CHAI'. XI DIS
— TRAITEMENT DES LliSIONS DES ARTÈRES
la fonclion respiratoire se modifie; c'est le fait primordial, dit Lal)or(lo ; on comprend ainsi son action dans l'angor pecloris où la l'cspi ration est écourtéc et pour ainsi dire enrayée.
c) La pyridine est un vaso-dilatateur tirs net; cette propriété vaso-dilatatrice qui m'avait échappé tout d'abord est plus manifeste par l'injection intra-veineuse, et s'accompagne d'une tendance marquée à l'abaissement de la pression intra-vasculaire. Nous voilà donc en présence d'un médicament vaso-dilatateur, et par cela même dépresseur à la périphérie, tandis qu'au cœur tout se maintent à l'état normal.
d) L'interrogation de l'excitabilité du nerf vague montre une atténuation progressive de l'excitabilité de ce nerf ; il y a donc là une analogie de plus avec le nitrite d'amyle.
Par comparaison avec le nitrite d'amyle la pyridine présente sur le nitrite une supériorité permanente, une innocuité complète.
Action de la pyridine prise à l'intérieur dans les angines coronaires et les autres maladies du cœur. De Ren»i(riv. al. 1889) administra par exemple 6 à 20 gouttes de pyridine dans 120 grammes d'eau, constata un renforcement du cœur, chez deux mitraux, deux aortiques, un péricardique, il soulagea la respiration et dans tous ces cas qui étaient marqués par une diminution de pression artérielle, il releva la pression comme on put le constater avec l'instrument de Bash. Dans les cas d'angine coronaire, la pyridine est bien supérieure à tous les autres moyens (Renzi).
Comment concilier Renzi avec Laborde et moi. C'est que dans l'angine il n'y a pas toujours ni haute ni basse pression; cet élément est complexe. Ce qui doit dominer c'est la vaso-dilatation, qui facilite la circulation.
4° Morphine. Les injections de morphine ne méritent ni les éloges ni l'indignité dont on l'a accusé. J'ai vu il y a trente ans, un personnage politique mourir après un accès (c'était le 15"^) qu'il avait contracté en allant le soir au mois de mars par un froid rigoureux et en voiture découverte au bois de Boulogne. On accusa la morphine ; il a succombé malgré la morphine. Depuis cette époque j'ai fait pratiquer les injections de morphine un grand nombre de fois, et il m'a été impossible de retrouver cette action mortelle, ni les bienfaits accussés pnr
TRAITEMENT DE lA\Nr,INK DE POITIUNE
des médecins enthousiastes de cette médication. Il est certain que la morphine ne moditic giihv. la pression, ce dont on l'avait accusée.
IV. Médications fallacieuses et actions réelles. Je ne fais qu'énumérer les médications spéciales, et les médications dangereuses :
1° Le tabac est certainement une cause d'intoxication du cœur; il est à supprimer.
2" La méthode causale chimiotrophique ; la chimiotrophie comprend la goutte, le diabète et les intoxications se rapprochant surtout du tahac.
La lithine et d'autres anti-goutteux, ou anti-arthritique, commeonlesappelleaujourd'hui, n'ontplusdeprisesur la goutte localisée au cœur ; la genèse de l'artériosclérose générale et l'artérite coronaire, qui se produit dans la goutte, ressemble à toutes les angines scléreuses. Les alcalins sont tous plus qu'inutiles.
Il en est de même de leur usage dans l'angine des diabétiques^ et le régime le plus sévère ne peut plus rien sur la lésion coronaire une fois produite.
3° La méthode dite fondante. Parry, qui est, dit-on, l'inventeur de l'artério sclérose coronaire et qui n'avait jamais vu que l'ossification des artères, n'a eu en effet d'autre visée c|ue de prévenir cette ossification par les moyens les plus étranges. Baumes de Montpellier donnait le phosphore pour fondre les concrétions artérielles ; Bretonneau prescrivait 10 gr. de bicarbanate de soude avec la belladone pour décalcifier les artères.
A" Antiphlogistiques et révulsifs. Cette méthode est basée sur l'idée que l'artérite coronaire résulte de l'inflammation aiguë de l'aorte ou l'aortite k répétition, laquelle pénétrerait par voie de propagation dans les artères coronaires, de même que l'aortite chronique ou calcifiée, ou ossifiée peut projeter des fragments durcis dans les artères coronaires. L'aortite aiguë exige les antiphlogistiques et le régime (Huchard), l'aortite chronique demande des révulsifs que blâme heureusement Huchard, sous toutes leurs formes : les vésicatoires, cautères, pointes de feu, ne trouvent pas de plus rigoureux adversaires que les deux auteurs. (ITiichard et Sée).
;> Méthode anesthésique et paralgésiante ou nerviste,
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Cocaïne. Los anciennes théories nervistes avaient créé les antispasuiudiques, le camphre, la valériane ; les théories plus récontes ont recours au chloral, qui paralyse le cœur et les centres vaso-moteurs, pour calmer les douleurs rétrosternales. Les théoriciens les plus avancés prescrivent la cocaïne qui est le plus dangereux des excitants du cœur. Les autres paralgésiants, l'antipyrine et la phénacétine du moins ne font rien contre le cœur ni sur les vaisseaux, ce sont des paralgésiants sans portée dans le cas présent. Il n'en est pas de môme de la cocaïne vantée par Paskitz (rev. de méd. 1886) qui cite des cas des moins probants pour son thème.
Ces médications fâcheuses n'ont jamais eu d'effets que sur les cardialgies, qui n'ont rien de commun avec les artères coronaires et qui seules peuvent être considérées comme les névralgies, jamais comme des névrites : celles de Peter et Lancereaux sont des hypothèses anatomiques bien faites, mais on ne sait plus aujoui'd'hui ce que font les plexus et les ganglions intrinsèques.
V. Traitement derangine aortique. L'angine anatomique doit être distinguée dans ses origines ; la plus meurtrière est celle qui se localise dans le système coronaire.
Il arrive souvent et heureusement que les angines proviennent soit d'une lésion aortique sans oblitération des coronaires, soit d'une myocardite graisseuse, plus rarement d'une lésion mitrale.
Les premières seules guérissent ou du moins sont les plus curables de toutes les angines sous-sternales, les myocardites sont le plus souvent des prodromes de l'artérite coronaire; quant aux lésions mitrales on n'en connaît pas bien le rapport avec l'angor pectoris.