CHAPITRE XIII
Art. I. — Maladies et lésions du myocarde.
Histoire des lésions du myocarde. Le myocarde est depuis longtemps exploré au point de vue de ses altérations analomiques. Le nombre de ces lésions ne présente pas une grande variété ; ce sont toujours des gonflements troubles, de l'infiltration graisseuse, de l'atrophie. Les dégénérescences fibreuses, l'infiltration inflammatoire, forment, soit associées, soit isolées, l'image assez uniforme des caractères anatomiques. Les manifestations cliniques et les troubles fonctionnels des maladies du myocarde sont bien autrement variés.
Ce sont ces troubles qui maintenant sont au premier plan de l'observation clinique comme nous l'avons démontré déjà avec Rosenbach, Frantzel, Leyden et Dacosta.
Les troubles secondaires de l'action du myocarde, par suite des lésions valvulaires ont fixé également l'attention des auteurs récents.
Ici les recherches intéressantes de Krehl, trouvent leur place ; elles sont relatives au changement du muscle cardiaque dans les lésions valvulaires ; elles consistent en coupes à travers tout le cœur, et montrent qu'aux lésions valvulaires se rattachent aussi des altérations considérables du muscle cardiaque, et cela surtout des inflammations progressives qui atteignent l'endocarde, lepéricarde et les parois des vaisseaux coronaires; le degré de ces lésions doit entrer en grande considération dans le pronostic des lésions valvulaires. Causes. Par contre, les altérations primaires ou idiopathiques du myocarde ont fortement attiré l'attention des auteurs en dernier lieu. On les appelle idiopathiques parce qu'on n'en retrouve pas la cause dans le cœur ; toutefois la maladie n'est pas spontanéeet sanscauses appréciables; mais celles-ci sont extra-cardiaques et résident généralement dans une maladie constitu-
MYOnARDlTE
tionnelle ou toxique. L'alcoolisme, les maladies infectieuses, la syphilis, l'obésité, les troubles trophiques comme la chlorose, l'anémie, de graves et longues maladies psychiques, •enfin la faiblesse sénile, sont la source des dcgenerat.ons idiopathiques qui prennent finalement ledessus dans 1 évolution
morbide générale.
Dans tous les travaux récents, ainsi dans ceux de Kiscti, llurthel, Forchheuser, Smith, Plammond, Balfour, partout ce sont les conditions étiologiques et les troubles fonctionnels qui sont pris principalement en considération.
Diverses dénaturations. Toutes les lésions ci-dénommées ont, été confondues souslenomde myocardites ou de dégénérescences granulo-graisseuses. Tout n'est pas dit à ce sujet.
On a signalé les lésions suivantes : .
a) Le développement delà substance réticulée qui paraît alors comme boursoufflée ou qui se montre sous forme de bâtonnets, se trouve être la phase initiale de la fragmentation, une sorte de relâchement de l'union des cellules formant les travées musculaires; or cet état peut déjà influencer le fonctionnement du cœur.
La fragmentation peut se manifester par foyers, et devenir la cause de l'insuffisance cardiaque et de certaines formes de décompensation. La lésion n'est pas rare ; sur 42 cas examinés, 14 étaient bien étendus et 4 très concentrés. Elle peut avoir lieu sur un cœur, normal du reste. '
b) La myocardite segmentaire. (Renaut, acad. 1890
n" 7). Renaut décrit une myocardite segmentaire ou dissociation djte segmentaire des fibres du cœur. La substance corticale des fibres mentaimusculaires est ramollie, de manière qu'il ne peut plus se produire decontraction énergique; le cœur n'est pas hypertrophié, le ventricule est facile h déchirer; la lésion se trouve souvent dans les muscles papillaires. Elle se dessine pendant la vie par une arythmie (chezlesvieillards) multiforme, par ladisparition du choc localisé de lapointe, parla forme quadrangulaire du cœur.
c) Cellules grasses. Une discussion s'est élevée sur les cellules grasses des travées musculaires; elle démontra (Knoll)que les noyaux interfibrillaires peuvent sous l'influence d'un trouble de nutrition passer h l'étatgraisseux. Après section des nerfs vagues il se fait chez les oiseaux souvent une myocardite, qui n'a pas
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