PURGATIFS, PHYSIOLOGIE
la contraction de tout l'intestin ; elle ne produit que des contractions limitées à certains segments du tube digestif. Entre l'estomac et l'intestin, il existe en effet au point de vue des actes réflexes des rapports intimes ; Traube démontra il y a longtemps que l'irritation des nerfs de l'estomac peut produire des mouvements péristaltiques réflexes de l'intestin.
Objections de Moreau. De graves objections k cette doctrine de la péristaltique furent soulevées par Moreau. Il montra qu'il n'est pas nécessaire de couper tous les nerfs pour produire une accumulation de liquide dans les anses liées, mais qu'elle peut s'observer aussi sur une anse intacte, par le fait d'une solution de sulfate de magnésie à 25 p. c. Ainsi en injectant 20 ccm.de cette solution, il trouva au bout de 6 heures dans cette anse, 70 ccm. de liquide et par une dose identique après 24 heures 335 ccm. La quantité de liquide présent augmente donc avec la durée de l'expérience, et aussi, comme nous le verrons, avec la quantité de solution saline injectée. Il est vrai que cette manifestation n'a pas lieu quand l'animal a reçu au préalable une injection veineuse ou sous-cutanée de chlorhydrate de morphine.
Moreau en pratiquant une fistule, (procédé de Thiryi constata toujours qu'en introduisant du sulfate de magnésie dans l'anse isolée on obtenait une accumulation de liquide dans cette anse isolée; il conclut de là que si Thiry et Radziezki dans leurs expériences n'ont pas affirmé l'existence de ce liquide, c'est que celui-ci s'échappait par l'ouverture intestinale antérieure ou par le segment postérieur terminé en cul-de-sac, après s'être épaissi en ce point. Il se produirait donc toujours un liquide : quel est-il ?
Avant d'étudier ce produit, voyons les conditions d'excitation 3 de la péristaltique par les purgatifs. Pour beaucoup d'entre ^^^^^ eux l'excitation s'étend sur tout l'intestin ; d'autres, du moins <l'e^<=i-
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a petites doses ont leur action circonscrite au gros intestin, péristai- Dans tous les cas elle est le résultat de l'irritation locale de la muqueuse.
Des injections sous-cutanées de la substance active de certains purgatifs, (podophylline, séné, aloès, coloquinte, croton) provoquent de même des évacuations; mais il faut alors de plus fortes doses, qui produisent souvent de l'intoxication.
•288 CHAP. VIIIOUATKU. — MIÎDICATIONS AUXIUAIRES OU ACCESSOIRES
Théorie de l'irritation
et de l'inflammation.
Théorie mixte .
Au contraire la résorption lente, graduelle de ces substances par l'intestin, lorsqu'elles sont introduites per os, détermine très vraisemblablement une excitation des ganglions moteurs intestinaux par l'intermédiaire des nerfs sensibles de la muqueuse intestinale. En général toutes les substances irritantes par leurs qualités moléculaires chimiques ou spécifiques agissent sur l'intestin et provoquent les contractions. Mais pour qu'une telle substance devienne purgative, elle doit non seulement avoir une action irritante locale, mais être difficilement résorbable, ou bien encore être empêchée dans son absorption rapide par l'élimination d'une matière colloïde. Ce n'est que parce moyen que l'excitation locale et la péristaltique qui en est la suite, peut gagner tout l'intestin et atteindre particulièrement le gros intestin. On sait que l'action purgative s'exerce sur certaines régions circonscrites de l'intestin : le sené agit sur le gros intestin ; il en est de même de l'aloès et de la coloquinte. Radijeski le prouva en injectant de la coloquinte.
Théorie de l'irritation et de l'inflamtnation — La nature générale de l'irritation produite sur la muqueuse intestinale ne détermine pas seulemenl de la péristaltique, mais aussi la sécrétion, l'hypérémie, et par les drastiques à haute dose, une inflammation violente.
L'hypersécrétion porte surtout sur le suc intestinal et la bile ; son degré n'est pas assez fixé ; mais elle est rarement assez considérable pour contribuer effectivement à la formation des selles très liquides.
L'hijpérémie par les laxatifs, purgatifs et surtout les drastiques doit être prise en grande considération.
Le liquide qu'on trouve dans l'anse liée, 2 à 3 heures après la section des nerfs necontientpas de leucocytes, et ressemble ainsi à un liquide sécrété, sans doute analogue au suc digestif normal, tandis que dans les périodes plus avancées de l'expérience, il y a des leucocytes par processus inflammatoire. Vulpian se prononça pour la nature inflammatoire de ce liquide produit par l'excitation des nerfs intestinaux, et des ganglions nerveux ; cette excitation entraîne par voie réflexe une vaso-dilatation avec sécrétion de mucus et de suc intestinal.
Théorie mixte. — Brieger qui ne connaissait ni les idées de Moreau ni celles de Vulpian se trouva cependant d'accord avec