HYPROPISIES, RATIONNEMENT DES BOISSONS
grand nombre de fois, peut être continuée sans difficulté et sans
répugnance. .
2o Rationnement des boissons. H peut paraître singulier quepour favoriser la diurèse on puisse songer li conseiller le rationnement des boissons. Voici comment on peut interpréter cette prescription. Dans l'état normal, les boissons même abondantes ne sauraient augmenter d'une manière durable la quantité d'eau du sang, ni la pression sanguine veineuse ou artérielle; ceci ressort des expériences de Regeczy, de Bashe, qui établissent la constance ou le peu de variabilité de la pression à l'état normal. Il peut même se faire que la fixité se maintienne dans le système vasculaire du malade troublé dans ses fonctions ; toutefois c'est à une condition, c'est que la sécrétion urinaire réponde exactement à la quantité de boissons ingérées; mais si dans l'état pathologique du système circulatoire, la sécrétion urinaire ne marche pas de pair avec l'absorption des boissons, on est frappé de la voir se rétablir en rationnant les liquides. Ce n'est pas, qu'on augmente par un excès de liquides la masse du sang, ce fait ne saurait être durable, mais il se peut, comme la cause de l'anurie est dans la stase veineuse, que la réduction des liquides diminue cette réplétion des veines et y dégage la circuation.
Si en même temps on augmente le travail musculaire (méthode d'Oertel) ce sera le moyen de fortifier le cœur et de relever la pression artérielle. La réduction des boissons n'est d'ailleurs, dans aucun de ces cas, la cause première de la polyurie, mais c'est la cause de la diminution de la stase ou de l'engorgement veineux. Il semble donc qu'on doit uriner d'autant plus qu'on boit moins, et inversement qu'on urinera d'autant moins qu'on boira davantage ; une pareille conséquence serait absurde dans l'état normal; mais elle peut être applicable aux cas de profonde perturbation de la circulation dans les maladies du cœur ; dans ces cas il s'agira du rationneinent indiqué, mais non de la réduction, et ce rationnement doit se répartir sur toute la journée dans l'intervalle des repas, aussi bien qu'aux repas eux-mêmes.
3° Cure de lait. On peut objecter que par l'ancienne cure de lait, tout en administrant 3 à -4 litres de lait, on obtenait une large diurèse ; cela est vrai, mais on arrive au même résultat avec 2 litres de tisane de lactose (à 50 gr. par litre) ce qui prouve
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qu'il s'agit ici non plus d'une diurèse proportionnelle, comme dans le premier cas, mais d'une diurèse par excitation dos mments sécréteurs par la lactose.
On peut objecter encore qu'avec les quatre litres de lait on ne peut arriver que péniblement ;i la ration normale de l'alimentation; plus, si le régime lacté exclusif no suflit pas pour maintenir les forces, il sera impossible en raison de l'encombrement de l'estomac de songer îi l'adjonction d'un autre aliment plus utile; il n'en est pas de môme pour la lactose, les deux litres de tisane permettent toute autre alimentation, entr'autres celle de la viande qui est bien plus importante que la cure exclusive de lait.
4" La caféine et la théobromine. De mémo que la lactose, la caféine et la théobromine agissent directement sur les éléments sécréteurs; un gramme de caféine ou trois de théobromine par jour, constituent des diurétiques de premier ordre, la première plus excitante, la deuxième plus inofTensive, mais d'un prix encore trop élevé. Toutes les deux réclament l'addition d'une certaine quantité de boissons, dont laréduction excessive annulerait l'action diurétique, et dont l'exagération serait tout aussi nuisible. En tous les cas, le pouvoir polyurique se perd rapidement, et c'est dans ces cas que l'alternance avec la lactose doit s'imposer au médecin.
5° Le calomel est une ressource extrême, dans les rares conditions ou les caféiques et la lactose ont échoué ; je l'ai vu réussir dans près de la moitié des cas de grave asystolie avec hj^dropisie ; mais il faut craindre l'intoxication mercurielle, et de prime abord la stomatite de ce nom ; pour ces raisons il est impossible d'en continuer l'usage au delà de trois jours ; et la dose régulière sera de 0,60 par jour îi prendre en trois fois en cachets.
6° La scille est un faible auxiliaire, dont les principes chimiques sont peu précis, bien qu'elle fasse la base d'une foule de formules vulgaires de vins appelés diurétiques.
L'adonis vernalis est peu connue en France; ses effets diurétiques sont instables d'après mes recherches, et cette faiblesse semble tenir aux qualités de la plante, qui diffère sans doute de l'adonis vernalis de la Russie; le principe actif lui-même, îi savoir l'adonidine est l)ien plus utile.
7° Divers diurétiques populaires. Pour sacrifier à l'opi-
CARDIAQUES ANl^MIQUES, MVnRliMTQUES
nion populaire, je consens l\ énumércr la fin de la liste des diurétiqiios : la décoction de chiendent, l'iiifusion do queues de cerises, l'infusion de neurs des fèves de marais, la tisane de fraisier sauvage, la bière, les stigmates de maïs, les eaux gazeuses, les eaux alcalines, etc. Il faut avoir la foi robuste pour croire aux vertus diui'étiques de ces boissons, qui sont bien plutôt dos excitants do la vessie, que des hyporsécréteurs des urines S'^ Diurétiques cardio-vasculaires . Il est des diurétiques dont la fonction repose sur une action de renforcement du cœur, et d'une vaso-constriction, ce sont :
a) La digitale et digitaline.
b) Le convallamaria et la convsllamarine. (■) Le strophantus. Je no parle pas de la strophantine, ni
de la spartéïne, qui sont les cardio-toniques par excellence, mais n'ont pas de propriétés diurétiques; ceci prouve qu'il n'y a pas de proportionnalité entre la force tonique du cœur, et le fonctionnement des reins, et que les hautes pressions d'ordre physiologico-thérapeutique n'entraînent pas toujours la diurèse.
Art. VI.— Des cardiaques, anémiques ou Hydrémiques. Pléthore séreuse. Cachexie cardiaque.
Sous ces dénominations on a décrit depuis longtemps divers h|^s|o états du sang à savoir (a) une augmentation relative de la quantité d'eau du sang, (ô) ou une résorption excessive de liquides, ou pléthore séreuse, (c) une hypoalbuminose, (d) une hypoglobulie, ou une hypoglobinurie. Théoriquement toutes ces données se conçoivent. Pratiquement elles font encore l'objet de graves erreurs, et on n'a pas craint de traiter les cardiaques, tantôt comme des hydrémiques ou des pléthoriques sanguins, des anémiques ou des cachectiques, présentant les signes et même les etîets des hydropisies, ou des transsudations séreuses. Ces conceptions ont mené la médecine dans des voies absolument opposées et toutes sans issue; les unes, les plus funestes, commencèrent à l'occasion des anévrismcs avec Albertini et Valsalva et furent élevées comme méthode radicale de guérison des maladies du cœur; d'autres avec Gorvisar, Laennec, Bouillaud, Gendrin préconisèrent les saignées répétées, dans l'idée d'arrêter le mal au début, et surtout d'harmoniser la force avec
rique
368 CIIAP. X. — TIIAITIÎMENT DKS SVMI'TÙMICS KXTnA-CAUDIAQUES
Système riicent ou d'Oertel.
Procédé alimentaire.
la charge de l'organe. Celte doctrine aussi présomptueuse et dangereuse tend plus modestement à renaître.
Mais la grande théorie, celle d'Oertel, est de date récente, et d'origine complexe ; elle s'intitule h la fois hygiénique alimentaire, d'autre part mécanico-gymnastique.
Le premier procédé comprend :
(a) La réduction des boissons dans le but de déshydrater le
sang.
(6) Le fractionnement des repas, et au besoin la séparation des aliments solides et des boissons, afin d'éviter une réplétion de l'estomac, et la pression de bas en haut sur le cœur et les poumons.
(c) Régime contre la formation excessive de graisse, c'est-àdire contre l'obésité.
(d) Régime adapté aux états de débilitation, à l'hj^drémie à la chlorose, à l'anémie.
Etat chlorotique.
et anémique.