‹ Traité des maladies du cœurChapitre 403 sur 418 · ANTÉRIEUR OU ACTUEL · texte numérisé non relu

ANTÉRIEUR OU ACTUEL

Art. I. — Maladies congénitales.

Malformations persistantes depuis la naissance jusqu'à l'adolescence.

Nous n'avons pas h scruter l'origine et la tératologie des malformations ; c'est un problème d'histoire naturelle qui n'influence en rien le traitement, ni même la connaissance des signes et des symptômes de la maladie congénitale. Le diagnostic est en effet difficile, quand il s'agit de la distinguer des cardiopathies acquises. Dès la naissance, il faut recourir à l'examen physique du cœur, et aller pour ainsi dire au devant des causes hypothétiques qui font dépérir l'enfant et le font considérer comme un petit anémique de naissance, mal nourri, dont la maladie est attribuée a une mauvaise nourrice, h un mauvais lait, a une irritation gastro-intestinale. En réalité il s'agit d'un petit cardiaque, mal formé, et vous pouvez cueillir la preuve par l'examen physique du cœur (Éger, D. m. Woch, 1893, no 4). Les signes, comme l'a bien démontré Ilochsinger, qui a le mieux écrit sur ce sujet en 1891, sont h formuler de la manière suivante : Signes : 1" des bruits sonores, rudes, musicaux du cœur,

NOTES DR PRATIQUE OAnDIOPATMIQUE

avec une figure de matité à peino augmentée, ne se retrouvent que dans les cardiopathies de naissance.

20 les bruits rudes avec de grandes matités li droite et un faible choc de la pointe parlent en faveur d'altérations congénitales.

30 l'absence de bruits h la pointe avec les souffles dans la région ventriculaire et ;i l'ouverture de l'artère pulmonaire, indique plutôt un vice de la cloison et un rétrécissement de l'artère pulmonaire qu'une endocardite acquise.

4° Un 2e ton pulmonal très faible avec un souffle syslolique manifeste, est un symptôme qui ne peut se rapporter chez l'enfant qu'à une sténose pulmonaire.

5° L'absence de frémissement, malgré un souffle bruyant, étendu à toute la région précordiale paraît toujours être le résultat d'une perforation de la cloison.

60 Des souffles systolique&, frémissants au tiers supérieur du sternum,sans hypertrophie ventriculaire gauche, c'est la persistance du trou de Botal.

Voici maintenant les symptômes qui ne se révèlent en général que par le mouvement, les cris, etc. ; je parle d'abord de la cyanose.

Symptômes. 1» Cyanose. Jusqu'à ces derniers temps on l'avait considérée comme un mélange de sang veineux et de sang artériel h travers une ouverture anormale des oreillettes ou ventricules ou des grands vaisseaux ; aujourd'hui on sait que les conditions de développement de la cyanose n'existent que s'il y a des efforts exigés de la circulation, que s'il y a une difficulté d'écoulement du sang dans la circulation pulmonaire. La coloration bleue se manifeste aussi, quand le sang revient des grosses veines du corps vers le cœur droit, en passant par le cône artériel dévié ou par une artère pulmonaire rétrécie. En général ce phénomène de la cyanose ne se produit que quand l'enfant exécute des mouvements libres.

2" Fausse anémie. Ce symptôme, joint aux bruits énoncés, exclut totalement l'anémie, qui n'existe pas quand l'alimentation est saine, et qui ne saurait être comparée, au point de vue de l'auscultation, aux souffles stridents du cœur. Il suffit d'ailleurs, pour être plus sûr du diagnostic, de forcer l'enfant h

MALADIES GONOÉNITALES DU CœUR ^^'39

courir ou Ii faire un exercice gymnastique quelconque, pour être fixé sur ce point de diagnostic si éminemment grave.

30 Dyspnées. La dyspnée est un autre phénomène qui suit les vicissitudes de la cyanose; elle aussi peut au repos, manquer totalement, de sorte que la maladie est absolument méconnue, si le médecin ne la découvre pas par l'auscultation. Mais dès l'instant que l'enfant est provoqué à se mouvoir, h. la course, au saut, la dypsnée apparaît souvent avec la violence la plus caractéristique.

Dans ces mêmes conditions, il peut se produire des accès de

pseudo-asthme.

On a signalé aussi un arrêt de développement corporel, intellectuel, et génital, particulièrement chez les enfants atteints en même temps du côté du cœur et du système osseux (scoliose ; Rachitis),

Causes. Les causes des malformations sont absolument incertaines. On peut cependant invoquer l'hérédité dans bien Hérédité des cas et surtout l'hérédité familiale. Renck (1890) a vu une famille où les vices de conformation du cœur se sont produits dans 4 générations.

J'insiste sur l'hérédité qu'il ne faut pas confondre avec la transmission de la syphilis, qui ne produit rien de semblable à la maladie congénitale.

Hérédité des maladies acquises. L'hérédité familiale des maladies tardives du cœur, est encore plus nette d'après mes observations. Je connais 4 familles dans lesquelles 3 générations ont été ou sont encore atteintes, soit d'insuffisance aortique, soit de rétrécissement mitral, pas un cas d'insuffisance mitrale, ni de lésion du cœur droit. Une de ces familles est composée de 4 frères, qui sont tous morts par le cœur entre 45 et 70 ans.

Un de ces frères a perdu 3 fils, un autre une fille ; le troisième 2 fils; parmi les petits enfants de ce dernier on trouve une jeune femme qui, malgré son insuffisance aortique, a supporté parfaitement une grossesse et un accouchement.

Outre ces 4 familles, j'ai vu un grand nombre de fois un fils ou une fille cardiaque, d'origine héréditaire, et dans tous les cas il s'agissait primitivement de l'un ou l'autre des deux maladies indiquées.

Traitement des maladies héréditaires et congénitales.

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