DES SOUFFLES CARDIAQUES
présystolique, que l'insuffisance mitrale donne heu aux sons les plus variés de la systole, que les bruits anémiques sont généralement plus doux que les bruits valvulaires, et qu'enfin il y a des bruits perceptibles à distance qui se retrouvent dans des conditions très diverses (Hochmeyer, inZ. f. kl. Med., t. XIV).
e. Valeur des souffles. — On a attribué aux souffles une grande valeur diagnostique et même pronostique, mais à cet égard on a commis différentes fautes : 1" lorsqu'il existe un souffle, on s'empresse de conclure à une affection valvulaire, c'est la conséquence ou la synonymie, tandis que le souffle peut provenir d'une dégénération du myocarde ou d'une hypertrophie simple ou hypercavi taire, sans qu'il y ait la moindre défectuosité anatomique des orifices ou des valvules. Dans ces cas il existe ordinairement une insuffisance relative des valvules mitrales ou triglochines, une insuffisance fonctionnelle que nous allons préciser ; 2" si les souffles manquent, il semble que leur absence doive faire écarter l'existence d'une maladie du cœur ; et il est des médecins qui ne consentiront jamais à admettre un pareil diagnostic si l'auscultation ne fournit pas ce précieux témoignage d'acoustique; c'est précisément contre cette croyance trop répandue que nous avons fait il y a cinq ans avec Labadie-Lagrave notre livre sur les maladies frustes du cœur, caractérisées uniquement par les troubles fonctionnels du cœur ou des organes qui en dépendent le plus directement; mais nos longs avertissements n'ont pas porté ; on laisse périr le malade sans savoir ni ce qu'il a, ni ce qu'il faut lui faire, silo cortège des signes fonctionnels cependant si péremptoires n'est pas au complet, et surtout si le souffle n'est pas là. Les souffles ont en général une signification précise quand ils existent; mais s'ils disparaissent après avoir été très nets il ne faut pas s'en réjouir, car c'est souvent par suite de la faiblesse du cœur ; si enfin ils manquent absolument il ne faut pas davantage s'en féliciter, car les dégénérescences les plus graves et
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môme mortelles ont bien souvent évolué sans jamais réveiller le moindre bruit anormal; 3" une troisième erreur provient de la pérennité du souffle, à laquelle on attribue de funestes présages; or vous verrez chez les enfants et les adolescents des souffles les plus bruyants persister pendant de longues années, pendant un quart de siècle sans troubler en quoi que ce soit la vie des malades ; il leur suffit de quelques précautions que je signalerai à l'occasion de l'insuffisance aortiquc et du rétrécissement mitral; ce sont en sens inverse des maladies frustes sans souffle, des maladies frustes sans trouble fonctionnel (voir chapitre m).
Cela dit, n'oublions pas que les souffles sont souvent difficiles à distinguer des bruits naturels qui ont, comme nous l'avons dit, l'origine suivante : le bruit systolique de la pointe est un claquement valvulaire et un ton musculaire; le deuxième oudiastolique est, dit Franlzel,un hruil propagé des deux grosses artères à l'orifice mitral. Le ton systolique des grosses artères est formé par les oscillations de la paroi aortique très élastique et subitement tendue ; enfin le ton diastolique des valvules semi-lunaires est fourni par ces valvules elles-mêmes.
§ 3, — Causes patliologîqwes des souffles cardiaques.
Les souffles sont dus à diverses causes qui aboutissent toutes à un efl"et commun, c'est la formation d'ondes en tourbillon dans le sang.
Le cas le plus simple se trouve dans le rétrécissemenl. milral; ici i\ s'agit de l'application immédiate de la loi de physique en vertu de laquelle l'augmentation ou la diminution subite du diamètre transversal d'un tuyau qui livre passage rapidement à un liquide, détermine au point de transition un remous.