CHAP. X. — TRAITEMENT DES TROUBLES CARDIAQUES
Huchard, Mercklin qui ont insisté sur l'importance de ce signe des dégénérescences du myocarde.
Dans les insuffisances aortiques ce signe s'observe parfois ; mais là il n'a pas de valeur diagnostique , parce que cette lésion se dessine nettement par le souffie diastolique de la base du cœur, ce qui constitue une donnée certaine.
c?) Angines de poitrine. Ici le rythme cardiaque n'a aucune signification ; la tachycardie peut exister ; si elle a lieu le pouls perd de son ampleur et la tension artérielle diminue ; mais tout ceci manque fréquemment.
e) Trouble de compensation. Quelle que soit la maladie qui accélère le cœur, que ce soit une myocardite, ou une insuffisance valvulaire, elle peut aboutir au trouble de compensation lequel se traduit souvent par une tachycardie très prononcée, plus souvent par la dyspnée, la stase pulmonaire, l'oligurie, l'albuminurie et l'œdème. Il faudra dans les indications du traitement tenir compte de cette accélération du cœur, mais sans lui sacrifier la thérapeutique des accidents d'urgence. Ainsi si l'iodure est réclamé par le poumon, la cafeïne par les reins, ils devront être prescrits avant la digitaline, bien qu'ils agissent au minimum sur le rythme du cœur.
II. Tachycardies nerveuses. Les tachycardies nerveuses reconnaissent les origines suivantes :
a) Périphériques. Compression des nerfs vagues. Le nerf vague étant comprimé par une tumeur médiastine quelconque, (lymphosarcome, cancer, tubercule, médiastinite) il en résulte une accélération du cœur, permanente et en même temps paroxystique; ces faits qui ont été bien vus par Mercklin, Jouanneau, Talamon indiquent une simple compression, le plus souvent sans inflammation.
b) Centrales, encéphaliques, bulbaires, médullaires. Les tachycardies centrales sont bien autrement importantes. Sans parler des impressions psychiques, des émotions, des passions, de la frayeur, qui produisent la tachycardie, lorsqu'elles ne sont pas trop fortes (car dans ce cas elles ralentissent le cœur), nous invoquons surtout le bulbe; c'est lui qui constitue l'origine des nerfs vagues et qui se paralyse dans ses fonctions modératrices, ainsi par les tumeurs qui le compriment ; cette paralysie se traduit par la tachycardie, mais moins prononcée qu'à
TACHYCARDIE
la suite des compressions périphériques. Les noyaux bulbaires du nerf vague subissent une atrophie dans la maladie appelée glosso-laryngée, et cette atrophie paralyse le nerf vague. Dans la paralysie bulbaire aiguë, il y a k la fois participation du nerf vague et du centre respiratoire (Leyden). De même les lésions de la moelle épinière produisent la tachycardie lorsqu'elles suivent une marche ascendante et viennent aboutir au niveau de la moelle allongée ; c'est le dernier stade de la maladie. Il en est de même dans les méningites tuberculeuses ou autres ; la compression du bulbe par les produits inflammatoires entraîne la paralysie du centre vague et une accélération mortelle du cœur. Je n'insiste pas sur les autres maladies de la moelle épinière, la sclérose en plaques, la sclérose latérale amyotrophique, la sclérose symétrique des faisceaux pyramidaux ; ici la tachycardie n'est qu'un épisode sans valeur. Il n'en est pas de même dans la sclérose des cordons postérieurs ou ataxie locomotrice ; la maladie s'accompagne de tachycardie ou de palpitations dès le début, avant oU sans qu'il résulte de crises gastriques ou des accès fulgurants. Cette circonstance notée par Gharcot est interprétée par Ziemsen de la façon suivante :1a moelle épinière, dit-il, exerce une influence remarquable sur les mouvements du cœur par l'intermédiaire des nerfs vaso-moteurs. Mais de plus le sympathique peut agir directement sur le cœur pour l'accélérer. Le tabès a encore une autre influence possible ; le tronc du nerf vague peut être atrophié pendant que le bulbe reste intact. Oppenheim et Siemerling (1887) ont publié les résultats de 13 cas de tabès avec dégénérescences des nerfs périphériques, particulièrement des nerfs vagues. La tachycardie peut d'ailleurs s'observer dans les polynévrites et s'accompagner de faiblesse des battements du cœur, souvent aussi d'un état anxieux particulier ; ces phénomènes sont dus à la paralysie du nerf vague.
c) Réflexes. Les tachycardies nerveuses sont souvent d'origine réflexe, et portent plus souvent sur les nerfs accélérateurs que sur les nerfs vagues, où elles sont naturellement plus fréquentes chez les individus nerveux prédisposés. Les plus significatives, parmi ces accélérations réflexes, se trouvent chez les phtisiques, chez les gastriques, chez les femmes à l'époque du retour d'âge. Phtisiques. G. Paul a fait une remarque des plus intéres-