INSOMNIES
douloureuses se trouvent celles de la tète, la migraine dont l'une pousse finalement au sommeil plutôt qu'k l'insomnie, et réclame extemporanément l'antipyrine ou un paralgesiant quelconque, contre ses paroxysmes étrangers d'ailleurs^ a l'insomnie cardiaque. Les autres douleurs de tète, les céphalées relèvent plus souvent du cœur. Or, dans ces céphalées cardiaques proprement dites, quels seront les calmants, les paralgésiants absolument nécessaires pour procurer ou du moins pour permettre le sommeil. La morphine et le chloral sont interdits ; le bromure de potassium, ou de strontium ou de calcium, présentent souvent de grands avantages; mais le pouvoir somnifère appartient surtout à la paraldéhy de, qu'on donne avec du sirop de menthe à 3 gram. par soir.
Si l'insomnie d'origine douloureuse provient d'une cause accidentelle, elle est facile à trouver, et le plus souvent k traiter.
2. L'insomnie digestive ou toxique est des plus fréquentes chez les cardiaques. Si le malade n'accuse aucune douleur périphérique ou viscérale, il faut songer aux troubles digestifs, qui ne se trahissent souvent que par du malaise et de l'agitation tardive, dépendant d'une dyspepsie fermentative laquelle manifeste ses effets dans la nuit sous forme d'insomnie. Avant d'attribuer l'insomnie digestive à la dyspepsie, n'oublions pas qu'il peut y avoir chez les cardiaques un trouble passager ou 'plus ou moins permanent, résultant d'un repas défectueux, d'une mauvaise ou excessive alimentation qui suffit pour empêcher le sommeil.
Dans ces dernières conditions un simple purgatif suivi d'une rectification du régime siiffitpour ramener lecalme du sommeil.
Dans le premier cas il s'agit d'un véritable traitement de la dyspepsie, flatulente ou fermentative, qui peut bien céder à l'emploi des alcalins ou des alcalinoterreux, particulièrement aux bromures de calcium ou de strontium mais qui réclame des soins prolongés et minutieux, avant qu'on ait recours aux somnifères.
Parmi les insomnies toxiques il faut compter celles qui sont dues au café, au thé, a l'alcool, au tabac, maisil est a noter que ces substances ne produisent pas toujours l'insomnie par dyspepsie, c'est le contraire qui a souvent lieu. On voit des individus
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TRAITliMENT DES SYMPTÔMES EXTRA-CARDIAQUES
mieux digérer par le thé ou le café, mais s'exposer à l'insoinnie toxique; il en est de môme pour l'alcool ; souvent une légère dose de liqueur à la fin du dîner fait digérer, mais agite le sommeil. Le tabac, chez la plupart des fumeurs facilite la digestion d'une manière inéluctable et immédiate, si bien que la digestion est enrayée ou même impossible, parla suppression brusque du tabac. Si donc on peut attribuer l'insomnie au tabac, c'est qu'il s'agit d'une dyspepsie véritable chimique, qui trouble surtout la deuxième digestion et qui exige, coûte que coûte le sacrifice du cigare ou de la cigarette.
3. Insomnies dyspnéïques cardiaques. Voici l'insomnie dyspnéïque vraie, ou l'asthme cardiaque nocturne, qui ne permet pas au malade de gagner le lit. Tant qu'on n'aura pas obtenu une rémission de cet état dyspnéïque k l'aide de l'iodure on ne saurait utiliser les somnifères. Mais si les iodures ont refusé le service, on est forcé de recourir aux médicaments respiratoires, lesquels ? la morphine est le plus efncace, mais non le moins dangereux. ; il s'établit une sorte de morphinomanie qui soulage plus la respiration que le sommeil.
Moyens de traitement. C'est dans ces conditions qu'on a préconisé aussi le chloral dont nous connaissons les méfaits au point de vue de la vaso-motricité. Après avoir épuisé la liste ancienne comprenant le chloral et la morphine nous voici, il semble, embarrassé uniquement par le choix. Il suffit d'çnumérer le sulfonal le chloralamide^ l'hydrate d'amyline, laparaldéhyde. La lutte s'établit vigoureusement et sans trêve entre les somnifères et l'action troublante et dyspnéïque de la maladie elle-même; le résultat obtenu est toujours transitoire; souvent Parai- même il est nul d'emblée. Ceux que j'ai vu surmonter le mieux (iehyde. l'action Cardiaque et dyspnéïque, c'estlaparaldéhyde, à la dose de 3 cl 4 gram. en potion espacée par cuillerées dans le cours de la soirée de 8 heures à minuit ; souvent je commence par une cuillerée dans la journée, et l'effet des doses vespérales est plus décisif. Dans ces cas de succès, il est a se demander si l'absence de sommeil tenait a la dyspnée ou bien h une cause accidentelle ou adjuvante psychique ou sensorielle, à la fatigue intellectuelle ou émotive; il est bien certain que le somnifère combattra efficacement cette dernière cause, et probable qu'il ajoutera son action au pouvoir anti-dyspnéïque des iodures de manière à permettre