‹ Traité des maladies du cœurChapitre 362 sur 418 · GIIAP. X. — TRAITEMENT DES TROUBLES CARDIAQUES · texte numérisé non relu

GIIAP. X. — TRAITEMENT DES TROUBLES CARDIAQUES

pas de lésions cardiaques, tandis qu'à la mort, les tachycardies secondaires laissent toujours les altérations du cœur, ou des organes éloignés qui ont provoqué l'accélération du cœur. I/histoire des tachycardies essentielles se complétera par la maladie de Basedow (voir chap. X[II). C'est encore une maladie essentielle, mais bien distincte des paroxysmes.

V. Théories. Dans l'état actuel de la science nous ne sommes pas à même de formuler une opinion physiologique sur les accès essentiels, et nous n'avons à tenir compte que des tachycardies secondaires, symptomatiques. Sous ce rapport elles se divisent nettement en deux classes.

I. Les tachycardies d'origine cardiaque ou vasculaire, dues à une lésion matérielle du cœur, principalement à la dilatation du ventricule gauche. Selon la nature de la lésion, le pouls tachycardique est accompagné ordinairement d'un abaissement de pression vasculaire ; l'inverse est une exception.

II. Les tachycardies d'ordre nerveux direct ou réflexe. Il y a là de grandes différences. On ne comprend pas les premières sans une paralysie centrale ou périphérique des nerfs vagues : on ne saurait expliquer les réflexes que par une excitation des nerfs accélérateurs. Celles-ci diffèrent d'ailleurs des premières :

lo Par le peu de retentissement sur le cœur lui-même.

2° La présence de troubles vaso-7noteurs de la superficie (face, oreilles).

3" L'absence de réaction sur les autres organes.

Les tachycardies paralytiques ne sont pas douteuses lorsqu'il s'agit de compression des nerfs vagues par des tumeurs ou de compression du centre vague dans le bulbe. Dans ces cas il se produituneaccélération énorme jusqu'à 200 battements du cœur mais ceux-ci deviennent tremblotants, inégaux et un peu moins énergiques.

Dans les tachycardies réflexes on voit rarement, dit Letulle (1883), intervenir le vague ou son noyau central, il faut pour cela, que l'excitation centripète née d'un point quelconque de l'organisme puisse aller troubler les fonctions du centre vasomoteur bulbaire. « L'anémie bulbaire qui en résulte, donnelieu « secondairement, à un trouble fonctionnel du vague, d'ordre « paralytique, qui agit comme si l'on avait sectionné le nerf ». (G. Sée, cité par Letulle).

TAClIYCAnDIES

Les tachycardies réflexes, d'origine gastro-intestinale, sepassent au retour dans le grand sympathique (F. Frank). Celles qu'on rencontre chez les dyspeptiques sont d'après Barié, des troubles cardio-pulmonaires développés directement par le retentissement de l'estomac sur le cœur sans l'intermédiaire du poumon.

Le poumon reste en général indemne, ditRommelaëre ; mais l'excitation du grand sympathique, qui n'estpas contestable, agit à la fois sur le cœur et sur les vaso-moteurs .

Les troubles cardiaques de la ménopause sont également, comme l'indique GIément,des actes réflexes provoqués par l'excitation des nerfs accélérateurs. Nothnagelest des plus explicites. Si dans la tachycardie le choc précordial est fort, si les artères périphériques sont bien remplies et bien tendues, (ce quin'estpas indispensable, lorsque simultanément il y a des phénomènes d'irritation vaso-motrice), alors on peut affirmer une irritation du sympathique ; Huchard fait une distinction entre les causes de tachycardies par hyper ou par hypotension.

VL Traitement des tachycardies. Malgré les analogies apparentes des tachycardies et des arythmies, il y a au point de vue pratique des diflerences saisissantes. Reprenons en effet les usages des digitaliques, des iodures, des sédatifs. Ici les iodures Vasosont absolument contre-indiqués ; ils tendraient plutôt à aug- ques. menter l'accélération ainsi que le débit des systoles.

Les digitaliques semblent au contraire s'imposer, mais prenez digitaiigarde à la dose ; à faible dose le pouls se ralentit, à forte dose "î"®^il se précipite ; le nerf vague est paralysé ; à dose prolongée il en est de même, il y a alors en plus les fâcheux effets de l'accumulation,de sorte qu'il faut chercher un effet immédiat a li2 milligr. ou même un milligr. de digitaline pour cesser ensuite.

Si le résultat est nul ou passager, il faut recourir à la convallamarine (0,05 à 0,30) ou à la sparteïne (0,15 par jour).

J'ai vu dans quelques cas la quinine (1 gr.) avantageusement Auxiiiaisubslituée à la digitaline.

Pour tous les autres moyens auxiliaires les mêmes prohibitions existent que dans le traitement des arythmies.

338 ciiAP. X.

Page 1