‹ Traité des maladies du cœurChapitre 384 sur 418 · TRAITEMENT DES LÉSIONS ARTÉRIELLES · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES LÉSIONS ARTÉRIELLES

c'est ce qui explique la rareté des arlériles avant l'âge de 40 à 50 ans.

III. Causes toxiques et chimio-trophiques. Une série de causes d'artériosclérose tout à fait étrangères à l'action mécanique comprend les toxiques, (l'alcoolisme) les virulentes (syphilis) les chimio-trophiques (goutte, diabète).

Parmi ces causes, il ne faut pas oublier l'état du rein. Le rein atrophié peut être ou frappé de sclérose, ou de néphrite interstitielle sans qu'il opère le moindre effet sur le cœur. Il se peut aussi que les lésions rénale et cardiaque relèvent d'une lé.sion commune, qui serait une lésion artérielle générale, la fibrosis capillaire de Gull et Sutton, ou la sclérose générale des auteurs modernes ; or l'une est à peu près oubliée, et la deuxième fortement discutée, car non seulement elle n'existe pas constamment, mais elle doit faire, pour qu'il y ait de la logique dans la doctrine^que la lésion hypertrophique soit de même nature que celle du rein, c'est-à-dire scléreuse; ce sera la grande sclérose du cœur; on ne saurait la nier, à la condition que la clinique nous montre une sclérose rénale en même temps, avec tous les signes de la néphrite interstitielle. Le véritable connexus, est d'ordre toxique : le muscle cardiaque peut être atteint par les produits toxiques qu'on constate dans les urines (produits urotoxiques).

Avant de formuler le traitement de l'artérioclérose, il importe de connaître le mécanisme d'après les données récentes de la science et de procéder par ce moyen à la sémeiologie rationnelle, à la pathogénie de ces lésions artérielles. Souvent on a confondu avec la sclérose, la dégénération grasse soit des artères, des veines, de l'aorte chez les vieillards, soit des capillaires à la suite des maladies infectieuses et toxiques ou des anémies, dégénération qui atteint surtout les cellules de la membrane interne et le protoplasma des fibres musculaires lisses, qui se remplisssent de gouttelettes de graisse. A cette dégénération se joint souvent de la calcification et de l'athérome : tous ces cas, si souvent confondus avec la sclérose en sont absolument distincts.

L'artérite à l'état aigu résulte de l'action de bactéries ou de corps toxiques ou de thromboses infectées elles-mômesde bactéries spécifiques; elle a lieu aussi par propagation des bactéries des organes voisins. Quand l'inflammation spécilique atteint les

SlGiNES ET EfFETS DE LA SCLÉrOSË AllTÉnlELLÊ

petiès vaisseaux, elle gagne souvent les reins qui servent d'éliminatoire des bactéries. En outre ils se remplissent eux-mêmes de leucocytes et de fibrine qui se décolore (thrombose blanche).

A l'état chronique, l'artérite comprend, outre la forme syphilitique qui se rattache toujours à une endartérite oblitérante, connective et totale, la sclérose proprement dite ou athérose. Elle est répandue sur tout le système, ou bien elle occupe certaines portions principalement les embranchements artériels comme les coronaires, de l'aorte à leur point d'origine. Ce mécanisme est dû à un trouble de nutrition générale (comme l'alcoolisme, lasénilité) et non à une action mécanicjue; ce trouble nutritif produit une réduction de l'élasticité de la paroi vasculaire; de là une plus forte distension de la paroi par la pression sanguine, en même temps une dilatation de l'artère, en même temps encore un ralentissement du courant sanguin, et finalement une prolifération du tissu connectif dans la membrane interne; cette néoformation, précédée souvent par un fort développement des vaso vasorum,commencemicroscopiquementpar de petits foyers cellulaires dans la membrane interne, qui aboutissent à des épaississements circonscrits de la membrane. Cet état ne s'oppose pas cependant à une accommodation de la lumière du vaisseau au courant sanguin, à moins que la membrane ne subisse plus tard une transformation localisée ou graisseuse (Weichsel baum).

On voit d'après tout cela, combien l'artérite, ou l'artériosclérose constitue une lésion complexe, et comment elle procède en frappant tout d'abord la fonction élastique. La conséquence est toute naturelle; il n'y a pas de moyen de réduire ou d'arrêter la marcbe fatale de cette déperdition du pouvoir réactif; mais il y a moyen d'agir sur les portions restées intactes du système artériel.

Signes et effets de la sclérose artérielle. Maintenant que nous savons sur quel terrain pathogénique nous marchons, nous pouvons et devons aborder la clinique, c'est-à-dire les signes qui permettent de reconnaître l'artériosclérose soit périphérique, soit myocardique, soit coronaire. L'artérite se caractérise avant de naître dit-on : •1° par un spasme artériel d'une durée plus ou moins prolongée,souvent indéfini à en croire lesauteurs qui, comme Fran-

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