CHAPITRE XI
Art. I. Scléroses artérielles.
Art. II. Angine vraie de poitrine.
Art. III. Gardialgies.
TRAITEMENT DES LÉSIONS ARTÉRIELLES Cœur et artériosclérose. L'artériosclérose est une alté- "InTres^
ration primitive artério capillaire, d'origine connective par prolifération des cellules. Cette altération qui s'appelle aussi endocardite capillaire se révèle longtemps a l'avance d'après Iluchard et dans la plupart des cas d'après Frankel, par une série de troubles qui consistent en général, dans une augmentation de l'action du cœur surtout du ventricule gauche, en outre dans des résistances anormales du système aortique .On peut prédire et prévoir avec quelque certitude que chez un grand nombre de patients qui pendant leur vie ont présenté les manifestations d'une forte tension des artères avec hypertrophie consécutive du cœur gauche, l'autopsie doit révéler des lésions relativement proportionnées des vaisseaux. Mais le fait est loin d'être constant. Traube qui le premier a observé la corrélation de l'artério sclérose avec l'hypertrophie du cœur
sclérosés.
CTIAP, XI,
— TRAITEMENT DES IJCSIONS ARTERIELLES
gauche a fini par formuler ainsi, et cela d'après de nombreuses autopsies, sa conception de ces rapports pathogéniques. Pendant la vie du patient on a pu noter l'état flexueux des artères superficielles, la forte pression dans le système aorlique, et tous les autres signes de l'hypertrophie gauche, le tout cadrant avec les circonstances étiologiques de la vie de luxe, et cependant, après la mort on ne trouva rien de l'artério sclérose ; l'hypertrophie avec ou sans dilatation existait seule. Inversement on vit ù l'autopsie souvent l'artério sclérose, le cœur restant sain. Traube (son opinion a été affirmée récemment par Fraentzel son parent) conclut que l'artério-sclérose et l'agrandissement du coeur ne sont pas cause et effet, mais le résultat d'une seule et même cause a savoir la tension anormale dans le système aortique. Tantôt en raison de cette tension aortique il survient l'artério-sclérose, tantôt l'augmentation des dimensions du cœur, tantôt les deux affections à la fois.
Ces considérations permettent d'affirmer que la conception de l'artério sclérose comme cause de l'hypertrophie du cœur doit être entièrement négligée. Il vautmieux, dit Fraenzel, considérer cette hypertrophie ou bien comme le résultat d'un excès d'aliments et de boissons, ou bien comme l'effort d'un travail excessif. Mais ce n'est pas le seul ordre de causes. (?) Causes indirectes de l'artério-sclérose. Parlons d'abord
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lesse. de la sénilité. L'artério sclérose est après l'âge de 50 ans la maladie ou la lésion la plus fréquente. Démange dit qu'elle se retrouve chez presque tous les vieillards dans les grosses artères, sans s'être manifestée par aucun signe pendant la vie. Si elle atteint les petites artères il en résulte un trouble fonctionnel plus ou moins grave ; si elle retentit sur le cœur, soit en s'y reproduisant sous les mêmes traits que dans les artères, soit en créant îi la circulation des obstacles dans le système aortique, le ventricule gauche est .amené h un travail forcé, et en même temps à une œuvre de compensation qui est aussi prompte que merveilleuse.
(b) Les causes physiques. En dehors de la sénilité et souph?sf- vent même chez les adultes de 30 à 40 ans se trouvent divers ques. genres d'actions physiques portant sur les artères de manière a provoquer l'artério sclérose ou bien des causes physiques directes de l'hypertrophie du cœur.
slCLÉROSES EN GÉNÉRAL, CAUSES
Ces altérations qui sont d'ordre mécanique proviennent de divers genres nuisibles d'existences.
lo La vie luxueuse est à noter en première ligne. Dans les classes aisées il y a des viveurs, qui prennent trop de nourriture, ou bien un régime trop succulent, et se livrent à une musculation en proportion inverse, c'est en un mot un maximum de recettes, un minimum de dépenses. Un repas copieux détermine passagèrement, dit Frankel, une certaine plénitude du système sanguin, et par cela même une suractivité ou une forte réplétion du cœur. L'augmentation de la partie liquide du sang, et par conséquent le changement passager de répartition est d'abord facilement compensé. A la longue il en résulte une plénitude durable du système vasculaire, et la suractivité du cœur finit par persister. Il est probable qu'elle entraîne indirectement une forte pression dans le système aortique.
2o Défaut d'exercice. A cette abondance de nutrition se joint souvent le défaut d'exercice ; d'où il résulte que le courant du sang veineux n'est plus soutenu, et subit ainsi des stases passagères dans ce système. Un autre inconvénient provenant du défaut d'action musculaire consiste dans la diminution des oxydations des principes alimentaires, et cette sous-oxydation favorise singulièrement l'engraissement.
30 Adipose. Or la vie sédentaire, chez les gens bien ou mal nourris, chez les buveurs ou chez ceux qui sont sobres de boissons, ne manque jamais de produire l'engraissement.
40 Adipose du çœur. L'obésité est un sérieux obstacle h la circulation périphérique ; il en résulte une dilatation ou une hypertrophie du cœur; mais ce n'est pas tout.
Le cœur se couvre d'une couche adipeuse, qui pénètre entre les faisceaux musculaires, les étouffe, et trouble ainsi la circulation intra-cardiaque.
50 Adipose abdominale. Gros ventre. Il est un grand nombre d'individus, qui sans avoir l'obésité générale ont l'adipose dupannicule charnu de la paroi abdominale, et en même temps, une surcharge graisseuse du mésentère et des intestins. Il s'en suit une compression qui entrave la circulation. Il ne s'agit pas seulement d'un resserrement des vaisseaux de l'abdomen. La circulation générale est également atteinte, car il est démontré de par les lois physiologiques que par suite de sa réplétion et