CHAPITRE VII {bis
TYPE CAFÉÏQUE (suite)
Art. IV. — Lactose. Lait.
Le lait est connu de temps immémorial oomme le diurétique le plus puissant et le plus inofïensif, à la condition que les cardiaques auxquels il s'adresse principalement aient leur estomac en bon état de fonctionnement et leur suc gastrique en bon état chimique, c'est-à-dire chlorhydrique.
Le lait comme aliment a été jugé dès les premières pages de ce livre ; comme diurétique il devra subir une critique, car s'il n'est pas digéré, il devra être remplacé par l'élément diurétique proprement dit, par la lactose que nous avons signalée en juin 1889, étudiée depuis ce temps dans tous ses détails physiologiques, dans tous ses effets thérapeutiques, sans qu'il y ait rien à retrancher ni à ajouter. La lactose possède à elle seule le pouvoir diurétique du lait, et à ce titre elle est au premier rang dans la série diurétique, dont la cafeïne est le type.
La lactose (G 12 H 22 0 11 -f H 20) forme dans le lait le seul sucre, le seul hydrate de carbone, et s'y trouve dans la proportion de o à 4, 8 0/0 pour le lait de vache. On l'obtient en ajoutant au lait de vache la présure qui précipite la caséine et la graisse ; le liquide filtré se cristallise, et cette substance cristallisée qui est soluble dans 6 parties d'eau froide, peu soluble dans l'alcool, présente un goût moins sucré que le sucre de canne ; dissous dans l'eau chaude il dévie le plan de polarisation adroite. Si la solution est traitée par l'acide chlorhydrique ou sulf'urique faible, il fournit un sucre plus polarisant à droite et directement fermentescible par la levure, c'est la galactose, et en même temps du sucre do raisin. (Miink\ Lorsqu'on chauffe le sucre de lait avec les alcalis, il brunit
LACTOSE
comme le sucre de raisin, il réduit l'oxyde de cuivre (réactif de Trommer), et son pouvoir de réduction est une fois et demi plus marqué que celui du sucre de raisin. Enfin lorsqu'on laisse pendant h jours en contact 40 gram. de sucre de lait avec 500 gram. de solution de soude â 5 0/0 à 35 degrés, il se forme de l'acide lactique, tandis que le sucre de canne, la mannite et l'inosite placés dans de pareilles conditions ne produisent rien de semblable.
T. Combustion ou élimination. Le sucre de lait (qui peut.se produire aux dépens des albuminates du régime ou du lait) subit dans l'économie, s'il est pris h fortes doses, une destruction complète ; une combustion en CO^ et en eau ; aussi il ne reparait pas dans les urines ; ceci dépend de ce que la résorption du sucre se fait lentement, qu'il se détruit lentement aussi dans les tissus, et que la teneur du sang en lactose n'est pas suffisante pour qu'une partie en passe comme telle dans les urines. Donc, s'il n'est pas éliminé, il sert d'aliment.
L'homme sain qui prend au contraire une grande dose, par exemple 200 gram. de sucre de lait (ou de sucre de canne) devient diabétique, et en même temps polyurique (Worm-Mill- 1er). En restant dans les limites de 400 gr. de sucre de lait, c'est-à-dire en le prenant dissous dans 1500 à 2000 gr. d'eau, on obtient la diurèse sans subir le diabète lacté ni glycosique.
Ainsi dans le premier cas, c'est-à-dire à petite dose il ne passe pas et se combure,dansle deuxième cas, il passe et forme du diabète, dans le troisième à 100 gr. par jour il produit la diurèse sans s'éliminer. Comment agit-il pour faire cette diurèse qui n'est pas contestable ?
II. Polyurie après injection de lactose dans le sang. — Des ex- f^^J^^^ périences de Richet et Moutard-Martin, qui datent de 1879 et dante qui avaient été pour ainsi dire oubliées, il ressort ce fait im- prelstoa portant que sous l'influence d'une injection intra-veineuse «^^p^^^d'une solution de glycose ou de sucre de lait. (30 c. c), il du sang, s'établit chez l'animal une polyurie qui s'élève de 1 gram. 8 par minute, et qui laisse l'urine parfaitement normale.
Cotte polyurie se fait évidemment sans l'intervention delà pression; quand celle-ci a augmenté, elle tend en général à forcer la sécrétion, et inversement; mais ce fait qui parait incontestable n'est exact que si le sang reste intact; dès qu'il