovasculaire (voir l'article IV du tome 1) ou bien le résultat du catarrhe bronchique, lequel est en efTet fréquent, tenace sous la forme de catarrhe sec, chez les goutteux et parfois en alternance intermittente avec la manifestation articulaire. De cette longue discussion il ressort que le goutteux asthmatique sera traité par Tiodure comme un asthmatique bulbaire et vulgaire, ou bien comme un cardiaque, ou comme un simple bronchitique ; dans les trois cas, quel que soit l'état des jointures,riodure trouvera son application ; il n'y aura de difficultés que dans l'état de l'estomac goutteux si délicat à manier ou parce qu'il est habitué à une alimentation de luxe, ou parce qu'il est épuisé et arrivé à la dyspepsie, à la gastrite chronique.
Asthme diabétique. Les mêmes réflexions s'appliquent à 4 l'asthme dit diabétique. Ici il faut se défier de l'artériosclé- ^s^J^e rose, de l'état du cœur, comme chez les goutteux, surtout de que. la tuberculose qui épargne ceux-ci et frappe si souvent le diabétique dont le sang sucré constitue un milieu de culture trop admirable pour le bacille tuberculeux. Le traitement ioduré dans tous ces cas doit être mitigé et très surveillé ; le cœur elles artères des diabétiques ne se modifient que lentement, difficilement sous l'influence de l'iode ; le poumon des diabétiques s'oppose formellement à l'emploi de ce remède, qui détermine si facilement l'hémoptysie des pulmonaires, surtout des phtisiques diabétiques dont le sort est malheureusement jugé.
De même que l'asthme a longtemps figuré dans les rangs 5 delà goutte, il tend aujourd'hui à s'enrégimenter dans ceux ^l^'Jf de la famille névroasthénique et hystérique. Puisque l'asthme ^asthé dit-on est une névrose bulbaire, pourquoi ne pas généraliser la question et pourquoi ne pas admettre qu'il constitue une des formes, une des variétés de la grande névrose du système nerveux central ou périphérique. Une fois entré dans ce domaine universel il devra être traité comme une migraine, comme une névralgie, une dyspepsie nerveuse, une cardial- •gie, etc. On sera conduit ainsi à l'emploi des remèdes névroti-
nique.
lUDUHES
ques, des antispasmodiques, des toniques ferrugineux ou autres, de riiydrolhérapie. Or tous les malades que j'ai vu soumettre à de pareilles médications n'ont pas manqué de voir leur mal s'aggraver, de passer à la bronchite permanente, à l'emphysème général, c'est-à-dire de subir toutes les suites matérielles, organiques de l'asthme, qui devaient rester à l'état riidimentaire. Que l'asthme existe chez une ou un hystérique chez le ou la névroaslhénique, ou bien chez un athlète, les signes sont les mêmes ; le pléthorique est aussi névrobulbaire que la femme réduite aux dernières ressources de la neurasthénie ; le traitement ioduré devra être exactement le môme dans ces conditions si diverses, les seules différences qui s'observent comme seméiologie et s'imposent comme thérapeutiques, c'est que l'hystérique a un redoublement de dyspnée qui va souvent jusqu'à une formidable cyanose ; c'est une raison déplus pour imposer le traitement avec autorité et d'urgence l'iodothérapie. Une autre particularité intéressante est celle-ci : on voit des asthmatiques hystériques qui sont momentanément débarrassés de leur accès par une attaque d'hystérie ; mais rien ne s'oppose au retour des attaques et d'asthme et de convulsions, si on n'insiste pas sur l'iodure et encore sans aucun mélange de bromure, qui est antagoniste du premier.
(6) Un autre problème à résoudre se rapproche de la question de réaèfe l'action nôvropathique générale ? La loi des actes réflexes
g.^s- devait venir compléter celle des névroses centrales ; et comme
trique, i • • j •
ovaro il existe de vrais asthmes réflexes comme celui qui doit son utérin. Qpjgjjjg lésions nasogutturalcs, on a admis un asthme réflexe provenant de l'estomac, ou même de l'utérus.
A en juger par mon expérience, je conserve des doutes sur ce genre d'aff"ection; la coïncidence de la guérison de l'asthme ou plutôt de ses accès avec la disparition d'une tympanite stomaco-intestinale, ou d'une salpingite ne m'inspire qu'une confiance limitée et temporaire. Il faudra sans doute revenir au traitement ioduré quand même.
(7) Jusqu'ici nous avons étudié cliniquement les indications de SïTa- l'iodure dans les diverses espèces d'asthme. Il s'agit maintetiques Qa,nt de décomposer l'asthme bulbaire dans ses éléments fondasitoires. mentaux pour savoir auquel ou auxquels s'adresse l'iodure. Il