‹ Traité des maladies du cœurChapitre 311 sur 418 · OHAP. VII. — III8 SÉRIE DIURÉTIQUE OU CAFÉÏQUE · texte numérisé non relu

OHAP. VII. — III8 SÉRIE DIURÉTIQUE OU CAFÉÏQUE

très facilement en caféine ce qui n'est pas indiqué encore dans la pharmacopée officielle de l'Afrique centrale.

4° Maté. - En 1843 Stenhouse signala la caféine dans le thé du Paraguya (aquifoliacés) ; ce thé appelé maté vaut bien la kola, bien que plus modeste.

5° Paullinia. — Cette plante en contient plus que les plantes indiquées ; elle compte jusqu'à 5 p. c. de caféine.

Au résumé on peut et on doit se passer de toutes ces préparations, en faveur de la caféine sous forme de salicylate ou de benzoate, qui permet au médecin de savoir ce qu'il fait, et ce qu'il ordonne, au lieu des drogues préconisées parles savants antiphysiologiques.

Art. III. — Série xanthique. Théobromine.

Nous pouvons dès à présent aborder un problème des plus intéressants, c'est l'étude comparative des principes de la série chimique, dont la caféine ressortit. Nous savons qu'en partant de la xanthine, on obtient, outre la paraxanthine, une diméthylxanthine,qui est la théobromine, et un triméthyixanthine qui est la caféine.

I. Xanthine et paraxanthine. — On n'a pas fait d'expériences sur la xanthine, mais Salomon a reconnu à la paraxanthine (Clblatt. 1889 no 22) le pouvoir de produire une action centrale et une action périphérique ou musculaire ; la substance musculaire chez la grenouille verte se durcit au contact de la paraxanthine, ou par l'injection ; les mouvements deviennent lents, comme ceux de la tortue, et les membres durs comme du bois. L'excitabilité réflexe diminue. La vie s'éteint malgré la persistance des battements énergiques du cœur; c'est là un fait important qu'on retrouve aussi par la caféine et la théobromine.

Chez les mammifères, la caractéristique est la parésie des membres postérieurs et l'augmentation considérable de l'excitabilité réflexe jusqu'à la production du tétanos.

IL Théobromine. — La^théobromine agit sur les muscles la grenouille plus activement que la caféine et sans produir»' les manifestations d'excitation des centres, Filehne a bien noté ce fait. Schroder l'a observé sur le lapin qui ne meurt

TlIlîOBROMINE

que par une dose 5 à 0 fois plus forte que par la caféïne, ranimai ne présentant des convulsions que si on l'empoisonne rapidement par cette théobromine. Tandis qu'avec la caféïne paraldéhydée on obtient un effet diurétique d'un p. c. du poids corporel, on arrive à 10 p. c. d'urines par la théobromine et cependant l'animal ne présentait pas de trace d'intoxication ; de plus la diurèse théobromique dura 20 heures au lieu de 6 heures pour la caféïne. Elle commence au bout de 3 à 4. heures, et tout en exigeant 4 à 5 fois plus de médicament ne présente aucun inconvénient.

1" Elle a donc l'avantage de provoquer la diurèse sans qu'on y ajoute un narcotique. 2° Elle ne produit, même en déterminant une forte diurèse, pas le moindre signe d'intoxication. 3° ses effets diurétiques sont plus marqués que par la caféïne. 4» Ils sont plus durables. Cela est vrai surtout pour les reins des lapins, et sans doute pour les reins de l'homme qui présentent quelque analogie avec les précédents.

Mais ne nous y trompons pas ; il y a de graves inconvénients.

La fameuse diurétine de Knoll n'est autre chose que du salicylate de théobromine; ce produit est seul soluble, et la théobromine seule n'est ni soluble ni supportée. Je l'ai employée il y a 7 ans déjà, bien longtemps avant les soi-disant inventeurs ; elle trouble profondément les fonctions digestives; elle épuise les ressources pécuniaires et naturelles du malade (3 fr.legram.;soit à 3 gram.parjour2ofr.) C'est une mystification que d'en préconiser l'emploi. Les expériences faites sur les malades privilégiés des hôpitaux allemands, sont d'ailleurs insignifiantes, et les résultats ont été dangereux. Des troubles sérieux sont parfois survenus du côté du cœur.

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