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CHAPITRE XI (bis

Art. II ~ Artérosclérose coronaire .

I. Pathogénie vraie. Depuis que l'on connaît l'influence delà sclérose coronaire sur les lésions anatomiques du cœur (Huber, Cohnheim), depuis que j'ai démontré en 1879, dans mon livre sur le cœur, la pathogénie, le mécanisme de l'angine de poitrine, et son influence sur les graves symptômes, il ne resta plus que quelques points à éclaircir, d'abord l'indépendance de cette artériosclérose coronaire et de l'artériosclérose générale. Le point de physiologie cardiaque ressort clairement des recherches de Rosenberg; les travaux cliniques de Krag-Aberg, Huchard, Odriozzola, vinrent compléter l'histoire morbide de la maladie coronaire que Rosemberg a précisée par des études intéressantes sur la distribution des artères coronaires, à l'aide des méthodes d'injections, (1888). Toutes les autres doctrines sont restées en chemin ; il n'est plus question de l'oblitération osseuse (ou calcaire des coronaires, formulée par Parry ; on ne parle plus du spasme du cœur (sténo-cardie), les névrites du plexus cardiaque (voir article suivant) sont à l'état de légende ; la seule doctrine qui soit généralement admise est celle de l'angine coronaire par artérosclérose de l'artère, comme cause, et par rétrécissement vasculaire comme effet.

II. Angine coronaire. Indications. Dès que l'angine de poitrine fut découverte, les théoriciens se sont emparés de la question et du malade, soumettant le patient a toutes les fantaisies dangereuses de la thérapeutique dite rationnelle. Jusqu'ici cette thérapeutique dite aussi causale ne s'applique à aucun des éléments constituants de la maladielésion,laquellen'est en réalité qu'une artériosclérose des artères coronaires du cœur avec rétrécissement ou même oblitération de l'une ou de l'autre de CCS artères ; c'est ce dont personne ne s'était douté, ce que personne n'avait formulé a\'^nt 1879»

390 f)HAi>. XI nrs.

— TRAITEMENT DBS LÉSIONS DES ARTKRES

Indications. Los indications nn concernent pas rallcration anatomique, et personne ne saurait prétendi-e <à la réduire, encore moins h la faire disparaître, d'autant plus qu'elle consisté souvent en un athérome indélébile ou une artériosclérose immuable, d'autres fois en tissu cicatriciel, ou bien encore dans des embolies sanguines.

La principale indication porte sur le cœur lui-môme et elle est remplie par l'iodothérapie.

L'indication ensuite la plus importante porte sur le système artériel coronaire, ou pour être plus précis sur le fonctionnement de ces vaisseaux, sur leur vaso-motri cité qu'il s'agit de diriger, de régulariser dans leurs parties encore saines, defaçon à faire rendre au cœur tout son débit, tout son travail utile, soit par la systole, soit par la diastole ; c'est encore l'iodothérapie qui est notre soutien, et vient sauver les nobles débris du cœur dégénéré partiellement, ou graisseux plus ou moins profondément, ou anémié dans sa totalité.

Existe-t-il une troisième indication, autre que celle du cœur et des artères? y a-t-il lieu de songer aux états nerveux, en présence surtout des découvertes récentes sur les ganglions nerveux et leurs obscures fonctions ? rien ne le prouve, et l'échec des médicaments nerveux en témoigne.

III. Traitement. L'iodure^ ainsi celui de potassse ou de calcium a trois grandes propriétés.

lo C'est un cardiaque sijslolique ; c'est sur ce caractère que j'ai insisté dès le début de mes travaux sur cette médication, il y a 16 ans ; c'est elle que Lapicque vient de retrouver et qui a été négligée jusqu'ici.

Quelle que soit la période de l'artérite coronaire, le cœur ne reste jamais intact; il est, pour le moins oligaimié, il est le plus souvent dégénéré, mais, comme dans toutes les dégénérations, ■scléroses, stéatoses il ne l'est que partiellement ; c'est par les parties normales que le muscle agit et se contracte; c'estsur les parties saines dont l'iodure réveille ou active la contraction, que le médicament agit lorsqu'on le prescrit à doses modérées.

2° C'est un vaso-dilatateur; après avoir agi temporairement comme vaso-constricteur s'il alapotasse pour base ; or la vasodilatation supprime toute résistance au cours du sang; les artères ne sont pas comrpe on l'a dit un cœur périphérique ;

TRAITEMENT DE l'ANCTNE DE POITRINE

c'est l'antagoniste du cœur, et si les artères sont dilatées, elles laissent au cœur toute liberté d'action, en ouvrant pour ainsi dire les tuyaux d'écoulement qui faisaient obstacle au travail

utile à la systole.

S'' Ce n'est pas im h7jpotenseur, ni un liypertenseur ; la pression ne s'abaisse que quand le cœur a perdu son pouvoir systolique en même temps que les artères leur contractilité.

40 Cette action est contingente. Il ne faut pas expliquer l'iodurepar une action réductrice du tissu artériel, dans le cas présent. Mais pour obtenir une action prophylactique il importe d'agir en permanence, car l'iodure s'élimine totalement et rapidement : il importe surtout d'agir par doses modérées, on peut alors obtenir l'éloignement des accès ; on n'arrêtera pas l'accès lui-même quand il est commencé.

Il n'y pas de chiffres à montrer a l'appui, mais des faits indiscutables à fournir.

20 Nitrite d'amyle. Au moment des accès, le nitrite d'amyle présente les avantages que nous avons longuementétudiés au chapitre V. (vasodilatation.)

30 Pyridine. Voici un moyen plus inotïensif.

Je résumerai les expériences physiologiques sur la pyridine qui ont été si bien conduites par Dandieu et Laborde, après avoir rappelé les résultats cliniques qui ont aujourd'hui pris droit de cité dans la science. Au point de vue des dyspnées asthmatiques le fait n'est plus douteux, il a été confirmé largement par les observations nombreuses de Lublinski et de Koleman, etc. Pour ce qui est de l'angine de poitrine, outre les deux cas de ma clinique rapportés dans la thèse de Dandieu, je puis aujourd'hui en indiquer au moins vingt cas dans lesquels tous les accès ont été évités ou coupés par la respiration presqu'incessante de pyridine^ que les malades portent sur eux renfermée dans un flacon.

Les données physiologiques viennent confirmer toutes les prévisions pratiques.

a) La pyridine atténue le pouvoir excito-moteur delà moelle; par conséquent il n'est pas étonnant qu'il diminue la sensibilité exaltée du cœur.

b) La pyridine augmente l'amplitude delà respiration; l'animal n'a pas plutôt respiré quelques vapeurs pyridiques que

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