‹ Traité des maladies du cœurChapitre 356 sur 418 · GHAP, X. — TRAITEMENT DES TROUBLES CARDIAQUES · texte numérisé non relu

GHAP, X. — TRAITEMENT DES TROUBLES CARDIAQUES

a encore une autre indication k poser, celle qui consiste à régulariser directement les contractions.

qJes^'ou précisément les toniques et les régulateurs qui

cardio- remplissent à peu près tout l'arsenal cardiaque ; la digitaline, Srs l'atropine, la spartéïne, le strophantus, la caféine semblent devoir suffire à tout, l'une en ralentissant les mouvements du cœur, l'autre en l'accélérant, la 3« en élevant la systole, la 4e et la Se en élevant la pression par vaso-constriction.

Or il se trouve que tous ces moyens, sauf peut-être la spartéïne vont tout droit en sens inverse de leur destination réciproque.

{a) La digitaline ne discipline le cœur et ses battements qu'à une dose exagérée et près d'être toxique. On abuse de ce remède, plus pour satisfaire le malade qui demande à être régularisé, que pour lui porter un secours réel ; le mal, ou l'inconvénient dont il se plaint, peut durer de longues années sans porter le moindre préjudice par lui-même, de sorte que l'utilité de la digitale ne commence qu'avec la maladie qui se révèle plus ouvertement. (6) La belladone est mal vue, quoiqu'elle parvienne facilement à effacer les interruptions, ou à les rendre moins pénibles, moins senties, mais elle accélère les pulsations outre mesure, de manière à laisser croire à une aggravation de la maladie (c). La caféine et {d) le strophantus produisent parfois un effet systolique très remarquable, mais naturellement secondaire à la vaso-constriction qui présente de véritables contre-indications dans les hypertrophies d'origine artério-scléreuse qui ont l'hypertension comme compagne habituelle.

La spartéïne seule paraît agir efficacement et sans danger, mais il est impossible d'en continuer l'usage indéfiniment, et c'est cependant là une condition sine quâ non. vasomo- La véritable indication en effet, n'est pas de modifier le cardia- musclc ni de rétablir l'harmonie de ses contractions, c'est de faciliter le débit jdu ventricule, et pour arriver à ce but, le meilleur procédé consiste à diminuer ou supprimer les obstacles périphériques. Cette indication * dominante sera la mieux remplie par les iodures qui n'ont pas le don de niveler d'emblée toutes les systoles, mais qui ont la propriété de leur faciliter la besogne, et de provoquer un écoulement facile du

TRAITEMENT DES ARYTHMIES ^^9

sang dans les artères ouvertes. Le meilleur régulateur est donc encore l'iode; il ne régularise pas le cœur, mais la circulation.

I. Toniques ou cardiorégulateurs. Adjuvants; convallamarine. L'adjonction de la convallamarine à 0,20 ou de l'adonidine k 0,05 par jour produit quelquefois le meilleur effet.

Par ces procédés dont la base est l'iode, j'ai vu des arythmiques, des désordonnés du cœur, qui se plaignaient depuis de longues années, et n'obtenaient aucun résultat par aucun moyen, se remettre entièrement. Le plus beau cas concerne un médecin âgé de 76 ans, dont le cœur troublé se manifestait par l'arythmie irrégulière et par la polypnée ; après 3 ans de traitement formulé et varié comme ci-dessus, le vieillard^ redevint absolument jeune sous ce rapport, mais il ne put échapper à la continuation du traitement sans péricliter.

IL Calmants. Indications tirées des arythmies dites nerveuses. Elles sont rares, et surtout rarement précises. Nous ne trouvons pas d'arythmies proprement dites chez les chlorotiques, les anémiques, les alcooliques ; ils sont sujets à d'autres troubles surtout aux troubles numériques, et aux sensationnels, (tachycardie et palpitations.) C'est une erreur d'ailleurs de traiter ces genres de cardiopathes par le même procédé. Proscrivez en tous les cas les digitaliniques, comme les caféïniques, et réfugiez-vous pour un moment dans la série des médications que j'appelle auxiliaires, et qui comprennent surtout les calmants.

Les anesthésiants, comme le chloral, et surtout la cocaïne, doivent être rigoureusement repoussés ; l'un tue les centres vasomoteurs, l'autre excite traîtreusement le cœur.

Les paralgésiants comme Vantipyrine n'ont pas d'action utile ni nuisible ; les narcotiques comme la morphine ou la paraldé- Injde sont à peine indiqués pour les arythmies nocturnes, très rares d'ailleurs. Il reste les sédatifs, comme les bromures, le cannabis, qui sont de vrais calmants.

Le bromure de calcium et de strontium sont d'ailleurs indiqués dans les arythmies d'origine génitale, et gastralgique, tandis; que les bromures de potassium et de sodium affaiblissent cousidérablement tout le système nervo-moteur, et surtout celui de l'estomac. C'est donc aux deux bromures alcalino-terreux qu'il faut avoir recours, et cela à la dose de trois gram. en trois doses par jour.

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