HAP. VII BIS. — TYPE CAFÉÏQUE
contient un excès de sucre, la diurèse s'établit malgré des pressions très basses.
L'introduction du sucre de lait à haute dose dans le sane ou dans 1 estomac détermine (voir obs. de Duplaix dans le mémoire de Richet) infailliblement cette altération de composition du sang, et par conséquent lapolyurie.
Wl. Polyurie rénale. Mais cela ne nous explique pas pourquoi dans la diurèse ainsi établie, le sucre manque dans les urines lors de la galactémie moyenne, et se retrouve dans les surcharges du sang en tant que sucre. La lactose ne franchitpas les cellules sécrétoires, mais, chose inexplicable, pourDastre comme pour moi,. elle excite néanmoins ces cellules au travail.
On pourrait supposer que cette lactose se transforme dans 1 organisme en un produit de combustions incomplètes, par exemple, de l'acide lactique. Or mes recherches m'ont démontré que les urines ne contiennent pas plus d'acide lactique que de sucre.
Il faut donc en revenir à une action ureïgène, de la part du sucre, analogue à l'action ureïgène de l'urée elle-même. Ces deux substances facilement solubles et diffusibles circulent avec le sang à travers les capillaires des reins. Le sucre est retenu dans le sang; l'urée est excrétée ; pourquoi cette différence entre ces deux corps si analogues en apparence au point de vue de la sécrétion rénale ? Cette différen.',e ne peut provenir que de la fonction rénale elle-même qui est d'expulser du sang tout ce qui n'est pas normal, ou tout élément en excès. Or, dans le cas présent il ny a rien à éliminer de semblable, et la diurèse qui est en excès ne comporte ni l'urée ni le sucre ; elle n'entraîne que l'eau et les matières salines.
Cette élimination elle-même est pour ainsi dire élective par certains éléments du rein. La fonction principale est dévolue aux cellules épithéliales des tubes urinifères, et peut être aux cellules des capillaires du glomérule de Malpighi : les matières colorantes passent au contraire par les canaux tortueux et les anses de Henle. On croit aussi que l'eau passe par les premiers éléments, et les sels avec l'urée par les capsules de Bowman ?
LACTOSE
Thérapeutique. Donc la lactose est comme la caféine un* diurétique rénal, indépendant de la pression et de la circulation.
Diurèse curative. — La polyurie résultant de l'usage interne de 100 gr. de lactose dans deux litres d'eau, atteint rapidement le chiffre de 2 litres et 1/2 à4 litres vers le troisième jour. Puis elle reste stationnaire et retombe à 2 lit. pendant quelques jours. Pendant ce temps les hydropisies d'orgine cardiaque disparaissent.
La lactose convient donc à toutes les périodes troublées des cardiopathies. Quelle que soit la lésion du cœur, qu'elle qu'en soit l'origine, qu'il s'agisse d'une dégénération du myocarde, ou d'une altération des valvules arrivées au stade de déséquilibration, la diurèse lactique s'impose.
Si l'hydropisie est de nature brightique et s'il existe une ^^[j^^^ albuminurie de cette espèce, il n'y à rien à attendre de la lactose, ni-même dans les petites albuminuries cardiaques provenant de la stase veineuse dans le rein ; dans ce cas il n'y a rien à faire, rien à attendre de la diurèse lactique. Ceci est le résultat de plusieurs centaines d'observations recueillies en 4 ans.
Art. V. — Calomel diurétique.
Le calomel, une des préparations mercurielles les plus eurieuses a reconquis sa propriété antisyphilitique par le fait doses des injections sous-cutanées, a conservé sa mauvaise réputation pour son action sur la bouche (stomatite), a gagné un pouvoir antiseptique sur l'intestin, enfin a pris dans ces derniers temps un rang distingué comme diurétique, surtout dans les maladies non compensées du cœur, dans les hydropisies cardiaques. 0,20 calomel répétéstroisfoisparjour pendant 1 à 2 jours provoquent souvent au bout de 2 et 4 jours une diurèse notable. Cette donnée a été indiquée pour la première fois en 1887 par Jendrassick et reprise par lui deux ans plus tard. Entre ces deux tentatives j'ai employé le calomel comme diurétique de la dernière heure, souvent avec un grand succès. On est arrivé par ce moyen à passer de 300 à 6000 gram.
Comme la lactose, il réussit dans les hydropisies cardiaques
GHAP. VU BIS. — TYPE CAFÉÏQUE. — UREÏGÈNES
Physio- incomplètement dans les maladies du cœur avec oligurie sans logie hydropisies ; il échoue dans les hydropisies brightiques d'une manière absolue, et surtout dans les ascites, les hydrothorax quelle que soit leur origine.
Mode d'action. Action ureïgène. — Les opinions les plus étranges ont été émises sur l'action diurétique ducalomel. Une première théorie qui se rattache à notre première division a été imaginée; elle attribue au calomel le pouvoir d'augmenter dans le sang, le taux de l'urée dont la propriété diurétique est connue ; Spiler-Lake est le premier qui ait excipé cette doctrine étrange, soutenue par Talfourd Jones ; elle reposait sur un travail de Noël Paton, qui établit que la dose de 0,001 ?j à 0^0075 m. par kilog de poids corporel (donc 0,103 à 0,52:i chez l'hommej détermine une augmentation simultanée de l'eau urinaire, de l'urée et de l'acide urique. Mais la diurèse n'est que de 7 à 19 0/0; Harvey et Boek Oberlorder contestent même les faits; ils n'ont vu chez l'homme ni urine, ni acide urique en plus. Aulde fait à ce sujet une réflexion intéressante ; comment le calomel, dit-il, peut-il agir favorablement dans les cas où le sang est plus riche en urée que d'habitude, pendant que l'urine est au-dessous de la normale. On peut répondre à cela que la diurèse qui s'établit va augmenter plus encore l'urée qui est excitante de l'urination ; mais une pareille objection n'est pas soutenable ; on ne s'explique pas dans ce cas pourquoi dans la maladie de Bright où l'urée est diminuée, le calomel n'a pas une action double ; c'est-à-dire augmentation de l'urée et des urines ; or on sait que ni l'un ni l'autre n'a lieu. Si d'ailleurs on examine attentivement les recherches de Noël Paton, on voit qu'il n'y a nulle proportion entre l'augmentation de l'urée et celle de l'urine.
„ 2 D'autres expériences montrent sous l'influence de certains Subs- . '■
tances médicaments une discordance complète ; ainsi le salicylate gènes, de soude diminue les urines et en augmente l'urée; le benzoate de soude touche à peine à la quantité et élève fortement le taux de l'urée ; l'évonymine accroît énormément l'uréeet l'acide urique^ sans modifier la quantité d'urine. Enfin pour avoir de l'urée en plus, on pourrait remplacer le calomel par l'extrait de colchique, qui élève et l'urine et l'urée bien plus que ne le fait le calomel; mais cet excès d'urines ne va pas lui-même
CALOMEf. DTURÉTIOUE
bien loin, il s'élève à peine do 500 Cem. à 635 ; ce n'est pas la vraie diurèse.
Au résumé l'urée ne peut pas servir de moyen d'explication ; elle est souvent au-dessous de la normale chez les cardiaques incompensés, par une nutrition insuffisante; pourquoi cette anomalie?
Action cardio-vasculaire nulle. — La diurèse n'est pas d'origine cardiovasculaire, comme parla digitale ; la pression sanguine tombe au lieu de s'élever, quelle que soit la maladie du cœur. Le calomel n'agit en effet que quand il y a une stase veineuse avec œdème, et encore est- il inutile d'invoquer l'action purgative, car il peut agir comme diurétique sans avoir provoqué la diarrhée. La diète des boissons en favorise au contraire les effets, comme cela a lieu souvent par d'autres diurétiques dans le traitement des cardiopathies (Oertel).
Action sur le sang. Concentration du sang. — Dans ces derniers temps (1888), Lichtheim, Bamberger, Jendrassick contrairement à l'opinion dominante sur l'état hydrémique du sang qu'on considérait comme de règle et de cause dans les œdèmes néphrétiques et cardiaques, constatèrent dans le sang des valvulaires, une notable augmentation des matériaux solides du sang, 18, à 21 p. 0/0 au lieu de 17,5, et en outre une augmentation notable des globules, ce que nous avons déjà indiqué dans l'étude des iodures, et des pléthores vraies ou séreuses (Voir ch. V. . .).
L'origine des hydropisies ne peut donc être attribuée qu'à la ^.3^^ stase du sang (veineuxj c'est-à-dire à la pression forte dans tique les veines, et à la pression amoindrie dans les artères, de sorte que nous sommes maintenant dans un état opposé à la nor- ^^^^^^^ maie où la pression veineuse est inférieure. De là le ralentis- veineux
con-
sèment de la circulation, et dans les capillaires commence- centré ment d'augmentation de la pression.
Dans ce territoire des capillaires, un grand rôle est réservé à la diflTusion qui e vt indépendante de la pression, et se trouve proportionnée à la dilTérence des substances dissoutes dans les deux liquides intra et extra-membraneux.
Chez le cardiaque non compensé il se fait non une diffusion mais une filtration aidée de la vaso-dilatation ; alors le sérum tration va sourdre dans les régions ou le tissu cellulaire est lâche et diffusion
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les^g non dans les tissus résisLanls. Mais il faut encore d'autres centré. co"^;tion/ pour faire un œdème ou le défaire ; la vitesse augmentée de la circulation lèvera la stase ; dans ce cas aussi nous avons à espérer beaucoup des moyens de résorption. Or, c'est par le sang concentré que nous pouvons y arriver le mieux. Lorsqu'un pied gonflé est vidé par un tube de Southey, le sang s'épaissit, et dans l'autre extrémité la résorption de l'œdème se fait plus facilement; de pareils balancements peuvent même être reproduits expérimentalement.
Lorsqu'avec Regeczy (1883) on injecte dans les veines d'un animal une grande quantité d'une solution diluée de sel, ni la pression ni le sang ne changent ; le liquide a passé dans les tissus et il ne s'y résorbe que difficilement; l'organisme a un pouvoir énorme d'adaptation, en vertu duquel la densité du sang reste stable après avoir évacué par sa pression habituelle le surplus de l'eau injectée ; mais plus la pression augmente dans les capillaires, [Ans le sang s'épaissit
Or sans altérer le sang nous pouvons par les préparations mercurielles renforcer son pouvoir endosmotique ; c'est l'action diurétique du càlomel. Si nous considérons ensuite que dans le rein normal ou stasique, la quantité d'urines sécrétées dépend surtout de l'aquosité du sang, (la pression restant normale) que par suite de la stase, la circulation rénale est ralentie, et fournit moins d'eau à la sécrétion, nous verrons que chez les cardiaques les changements de circulation et surtout de sa vitesse influencent bien plus que la pression, bien plus aussi que la quantité d'urines, la formation de l'œdème. C'est ce qui explique ainsi pourquoi un excès de boissons augmente moins les urines que l'œdème, pourquoi la densité grande du sang et son épaississement par ki stase expliquent la formation de l'hydropisie et celle de l'anurie. 5 Action excitorénale du calomel. Il reste à déterminer le peu^ique T'àle quc le rein joue dans la formation de la diurèse ; il y a une excitation sécrétoire qui est notée par Jendrassick. Avec Furbringer qui a longtemps hésité, j'ai établi l'action excitorénale du calomel qui se rapproche de l'action du café ; c'est l'élément sécréteur qui est touché. Je le rapproche ainsi de la lactose; c'est ce que fait aussi Jendrassick qui ignore ou tait mes recherches à ce sujet ; mais il rapproche ces deux diuré-
GALOMBL DIURÉTIQUE
tiques, dont le principal, le plus efficace est la lactose dit-il, à cause de leur pouvoir osmotique ; nous verrons que pour la lactose cela est conteslable, nous avons vu que pour le calomel cette explication est insuffisante.