NITROGLYCÉRINE
M. Hay préconise un nouveau composé. Nous savons que la nitroglycérine n'est plus comme on le dit dans certains traités de l'angine, un nitrite ; c'est un nitrate? de glycérine, ou plutôt un trinitrate de glycérine. Le poison tout aussi périlleux de M. Hay est le nitrite de sodium. (Practit. mars 1883, et D. méd. Woch. 1884 n» 28 p. 441) qui doit son action au nitrite, comme le nitrite d'amyle, et a sur celui-ci l'avantage de pouvoir être continué dans l'intervalle des accès, pour les prévenir ou les éloigner. La formule est celle ci : 0, 06 à 0,12 àprendre en solution 1/100, à la dose de quelques gouttes à Taproche des accès. Les autres nitrites (aethylnitrite, méthylnitrite) présentent dit Hay, le même effet et différent totalement des nitrates; c'est l'acide nitreux qui agit.
La nitroglycérine agit autrement en apparence seulement ; par son contact avec les liquides alcalins comme le sang, elle se décompose en acide nitreux, et non, comme on Fa dit, en un nitrate alcalin et glycérine ; il ne se forme pas de glycérine ; les 2/3 de l'acide nitrique de la nitroglycérine se trouvent réduits à l'état d'acide nitreux c'est l'inverse de l'opinion nouvelle. Mais comment se fait-il que la nitroglycérine se trouve plus active qu'un nitrite alcalin ? La dose habituelle de nitroglycérine est un 25^ de centigramme ou 0.0006 gram. 1° elle n'est pas décomposée par l'acide libre de l'estomac comme le nitrite alcalin, et c'est pourquoi il ne se produit rien comme résultat de désagrégation par le contenu stomacal ; la totalité du nitrite arrive dans le sang, 2° la nitroglycérine est sans doute décomposée surtout là où a lieu la destruction du tissu, là il est à l'état naissant. Mais tout ceci est hypothétique et n'enlève rien au mérite du nitrite d'amyle.