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I. Diurétiques vrais et diurétiques vasculo-cardiaques

Il y ta deux espèces de diurétiques ; on en admettait même une troisième catégorie, celle des diurétiques osmotiques [aujourd'hui bien déchue de leur valeur, qui était fondée sur une fausse interprétation, sur l'application de la loi de l'osmose des tissus morts, aux membranes vivantes; ils paraissaient jouir d'une réputation incontestée. Mais ceux qui agissent ce sont les diurétiques qui augmentent la pression sanguine par le renforcement du cœur, ou par la vaso-constriction ; ce sont là les cardiaques destinés à remplir la deuxième indication, c'est-à-dire à produire une diurèse qu'on pourrait appeler vasculo-cardiaque.

Ils doivent céder le pas, sinon la place, aux vrais diurétiques, qui, ainsi que je l'ai établi d'après de nombreuses expériences, n'ont rien à démêler ni avec la pression sanguine ni avec le cœur, qu'ils ne fortifient ni ne dépriment ; ce sont les diurétiques vrais par opposition avec les diurétiques vasculo-cardiaques bien inférieurs et inapplicables à toute la classe d'hydropisies cardiaques, où la tension artérielle reste élevée comme cela a lieu en général dans les insuffisances aortiques.

Le dénombrement et le classement des diurétiques vrais se trouvent tout faits ; ils ressortent de leur étude d'ensemble et de détails; d'après leur ordre d'importance, et d'après leur degré d'innocuité ; ce sont ; La lactose.

2" Le rationnement des boissons.

3° Les cafeïques ouxanthiques.

4o Le calomel.

0° La scille ; l'adonis vernalis.

6» Diurétiques populaires.

lo La lactose domine toute la série ; elle ne manque ses effets diurétiques que s'il se produit ou s'il existe en même temps une sudation ou la diarrhée ; je prescris 100 grammes de lactose répartis en deux litres d'eau à prendre pendant les repas ou dans l'intervalle à n'importe quel moment de la digestion. Cette délimitation est de rigueur et elle doit être exclusive de toute autre boisson ; le lait, le bouillon, la limonade, les eaux gazeuse^ seront proscrites, et c'est tout au plus si on peut permettre l'addition d'un cinquième ou sixième de vin blanc ou rouge. Les

364 CIIAP.X. — TBAITEMENT DES SYMPTÔMES EXTlU-flAUDIAQUES

raisons de cette réduction du liquide laclosique sont faciles h indiquer ; il y a là un argument chimique et un motif physiologique. En effet la dose au delà de 100 grammes de lactose doit faire craindre le développement d'une glycosurie diabétique par le passage du sucre de lait transformée ou non dans les urines.

La dose au-dessus de deux litres d'eau, ne satisferait pas U une indication physiologique de premier ordre, c'est le rationnement des boissons qui va trouver sa justification expérimentale. Au-dessous de 2000 grammes d'eau, nous aurions la réduction des liquides qu'il s'agit de discuter. Avec ces prescriptions et restrictions on obtient chez les cardiaques compensés, ordinairement 2 à 2 1/2 litres d'une urine claire, sans dépôt uratique, sans mucus, sans albumine ; chez les cardiaques hydropiques, c'est-à-dire déséquilibrés, hémoadynamiques ou même complètement asystoliques, l'effet est saisissant; l'urination au bout de 24 à 48 heures.se traduit par 2 1/2, 3, 4 et 4 litresetdemi ; après quelques jours de cette diurèse, qui n'existe par aucun autre moyen médicamenteux et qui les dépasse tous en durée et en intensité, l'hydropisie disparaît, c'est qu'alors le sang est désh}^draté pour un certain temps sûrement ; mais si on interrompt l'usage de la lactose trop longtemps, le sang recevant une nouvelle quantité de liquide aqueux restitué, les transsudations séreuses reparaissent. Quand cette spoliation aqueuse par les urine est opérée, le cœur dans tous les cas, même chez les cardiaques non hydropiques, se trouve débarrassé d'une surcharge dequelques kilogrammes de liquide, ce qui facilite singulièrement l'action du cœur, c'est-k-dire la circulation, ce qui diminue en même temps la pression veineuse exagérée, et produit une véritable détente dans les tissus infiltrés de manière à faciliter la résorption des liquides épanchés.

Sucres divers. Dans ces derniers temps Dujardin-Beaumelz attribuant la propriété diurétique à tous les sucres, surtout à la glycose, administra 200 à 300 grammes de sirop de sucre (de canne) et il obtint le diurèse la plus marquée sans provoquer le diabète. La diurèse n'est pas douteuse; l'immunité diabétique est contestable ; ce qui ne l'est point, c'est l'impossibilité de boire pendant plusieurs semaines et mois d'une manière exclusive du sirop avec de l'eau, du sirop dilué, sans être fortement écœuré, tandis que la lactose, comme je m'en suis assuré un

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