PURGATIFS, PHYSIOLOGIE
cienl de l'endosmose, il faut que la solution saline passe de l'intestin dans le sang et de là dans les urines, et d'une autre part le sérum doit passer du sang dans les matières fécales. Or jamais Aubert qui expérimenta sur lui-même, ne vit de sérum dans les selles, et dans l'urine il ne constata qu'une partie de la magnésie ingérée. Il trouva en outre que la concentration de la solution saline est sans influence sur l'action purgative du sel, bien qu'il soit démontré que l'équivalent endosmotique d'une substance change avec le degré de concentration, et que par cela même il doit exister des différences dans la teneur en eau des masses évacuées. Aubert trouva en outre que les sels neutres qui sont introduits directement dans le sang, loin de provoquer la constipation comme le veut la théorie de Liebig, produisent au contraire un effet purgatif. La théorie de Liebig fut ruinée, et à sa place s'éleva cette idée que les sels neutres déterminent une irritation des nerfs de l'intestin, laquelle donne lieu par voie réflexe à des contractions péristaltiques exagérées; une autre théorie invoqua une hypersécrétion.
Nous savons qu'il n'existe pas d'endosmose; y a-t-il une ibjs
^„ ^, . „ , . . Action
hypersécrétion de la muqueuse ? Thiry fit une expérience qui hyper-
sembla le prouver, toire Il établit une fistule intestinale sur un chien, isola une anse ^^ourcstée ouverte au dehors, mais conservant ses rapports avec le mésentère, ses nerfs et ses vaisseaux; or un sel purgatif introduit dans l'anse ne donna pas d'hypersécrétion. Par contre, la diarrhée s'établit sans la participation de l'anse isolée, quand on administra le TpurgSitiî per os. Mêmes faits observés par Schiff".
On retourna ainsi à la théorie de l'évacuation par péristaltique et qu'est-ce qui est évacué? Ce sont les sucs intestinaux euxmêmes, grâce à ces mouvements. L'analyse chimique des selles diarrhétiques,et la quantité de ces matières est en parfait accord avec le contenu intestinal normal; l'analyse ne donne rien qui permette de conclure à une transsudation, ni à une hypersécrétion, ce sont les sucs digestifs normaux, qui étant propulsés par suite d'une péristaltique exagérée ne peuvent pas être résorbés et doivent être éliminés par les fèces.
Avant d'aborder la théorie de la péristaltique, voici des expé- gécrériences qui semblentfaire.croire à une sécrétionparalytique. Elles «on sont d'Armand Moreau. Il isola une bande intestinale de 10 à lyuquë.
286 CHAP. Vlir OUATER. — MÉDICATIONS AUXILIAIRES OU ACCESSOIRES
taltique .
12 ctm. de long par des ligatures ; au-dessus et au-dessous de CCS liens, il lia une portion plus petite d'intestin pour servir de contrôle. Les trois anses étaient vides. Il sectionna alors les nerfs qui se rendent à l'anse mitoyenne des parties ligaturées, replaça le tout, et sacrifia l'animal au bout de quelques heures ; il vit alors dans l'anse moyenne des quantités variables, 100 à 125 ccm. d'un liquide alcalin riche en éléments minéraux mêlés d'un liquide contenant de l'urée ; était-ce un transsudat ou le suc intestinal ; les anses de contrôle n'en contenaient pas de trace. Cette expérience fît croire à nouveau, que l'effet obtenu par la section des nerfs, c'est-à-dire la formation d'une quantité considérable de liquide peut constituer un moyen purgatif ou évacuant par le fait d'une paralysie nerveuse. Exposé Radziejewiski confirma les résultats annoncés par Moreau ; de mais il fit encore autrement ; en introduisant dans une anse liée
laction • w . .
péris- isolée, mais intacte, de l'huile de croton glycérinée, il constata qu'il n'y avait ni transsudatni exsudât ; par contre il vit partir de cette partie vers l'estomac et vers l'anus des mouvements péristaltiques si violents, qu'il en résulta des déchirures de vaisseaux dans cette anse. Il essaya ensuite de démontrer que les purgatifs exercent une action irritative locale, car une action générale ne pourrait se produire que si l'huile de croton était absorbée ; or une absorption est impossible, attendu que le suc intestinal susceptible d'émulsionner l'huile était sans contact avec cette huile.
Par l'étude de la péristaltique normale, et de celle qui est provoquée par le purgatif, (ce qu'il put vérifier en établissant une fistule stercorale derrière la valvule de Bauhin) il observa, que si après le repas il se produit 7 à9 évacuations en 3 â 4 heures, les premières évacuations se produisent après 10 à 15 minutes, quand on administre les follicules de séné, ou du sel de Glauber, ou d'autres substances analogues, et vont jusqu'à 31 en 4 heures, et par l'huile de croton à 30 en 3 heures. Tout ceci indique une influence exclusive des purgatifs sur la péristaltique intestinale. Cette péristaltique violente ne peut être due qu'à l'interven-
Péris-
taitique tiou des ganglions et plexus de Meisner Auerbach, qui s'éten-
ner-
veuse. dent depuis l'estomac jusqu'au colon, et sont seuls capables de produire des actions réflexes ; on peut aussi songer à l'action de la moelle épinière, du nerf sympathique et du nerf vague. L'excitation de ces trois parties nerveuses ne réalise jamais