IV. Les paralgésiants antipyrine, phénacétine
Art. I. — Anesthésiques.
Les deuxprincipaux anesthésiques, le chloroforme et l'éther
son t connus au point de vue chimique et même physiologique; nous en parlerons à l'occasion de Tangorpectoris et des asthénies du coeur.
Le troisième anesthésique est local pour commencer, et des plus dangereux pour finir; c'est la cocaïne.
cocaïne
Elle provient de la coca, qui sert dans l'Amérique du chimie. Sud de moyen d'excitation psychique, pendant la durée de laquelle toutes les sensations pénibles comme la fatigue corporelle et intellectuelle, la faim, la soif, la somnolence, les aberrations de l'esprit se trouvent, dit-on, singulièrement diminuées.
La partie active de cette plante c'est la cocaïne, (semblable au groupe de l'atropine) qui se dédouble en une base inerte appelée ecegonine, et en un acide benzoïque avec méthylalcool. Outre la cocaïne, les feuilles de coca contiennent une autre base, l'hygrine, et une base amorphe indéterminé. Il y a encore des acides cocaïques (isatropiques) d'où provient d'après Lie-
CIIAP. Vril DIS. —
MÉDICATION AUXILIAIRE CALMANTE
breich, un poison du cœur, l'isatropylcocaïnc qui produit souvent les acciden ts cocaïques,et dontla cocaïne pure doit (Hre exempte.
L'ecgonine traitée à chaud par l'acide benzoïque anhydre se transforme en benzoylecgonine, qui traitée par l'acide chlorhydrique gazeux fait naître le méthyléthcr de la benzoylecgonine, c'est-k-dire la cocaïne artificielle.
1- — Action expérimentale. — Voici les phénomènes que produit la cocaïne au point de vue expérimental :
1° Extinction de la sensibilité périphérique. L'action de la cocaïne résorbée s'étend surtout au système nerveux central et se traduit d'abord par un commencement d'excitation, suivie de paralysie de divers départements nerveux. Mais il est surtout à remarquer que l'alcaloïde produit, sans excitation préalable, une réduction de la sensibilité des extrémités terminales des nerfs sensibles, et cet effet ne se produit nettement que sur les parties du corps qui sont en contact direct avec la solution de cocaïne.
2° Agitation initiale. Etat convulsif. Chez les animaux supérieurs la cocaïne produit généralement une grande agitation, une excitation avec tendance trèsmarquée au déplacement, puis il s'ensuit un repos, et après de très petites doses, un rétablissement complet. Avec de fortes doses (0,10 à 0,20 par kilogr. de poids corporel chez le chien), il se manifeste de la faiblesse, des états paralytiques, des convulsions et la perte de l'impression. Aux doses de 0,015 (par kilogr.) c'est le comaconvulsif respiratoire, convulsions semblables a l'épilepsie corticale, (Ch. Richet et Weinberg.) Après séparation de la moelle épinière elles se produisent par la vaso-constriction, et l'anémie des couches corticales ; en tous les cas ce ne sont pas des convulsions réflexes.
Organes circulatoires. Paralysie du nerf vague. Pression. Les organes circulatoires sont fortement atteints même par des doses moyennes ; le pouls augmente vivement de fréquence, cette accélération dépend sans doute de la paralysie des fibres vagues terminales cardiaques, paralysie semblable îi celleque provoquentla pilocarpine etlanicotine (Schmicdeberg).
A cette fréquence du pouls se joint une élévation de la pression sanguine, comme après la section des nerfs vagues. ¥ Vaso-constriction. Accélérateurs. Les phénomènes indi-