NITROGLYCÉRINE
(( calme, et comme précisément il produit une forte diminu- « tion de la pression sanguine, il y a par cela même beaucoup « à craindre, et beaucoup de précautions à prendre. »
Art. I bis. — Nitroglycérine.
Historique. Lanitro glycérine dont on a changé le nom en trinitrine pour ne pas effrayer les malades, et que les homéopathes avaient depuis longtemps dans le même but déguisée sous la dénomination de glonoïne, n'est autre chose que la substance fulminante découverte par Sobrero en 1841, puis étudiée par Williamson, surtout par Berthelot et Sarrau ; au point de vue de son pouvoir explosif la dynamite est tout simplement cette nitroglycérine mêlée à une substance inerte, poreuse, comme la brique pilée, la silice, la sciure de bois.
C'est un homéopathe qui le premier employa la glonoïne, et dont il est inutile de livrer le nom à la postérité. Puis la nitroglycérine fut préconisée dans le traitement des névralgies rebelles en 1839 par L. Brady (Liverp. Méd. ch. 7^) qui après l'administration de deux gouttes de la solution alcoolique de nitroglycérine au centième observa des effets si foudroyants' cactérisés par la perte de connaissance, les convulsions et une respiration stertoreuse, qu'il en fut effrayé, et au lieu d'y renoncer, il réduisit la dose maxima à une goutte. Mais, fait incroyable, à la même époque Vulpian, (gaz.hebd.de médecine 1859) put faire avaler impunément à un jeune chien, de 0. 90 jusqu'à 4 grammes de nitroglycérine, sans observer le moindre effet toxique. Le poison tomba ensuite dans l'oubli pendant 16 ans ; Bruel en France (thèse de Paris 1876) en dénonça à nouveau les effets convulsivants ; ceci, n'empêcha pas Murelen 1879 (Lancet 1879) d'en préconiser l'emploi dans l'angine de poitrine, dont il rapporte une observation plus que douteuse, suivi dans la même voie par Craigh (Glasg. méd, 1881) Farquhar (the. med. gaz. 1882) et . M. Call Anderson (Glasg. méd. jl. 1882).
Ils ne connaissaient pas Bruel, et ils oublièrent Martindall qui en 1880 (Pract. jr. 1880) avait déjà signalé les insuccès en Allemagne et en Suède et surtout ses propres tentatives. « Dans trois cas, quelques gouttes suffirent pour amener à la
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VASUMOTEURS
mort par intoxication. » Il semblait que ce drame dût servir d'avertissement. 11 n'en fut rien. En 1883, Huchard (Bulletin génér. de thérap . 30 av. 1883) formule les propositions suivantes : (Voir aussi thèse de Marieux 1883) La trinitrine à la dose d'une à dix gouttes (notez bien cet écart) de la solution produit chez l'homme un choc cardiaque fort et rapide, les artères battent avec violence, souvent irrégulièrement, le pouls s'accélère et devient parfois dicrote, la tension artérielle diminue la face est rouge, vultueuse ; tous ces phénomènes sont dus à une paralysie des nerfs vaso-moteurs, laquelle produit aussi de la céphalalgie, la confusion dans les idées, des bourdonnements, des vertiges, de l'amblyopie.
Thérapeutique. La trinitrine peut d'après Huchard, rendre des services dans les anémies cérébrales, et surtout dans les angines de poitrine ; « mais dans la plupart des cas le nitrite d'amyle est de beaucoup préférable à la nitroglycérine ». Voilà l'exacte vérité : (Mon. 1890) Malgré Murrel, Huchard a pu, d'après cela, récuser avec raison les applications de ce poison hémique aux maladies de l'appareil respiratoire, comme le voulait Korcinski, aux maladies du rein, comme l'indiquait Mayo-Robson, à l'épilepsie qu'une fausse théorie attribuait à l'anémie cérébrale et rendait ainsi tributaire delà dynamite. (Hammond, Green, Bourneville). L'énoncé physiologique et thérapeutique de Huchard, de Bourra (Bulletin thér. mai 1883) et de Dujardin Beaumetz, se trouve condamné par ce seul fait indiqué par tous les auteurs : le sang devient noir, couleur de chocolat, la métahémoglobinese développe au détriment de l'oxyhémoglobine. Dans les autres maladies du cœur que l'angine de poitrine, la nitroglycérine a été tentée en général par Green pour diminuer la tension artérielle et faciliter aussi l'action du cœur. Huchard est encore opposé et avec raison ; toutes ses visées son! contre l'angor pectoris et là l'amylnitrite est incontestablementsupérieur,surtout moins dangereux.
Art. I ter. Nitrite de Sodium. Nitrate de Glycérine.
Je pensais que la question était jugée mais voici de nouvelles tentatives et des essais de nouveaux produits.