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CHAP. X. — TRAITEMENT DES SYMPTÔMES EXTRA-CARDIAQUES

Art. II. — Estomac ou cœur.

Nous disons estomac ou cœur, comme nous le disons pour le foie et les reins; cela vcldire que tantôt c'est le cœur qui provoque des troubles gastriques, lantôtc'est l'estomac qui réagit sur le cœur. Le premier fait n'est pas discuté, le deuxième prête à de nombreuses hésitations.

L'estomac des cardiaques.

Traitement. Les phénomènes gastriques, sont si souvent les indices révélateurs du cœur qu'ils laissent toujours le malade et souvent le médecin indécis entre le cœur et l'estomac ; l'état du cœur se traduit soit par une dyspepsie permanente et vraie, principalement du type fermentatif, soit par une lésion superlicielle de l'estomac, par le catarrhe, enfin par la distension et la dilatation de l'estomac.

Ces trois modalités que je définis dans mon livre sur l'estomac alternent souvent entr'elles, la plus grave est la dilatation chronique ; la plus curable paraît être la dyspepsie fermentative ; mais dans l'état actuel de la science, il. est impossible d'aboutir à un diagnostic ni à un pronostic précis, à cause de la complexité des analyses, et k cause du danger de sonder, d'une manière exagérée, les malades cardiaques dilatés ou non de l'estomac. Il ne reste qu'à rechercher de loin en loin dans le liquide sécrété par l'estomac, une heure avant l'introduction d'un repas d'épreuve, le degré et la nature de l'acidité du suc gastrique, par le réactif de Gunzbourg, par les réactifs des acides organiques et les procédés acidimétriques. On peutalors démontrer sans qu'il y ait une précision mathématique, sinon la quantité absolue d'HGl libre, mais la qualité des acides ; c'est dans ce sens que j'ai pu par les procédés des réactifs colorants constater la plupart du temps l'absence d'HGl libre, et rattacher la dyspepsie soit au type fermentatif, qui se trouve presque toujours en dehors de la chlorhydrie, soit au type catarrhe, dont la clinique n'est plus à faire.

Comment et dans quelles conditions se produisent ces anomalics?cc trouble de la digestion avec hypoacidité, ce catarrhe, cette dilatation? Le premier peut s'expliquer par la sécrétion gastrique imparfaite, c'est un mot à la place du fait; la deu-

ESTOMAC OU CÛEUU

xième s'explique mieux par une stase du sang veineux dans les parois de l'estomac, comme il existe d'autres stases veilleuses chez les cardiaques; la troisième, d'ordre nervo-moteur ou atonie-motrice neparaitpas primitive; elle ne peut se comprendre qu'à l'aide d'une cause mécanique, c'est-à-dire par la surcharge gastrique des aliments et des liquides.

Les conditions morhides où se développent ces affections Lésions stomacales ne nous éclairent pas heaucoup mieux sur le déve- diaques loppement de ces troubles. Contrairement à ce qu'on croit, à Pg|n°g" ce que j'ai cru, les lésions artérielles ou plutôt aortiques ne dominent nullement la pathologie de l'estomac; leur excès de tension y fait même moins que la pression faible qu'on observe dans les affections mitrales au début de leur impotence fonctionnelle ; c'est dans ces cas-là que j'ai noté les troubles divers de l'estomac, particulièrement le catarrhe. Le même fait se retrouve fréquemment dans les myocardites dégéncratives ou scléreuses, dont la phénoménalité toujours obscure permet très facilement une méprise sur la chimie stomacale, si elle n'était accompagnée ou même précédée de la dyspnée de travail souvent jointe à l'arythmie.

Le cœur des dyspeptiques. La cardiopathie, provenant des dyspepsies ou du gastricisme, serait la dilatation du cœur droit, à laquelle il n'y arien à opposer, si ce n'est le traitement régulier des dyspepsies. Tous les troubles cardiaques proprement dits, les palpitations , les arythmies d'origine gastrique ont déjà fait l'objet d'une étude précise. (Voir chap. IX).

« Art. III. — Foie cardiaque.

a) ascite

h) hémorrhoïdes

c) dyspepsies abiliaires

l. Condition de formation. Les foies cardiaques sont souvent méconnus, considérés comme des foies vulgaires, traités à Vichy, à Garlsbad, naturellement sans le moindre succès ; tout au contraire, c'est qu'il s'agit tout simplement de cardiaques sans souffle, de myocardiques dégénérés, dont le premier indice de trouble est au foie, ou bien encore de cardiaques obèses.

La première atteinte au foie, se traduit par trois signes. 1°

3S2 GIIAl'.X. — TRAITEMENT DES SYMPTOMES EXTRA-CARDIAQUES

tômes" tuméfaction simple ou pulsatilc du foie, elle résulte de la slalésfons ^^"o veines hépatiques (qui ne peuvent se

dufoie. vider dans la veine cave inférieure) etde plus dans les veinules et les capillaires de la veine porte.

2o \^ ictère est parfois d'origine hématique, le plus souvent il est dù à l'oblitération des vaisseaux sanguins ou par des stases directes dans les capillaires hépatiques.

Ces phénomènes n'ont que l'intérêt diagnostic. La tuméfaction du foie n'est qu'une stase veineuse contre laquelle il n'y a rien à faire. L'ictère ne mérite considération qu'en raison des troubles digestifs abiliaires, dont nous allons parler.

3° Sclérose du foie. Tous ces phénomènes peuvent au premier abord être interprétés par la stase sanguine, la congestion hépatique, la réplétion excessive du système veineux efîèrent du foie par suite de la stagnation du sang qui ne pénètre plus que difficilement dans les cavités droites du cœur. Mais cette congestion ne suffit pas pour expliquer la prolifération conjonctive au niveau des espaces portes. (Budd, Handfield. Jones, Liebermeister, Wickham Legg.) Talamon indique nettement des lésions inflammatoires indépendantes de la stase sanguine, et surtout les néoformations de tissus conjonctifs qui se font aux dépens des artcrioles hépatiques atteintes d'artério-sclérose et finissent par cloisonner en tous sens le tissu hépatique ; la veine porte et ses branches deviennent elles-mêmes parfois un foyer de sclérose, la partie centrale des lobules restant intacte. Mais Sabourin affirma l'existence de la sclérose centrolobulaire, qu'il attribue à une origine mécanique ; c'était, comme le dit Tapret dans une intéressante étude (Union med. 1889 n^.ST et 88.) un foie passif, le dernier chaînon de la série congestive, tandis que pour tous les autres pathologistes la sclérose est de nature irritative active. A ces deux genres opposés de lésions, Tapret ajoute une sorte de foie indépendant dû à des conditions prédisposantes comme l'alcoolisme, les états infectieux, la grossesse, et qui devient lui-même le point de départ d'une asthénie du cœur avec irrégularités dupouls, sans souffle tricuspidien,ni de dilatation du cœur droit; ceci est le cœur hépatique (de Potain et Rendu) c'cst-à-dirc l'inverse de ce que nous étudions en ce moment, c'est-à-dire le foie cardiaque. 4° Syndromes secondaire. Trois effets remarquables mar-

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