CHLORAL
Lorsque le chloral est administré dans un liquide assez abondant ou dans un sirop, à la dose d'un gramme par dose de 2 gram. par jour, on évite généralement les accidents primitifs ou gastriques, on obtient des effets nerveux voulus, mais il y a toujours de graves et fâcheux effets sur la circulation.
Pour arriver au mode d'administration le plus utile et le plus inoffensif du chloral, il importe de ne pas le prescrire avec les liquides alcooliques, avec les teintures, quand surtoutla préparation contient des bromures de potassium ou de sodium; si la quantité d'alcool ne domine pas, on a une alcoolature de chloral. Ne prescrivez paslechloral avec l'antipyrine, àcause de la formation d'un trichloraldéliyde-phényl-diméthyl-pyrazol. Un autre mélange de chloral, qu'on a souvent vanté pour favoriser l'action de la morphine doit inspirer également une grande réserve.
Absorbé par le tube digestif dans les conditions indiquées, le chloral ne tarde pas à produire ses effets physiologiques sur le cerveau surtout ; mais la plus grande partie n'arrive pas jusqu'à cet organe; il se transforme rapidement dans les tissus corporels en acide urochloralique ; c'est ainsi qu'il s'élimine par les urines. Mais une .partie de la dose ingérée ne se retrouve sous aucune forme nulle part; est-ce la partie qui étourdit l'encéphale, est-ce la partie visée par Liebreich, qui, à l'aide du sang alcalin agit et se dédouble en formiate alcalin et en chloroforme. Toujours est-il que l'acide urochloralique se dédouble lui-même par la coction avec des acides, en acide glijcorunique et en irichloréthyl-alcool. L'acide glycorunique, substance sirupeuse est un dérivé du sucre ou duglycogène qui dans l'organisme se combine (se couple) aux divers médicaments lors de leur passage par l'organisme. Cette substance donne toutes les réactions du sucre par voie de réduction.
Comme la plupart des principes hydrocarbonés, surtout les principes chlorés, comme les aldéhydes, les alcools et les éthers de la série grasse dont le chloral fait partie, le chloral a des propriétés sommifères par lui-même, sans qu'il soit nécessaire de faire intervenir le chlorol'orme.
Après la dose moyenne indiquée, il se développe au bout de 5 à 30 minutes, un sommeil qui ne diffère du sommeil normal
Mode d'administration.
Elimination en acide urochloralique.
Action sur
l'encéphale et le système
nerveux
ClUP. V BIS.
— SÉRIE DES VASODILATATEURS
Action sur le bulbe,
les centres vasomoteurs.
Chloral :
poison du cœur.
que par une diminution de la respiration et de Taction cardiaque. Avec une dose de 4 à 6 gr. le sommeil devient plus profond au point d'éteindre complètement l'irritabilité réflexe, de telle sorte qu'il faut une irritation de la muqueuse nasale pour provoquer une inspiration marquée ; ces doses déterminent alors une dilatation des pupilles qui avaient été fortement rétrécies par les doses minimes.
Le réveil n'est pas marqué comme après Vopium par le mal de tête, le malaise et surtout les vomissements qui sont rares ici ; mais aussi le chloral n'a pas l'avantage, comme l'opium, de remplir des indications spéciales comme de supprimer sûrement les douleurs, et surtout les états dyspnéïques auxquels le chloral ne remédie en rien, même à forte dose.
En fait le chloral agit comme l'alcool éthylique en ce sens qu'il supprime d'abord les fonctions de la substance grise des hémisphères cérébraux, puis celle de la moelle épinière, et finalement celles de la moelle allongée.
De même aussi que l'alcool, il agit énergiquement pour abaisser la pression du sang, le pouls étant d'abord accéléré, puis abaissé au fur et à mesure que se prononce la dépression dans le système aortique.
Cœur, Si oninjecte au chien une solution concentrée de chloral dans la veine jugulaire, le cœur cesse débattre, et dans ces cas son action s'éteint avec la respiration. Chez la grenouille, le cœur s'arrête en diastole, et le silence s'établit même lorsque le cœur est séparé des nerfs vagues, dont l'excitation ne saurait être invoquée pour expliquer l'arrêt. D'après cela le chloral agit directement sur les centres nerveux du cœur, ou sur le cœur lui-même. C'est un poison du cœur.
Centres vaso-moteurs. Ce qui est plus évident encore c'est que l'exci tabilité des centres vasomoteurs disparaît(Heidenhain , Rokitansky) totalement, et cela sans que les nerfs périphériques, sensibles ou moteurs soient atteints (Rajewsky).
Anémie cérébrale. Cette paralysie des centres vaso-moteurs retentit sur les artères périphériques ; de là une anémie cérébrale ; plus tard la paralysie artérielle marche de pair avec l'augmentation de volume de l'encéphale (Capelli et Brugra).
La respiration se ralentit chez l'homme comme chez les animaux ; par des doses fortes,elle devient irrégulière et très su-