‹ Traité des maladies du cœurChapitre 324 sur 418 · FER · texte numérisé non relu

FER

qu'il s'agisse Ik de deux médicaments absolument distincts, dont l'un serait un poison, l'autre un élément corporel.

I. Fer corporel. Le corps contient par kilogram. d'un mammifère 0,044 à 0,75 de fer; un homme de 70 kilog. renferme de 3,1 à 5,2 gr. de fer, dont la plus grande partie se trouve sous la forme d'hémoglobine dans le sang.

L'hémoglobine formée par l'organisme, ou introduite avec la nourriture se décompose rapidement sous l'influence des sucs digestifs, en hématine qui s'élimine en grande partie par les matières intestinales. Elle est cependant suffisamment réparée par le fer des aliments. L'hémoglobine sert aussi à la formation des matières colorantes de la bile, de l'urine, qui ne contiennent pas de fer; ce sont les mêmes liquides qui éliminent le fer sous la forme inorganique; chez les femmes nourrices beaucoup de fer est éliminé avec le lait sous forme organique., Mais quelque minimes que soient en général ces sécrétions, et les transformations du fer en matières colorantes, il faut couvrir ces déficits.

Par la nourriture habituelle nous prenons journellement Fer 0,05 à 0,10 fer sous forme organique, assimilable, que Bunge jiémoappelle hématique, suffisant pour réparer les pertes. Les ali- giobine. ments les plus ferrugineux sont la viande (voir plus loin); un régime sans fer ne permet plus la formation du sang et la plante ne fait plus de chlorophylle.

Mais comment se comporte ce fer. On croit que l'hémoglobine résulte de la synthèse d'un sel de fer avec l'albumine; mais rien n'est démontré à cet égard ; on ne sait même pas si le fer in^/ere ou m/ec^e fournit effectivement les matériaux de formation de l'hémoglohine.

Pour fournir la preuve de cette formation Hamburger, (Zeit. phy. chem. 1878) donna à un chien de 8 kilog. 300 gram. de viande contenant 0,015 fer. Pendant 12 jours de cette alimentation le chien prit 130 millig. de fer, dont 38,4 apparurent dans les urines, 136 dans les matières et 18 dans la bile; total 176 millig?? (erreur) ; ce qui fait que les urines éliminèrent 36 millig. par jour. Dans les 9 jourssuivantson ajouta sous forme de sulfate de fer. 49 millig. puis pendant 4 jours encore seulement la ration primitive de viande. Pendant ces 13 jours l'animal reçut 195 millig. de fer contenus dans la viande ; 441 comme sulfatede fer; total 656 dont 58 parurent dans les urines

262 ciiAP.vinTER. —

MlCDICAïIONSAUXIUAIRRSRXniTANTEOUTHOl'HIQUE

(a) Lésions gastro intestinales .

Troubles cardio vasomoteurs Abaissement

de pression

(c) Lésions rénales.

(d) Paralysie nerveuse.

,(cl') Elimination.

et 5-49 flans les l'èces. L'expérience est douteuse. Jacoby (Cllt. 88) injecte sous la peau 36 millig. d'oxyde ferreux, à un chion qui n'élimine que 1,4 p, c, par les urines; c'est l'intestin qui en élimine le plus; l'oxyde se fixe dans la muqueuse intestinal(i au bout de quelques heures.

II. Fer injecté. Les effets physiologiques du fer injectf'; dans les veines, et à un moindre degré sous la peau, sont de véritables signes d'intoxication ; celle-ci se manifeste de la manière suivante :

Tout d'abord des vomissements et des diarrhées. A un certain moment se font des lésions intestinales, qui par leur mode de formation ressemblent entièrement aux lésions arsenicales etantimoniées.

Un trouble sérieux se produit dans la vaso-motricité, il se traduit par un abaissement considérable de la pression. Comme conséquence, et comme résultat de toutes les chutes de pression vasculaire, on voit l'élimination de CO^ baisser à tel point que le chiffre manométrique, tombe jusqu' à 0. (Meyer et William).

Une troisième série de lésions concerne les reins ; le fer passe rapidement dans les reins ovi il détermine une véritable néphrite comme le font les autres métaux, et dans les urines où le sulfure d'ammoniaque le décèle.

Finalement on observe la paralysie des centres nerveux et du cœur.

III. Fer ingéré. Des différences totales se montrent dan« l'action du fer ingéré. La résorption du fer ingéré est si faible et l'élimination par les urines si obscure qu'on l'a mise en doute.

Les urines ne contiennent pas plus de fer qu'à l'état normal ; nous verrons pourquoi ; mais on retrouve celui-ci en totalité dans les fèces sous forme de sulfure de fer. Le métal injecté sous la peau ne passe pas non plus dans les reins, mais prend le chemin de l'intestin ainsi que le témoigne l'examen minutieux des sécréta digestifs. La résorption ne se fait môme pas, quand on donne plus de fer qu'il n'en faut pour éloigner toute action pharmaceutique.

Voici la preuve. Un chien auquel on administre du sulfate de fer comme nous l'avons vu ne rend par jour qu'un h deux niilligram. de fer de plus que par une nourriture de viande (Hani-

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