CHAP. VI TER. — ANTIDIGITALIQUES
infiniment moins marquée, l'action du cœur se modifie peu par 1 atropme, et les effets paralysant de ce poison cessent rapidement ; Il en est de même chez le cobaye, le rat II est à remarquer que la paralysation peut être précédée passagèrement d un léger ralentissement du pouls, surtout à la suite de 1 emploi de 1 hyoscme (Gnauck), que la paralysation par l'hvoscyamme est moins durable que par l'atropine, que l'homatropme compromet moins les terminaisons du vague, et la duboisme plus que ne le fait l'atropine.
D'après ce qui précède tous ces poisons semblent devoir trouver leur application chaque fois qu'il existe un ralentis sèment par excitation du pouls dans le cerveau, chaque fois que la pression vasculaire est abaissée, et qu'un danger menace amsil'organisme. Lorsque chez l'homme on obtient par la compression des carotides un ralentissement considérable du .pouls, il suffît de faire d'après Bernabei une injection sous-cutanee d'un milligramme d'atropine (cette dose est évidemment exagérée) pour faire cesser ce ralentissement, et pour obtenir unerapide paralysie de ces nerfs vagues. Ce sont là des applications pratiques au cœur. A un antre point de vue quand il s'agit d'empoisonnements par la muscarine (les champignons) par la pilocarpine, le chloral, l'acide prussique, l'aconitine, dans tous les cas où l'action du cœur est ralentie l'atropine trouve son emploi ; mais il est plus que probable que son utilité se manifeste surtout par son action sur la respiration. Inversement l'intoxication atropique peut être modifiée avantageusement par un autre poison, Fésérine.
r. La pression du sang, chez les mammifères, s'élève sûrement par des petites doses d'atropine, en partie par suite de la paralysie du vague, en partie aussi par une action directe sur les vaisseaux; nous avons avec Meuriot démontré en 1868 que l'atropine détermine la contraction des artérioles, soit par une excitation directe des appareils nerveux situés dans la paroi vasculaire, soit par l'action du centre vaso-moteur.
Albertoni a prouvé plus tard de son côté que l'atropine resserre les vaisseaux de l'encéphale ; Jones soutient la même idée (An. jl. 1881) et il croit que c'est cette contraction artérielle qui favorise les hypérémies veineuses dans l'encéphale. Mais de grandes doses abaissent la pression par suite de la