CHAI'. IX
MKDICATION AUXILIAIHR, KVACUANTK
sera temps de remédier à l'anémie quand la phase aiguë sera calmée, et qu'il faut passer outre, pour enrayer le développement du processus inflammatoire dans les régions restées saines. Tout ce qu'on accorde, « c'est quand la poussée est surtout atonique (quelle est celle-là ?) avec albuminurie abondante et hydropisie, la saignée est contr'indiquée; » ce serait ajouter inutilement à l'anémie et à la « débilitation du sujet » j'ajoute pour ma part, qu'il en est exactement de môme dans tous les autres cas cités par Talamon, Lécorché ; et que l'anémie est toujours à craindre même dans les cas d'urémie respiratoire ou de dyspnée cardio-urémique; « elle remédie alors d'une manière « souveraine, mais toujours passagère, aux accès d'asthme ou (( de sufTocation qui préludent à l'asystolie ultime. »
Nous discuterons cette manière de voir sur le traitement des dyspnées, avec d'autant plus de soin qu'elle a trouvé des imitateurs .
Saignées locales. Depuis quelque temps la passion pour la saignéii pénétra à nouveau dans les esprits. Comme on ne saurait impunément l'appliquer aux enfants, ni aux individus trop débilités, ni aux albuminuriques dont la poussée inflammatoire est médiocre d'intensité, pour ne pas se déjuger, on inflige des saignées locales, des sangsues, des ventouses scarifiées sur la région lombaire ou cardiaque.
Action des révulsifs dans les stases rénales cardiaques et les néphrites. Ventouses sèches. Vésicatoires. Pointes de feu. Quand on ne peut plus tirer de sang, on tire la peau par des ventouses sèches, ou bien on la martyrise par des pointes de feu ; je ne parle pas de badigeonnage de teinture d'iode, c'est l'iode respiré, plus un sinapisme. Mais Talamon, Lécorché n'ont pas craint de prescrire le vésicatoire (de 4 heures) toujours contre les poussées aiguës de néphrite rebelles à d'autres moyens, c'est-a-dire à tout. Comment des esprits aussi distingués ont-ils pu s'obstiner contre les inflammations imaginaires qui ne sont que des congestions au début et ou à la longue, des scléroses? la néphrite cantharidienne, la plus terrible des intoxications rénales ne compte donc pour rien ?
Quant aux pointes de feu, je me demande quel est leur but, et quelle est leur raison d'être ? A-t-on la prétention de guérir ou même d'arrêter dans sa marche l'altération des glo-
SAIGNIîKS
mérules, la glomérulite subaiguë ou chronique qui remplace désormais pour tous les histologistes la néphrite interstitielle et la néphrite parenchymateuse. Qu'on joigne encore à cette glomérulité la forme desquammative qui atteint les épithéliums du glomérule, comme Icl épithéliums de la capsule, ou bien encore qu'on s'adresse aux lésions scléreuses qui sont une des lésions, mais non la caractéristique de la maladie de Bright aujourd'hui si vivement contestée, je ne saisis pas ce que les pointes de feu pourraient bien faire pour arrêter les stases veineuses rénales du début, la glomérulite presqu'inévitable, la sclérose finale du rein, et je me demande si même jamais on a observé la disparition d'un seul des phénomènes d'origine rénale ? Mais il y a des moments d'engouement et les procédés les plus incompréhensibles tiendront tète à toute la logique et à toute la clinique; on continuera quand même, et non sans préjudice.